La Réunion régionale européenne de l’OIT s’ouvre avec des appels à répondre de manière urgente et coordonnée à la crise économique

Type Communiqué de presse
Date de parution 10 février 2009
Référence ILO/09/07
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues English • Español

LISBONNE, 10 février (Nouvelles du BIT)– La 8e Réunion régionale européenne de l’Organisation internationale du Travail (OIT) s’est ouverte aujourd’hui par des appels en faveur d’une approche intégrée qui puisse mettre un coup d’arrêt à la spirale de la récession économique et construire une nouvelle économie «plus forte, plus propre et plus juste» pour l’avenir.

Citant les récentes prévisions du BIT selon lesquelles le nombre de chômeurs dans le monde pourrait augmenter d’environ 50 millions en raison de la récession économique, le Directeur général du BIT Juan Somavia a précisé que près de 8 millions d’entre eux, soit un cinquième du total, pourraient faire partie des 51 Etats membres de la région d’Europe et d’Asie centrale – dont la moitié dans l’UE des 27.

«Je ne dis pas cela avec un sentiment de désespoir mais avec l’espoir que le monde agissant ensemble pourra renverser ces tendances», ajoute M. Somavia.

S’adressant à une salle comble réunissant des représentants des travailleurs, des employeurs et des gouvernements des Etats membres de la région, y compris le Premier ministre du Portugal S.E. José Socrates et plus de 30 ministres du Travail ou Secrétaires d’Etat, le Directeur général du BIT Juan Somavia a déclaré que la crise économique «continue de s’aggraver vers une possible récession mondiale provoquant tensions, incertitudes politiques et des risques potentiels pour la sécurité».

M. Somavia a mis en exergue six domaines d’action sur lesquels les gouvernements, les employeurs, les travailleurs et l’OIT devraient se concentrer: assurer le flux du crédit et stimuler la demande; étendre la protection sociale et les politiques d’emploi particulièrement aux plus vulnérables; soutenir les entreprises productives, surtout les plus petites; garantir la promotion et le respect des droits et principes fondamentaux au travail; renforcer le dialogue social et le tripartisme; maintenir et renforcer l’aide au développement et les autres flux d’investissement vers les pays vulnérables.

«La région Europe-Asie centrale doit jouer un rôle de premier plan en traitant de façon cohérente les problèmes respectifs des différents pays et en contribuant à façonner une approche globale coordonnée», dit-il. «Je pense que votre région a un rôle particulier à jouer pour parvenir à une bien meilleure cohérence politique et à une coordination régionale et internationale pour éviter un retour à des politiques protectionnistes qui pourraient émerger.»

Dans son allocution en séance plénière, le Premier ministre du Portugal a déclaré: «Ce fut l’Europe – avec son ambitieux processus d’intégration – qui initia, à l’époque, les mesures les plus cohérentes pour la construction d’un modèle social équilibré et inclusif. Et c’est l’Europe d’aujourd’hui qui a une encore plus grande responsabilité dans l’adoption de mesures justes et efficaces pour répondre à la crise actuelle et aux défis auxquels nous faisons face dans le monde du travail, en soutenant la protection sociale et le dialogue social».

M. Somavia a déclaré que la crise actuelle, aussi douloureuse soit-elle, offrait l’occasion de forger des solutions de long terme qui dépassent largement la remise sur pied du système financier et bancaire; il s’est référé à l’Agenda de l’OIT pour le travail décent comme à un guide pratique pour aller de l’avant.

«Une approche d’investissement social fondée sur l’Agenda de l’OIT pour le travail décent offre une aide immédiate en termes de création d’emplois et un socle socioéconomique d’émancipation et d’opportunité pour contrecarrer la pauvreté grandissante. Mais elle a aussi pour objectif de renforcer les économies futures grâce à la formation, à une nouvelle infrastructure pour une économie plus respectueuse de l’environnement et grâce à un appui aux petites et moyennes entreprises», a-t-il ajouté.

M. Somavia a indiqué que la crise actuelle avait non seulement mis à jour l’absence de politique mondiale mais aussi un vide institutionnel «pour affronter cette première récession de l’ère de la mondialisation».

«Notre capacité à penser et travailler ensemble est fondée sur nos valeurs communes et sur notre engagement mutuel à garantir un cap éthique à notre économie mondiale», a-t-il expliqué.

«Nous devrons être extrêmement vigilants pour que, face à l’incertitude et à la détresse économique, ne ressurgissent pas des réactions politiques empreintes de haine raciale ou religieuse, de discrimination à l’égard des immigrés ou des minorités ethniques, de persécution des représentants syndicaux, ou de politiques économiques protectionnistes qui viendraient aggraver la crise», a conclu M. Somavia.

Les Etats Membres de l’OIT de la région Europe et Asie centrale se réunissent tous les quatre ans pour élaborer des stratégies et fixer des priorités pour la région.

Des discours d’ouverture ont également été prononcés par M. Daniel Funes de Rioja, Vice-président employeur du Conseil d’administration du BIT, Sir Roy Trotman, Vice-président travailleur du Conseil d’administration, Mme Renate Hornung Draus, Vice-présidente pour l’Europe de l’Organisation internationale des employeurs (OIE), et Mme Maria Helena André, Vice-secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES). Un message vidéo du Président de la Commission européenne, S.E. José Manuel Barroso a également été diffusé.

Le ministre portugais du Travail et de la Solidarité sociale, M. José Vieira da Silva, a été élu Président de la réunion, qui va durer quatre jours.

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