GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Le Secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques, Angel Gurría, a lancé aujourd’hui un appel urgent en faveur d’une collaboration accrue entre l’OCDE et l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour répondre à la crise financière mondiale.
S’adressant au Conseil d’administration tripartite de l’OIT, M. Gurría a déclaré que la réunion de ce week-end du G20 avait donné un mandat pour «une meilleure collaboration entre les organisations internationales, y compris l’OCDE et l’OIT».
«La crise confère encore plus d’importance à l’action de nos deux organisations sur les marchés du travail et les politiques sociales», a-t-il dit. «Une réussite ou un échec dans ce domaine n’affectera pas seulement les moyens d'existence de millions de personnes dans le monde, mais déterminera aussi ce à quoi les citoyens du monde veulent que ressemble l’architecture financière et économique mondiale après cette crise.»
M. Gurría a cité les projections économiques de l’OCDE publiées la semaine dernière, indiquant que l’OCDE s’attendait à ce que «le taux moyen de chômage dans les pays de l’OCDE passe de 5,6 pour cent en 2007 à 7,2 pour cent en 2010. Cela signifie qu’il pourrait y avoir environ 10 millions de chômeurs supplémentaires dans les pays de l’OCDE d’ici là – la plus rapide hausse du chômage dans l’OCDE depuis le début des années 1990».
Dans ses commentaires, le Directeur général Juan Somavia s’est référé à l’OCDE et à l’OIT comme «à des âmes sœurs dans le système multilatéral», ajoutant que l’OIT avait «beaucoup à faire pour aider les mandants à trouver leur voie pour sortir de la crise».
«Pour y parvenir, nous devons jouer notre rôle au sein d’un système onusien fort et réactif, y compris avec les institutions de Bretton Woods, l’Organisation Mondiale du Commerce et l’OCDE», a déclaré M. Somavia. «Nous devons construire des alliances stratégiques – pas une simple coordination opérationnelle – entre les fonds, les programmes et les agences. Si le système multilatéral ne peut pas répondre uni à la crise, il deviendra une partie du problème et non pas ce qu’il devrait être, la voie pour trouver des solutions.»
Dans une déclaration consacrée à la réunion du G20 publiée un peu plus tôt, M. Somavia a précisé que l’OIT prendrait des mesures «pour aider ses mandants à survivre à la crise, pour préparer leur rétablissement et pour soutenir le processus engagé le 15 novembre».
M. Gurría a averti que la crise financière se transformait rapidement en une crise sociale et économique, ajoutant que «la mondialisation ne pouvait se faire au bénéfice de tous que si elle comportait une dimension sociale suffisante». Il a rappelé aux délégués des gouvernements, des travailleurs et des employeurs présents à la réunion du Conseil d’administration que «la hausse des taux de chômage va menacer de pauvreté davantage de personnes et va encore creuser le fossé entre riches et pauvres».
Notant que «les systèmes de protection sociale de l’OCDE vont être mis à rude épreuve puisque les recettes fiscales et les cotisations diminuent», il a plaidé pour des «interventions politiques adaptées, ciblées et temporaires en faveur des groupes les plus vulnérables pour les empêcher de tomber au bas de l’échelle. Dans le même temps, nous devons améliorer les perspectives à plus long terme du marché du travail pour tous les travailleurs».
M. Gurría a également prévenu que l’impact social de la crise serait encore plus dramatique dans un grand nombre des pays en développement et des économies émergentes, où une forte proportion de travailleurs est employée dans le secteur informel.
L’OCDE et l’OIT collaborent déjà dans un certain nombre de domaines, y compris la responsabilité sociale des entreprises. «Avec les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales et la Déclaration de principes tripartite de l’OIT sur les entreprises multinationales, nous joignons nos forces pour promouvoir un comportement socialement responsable des entreprises», a-t-il précisé.
