Les délégués de l’OIT appellent à de nouvelles mesures politiques pour faire face aux suppressions d’emplois croissantes dans le secteur financier

Type Communiqué de presse
Date de parution 27 février 2009
Référence ILO/09/12
Unité responsable Communication et information au public
Sujet emploi, secteur financier
Autres langues English • Español

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Les représentants travailleurs, employeurs et gouvernementaux ont lancé un appel pour que soient prises d’urgence de nouvelles politiques et mesures pour atténuer le grave impact de la crise économique et financière mondiale sur plus de 20 millions d’employés du secteur financier dans le monde et pour favoriser une reprise économique durable.

Clôturant les deux journées du Forum de dialogue mondial sur l’incidence de la crise financière sur les travailleurs du secteur de la finance organisé par l’Organisation internationale du Travail (OIT), les délégués ont déclaré qu’une réponse efficace à l’effondrement de l’emploi en cours dans le secteur financier devrait trouver un équilibre entre les besoins de l’économie, sa nécessaire régulation, et l’incidence sur les emplois, les conditions de travail, les exigences de qualification et de protection sociale dans le secteur.

Un rapport publié à l’occasion du Forum indiquait qu’environ 325 000 travailleurs du secteur avaient perdu leur emploi depuis août 2007, dont 40 pour cent depuis octobre 2008. Il précisait que ce chiffre était sans doute sous-estimé et que le nombre d’emplois supprimés dans le secteur pourrait s’accélérer dans les mois à venir avec l’approfondissement de la récession et son extension à d’autres pays.

Les conclusions du Forum (Note 1) prônent le dialogue entre représentants des employeurs et des travailleurs, et plaident pour que les licenciements ne soient utilisés qu’en «dernier recours» après que toutes les autres solutions auront été épuisées.

Les conclusions mettent aussi en lumière des mesures pratiques qui pourraient être adoptées pour atténuer l’impact social de la crise, et notamment:

  • prendre en compte les principes et les droits fondamentaux au travail, y compris la liberté syndicale, le droit d’organisation et de négociation collective, et l’implication des partenaires sociaux dans le processus de réforme dans la mesure où la dimension sociale et de travail est concernée;
  • appuyer les restructurations sur le dialogue et la consultation entre la direction, les syndicats et les délégués du personnel;
  • garantir l’employabilité des travailleurs grâce au développement des compétences, à l’apprentissage tout au long de la vie et à des politiques d’activation du marché du travail pour faciliter l’adaptation;
  • maintenir les avancées en matière de parité, en particulier pour les très nombreuses femmes travaillant dans le secteur;
  • traiter équitablement les travailleurs occupant un emploi atypique;
  • coordonner les mesures pour éviter les politiques protectionnistes qui aggraveraient la crise.
  • Les conclusions se réfèrent aussi à la Déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale, à la Déclaration de 1998 sur les principes et droits fondamentaux au travail, à la Déclaration de 2008 sur la justice sociale pour une mondialisation équitable et aux conclusions de la Conférence internationale du Travail de 2007 relatives à la promotion des entreprises durables comme à des références indispensables à l’élaboration de solutions politiques.

    Finalement, les conclusions appellent l’OIT à poursuivre sa surveillance de l’incidence de la crise et des réformes sur l’emploi et sur la dimension sociale et de travail dans le secteur, à développer un plan d’action sur ces questions en collaboration avec les gouvernements et les partenaires sociaux, et à les aider à faire face à la dimension sociale et de travail de la crise financière et au processus de réforme.

    Les conclusions plaident aussi en faveur de l’engagement actif de l’OIT dans les forums internationaux débattant de la crise, comme le Forum de stabilité financière et le G20.

    La crise financière et économique sera bien entendu une priorité de la session de mars 2009 du Conseil d’administration du BIT.


    Note 1 - Soumis à l’approbation du Conseil d’administration du BIT en mars 2009.

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