Le Directeur général du BIT appelle à davantage de cohérence politique pour réaliser la justice sociale au service d’une mondialisation équitable

Type Communiqué de presse
Date de parution 5 septembre 2008
Référence ILO/08/36
Unité responsable Communication et information au public
Sujet travail décent, mondialisation
Autres langues English • Español

OSLO (Nouvelles du BIT) ─ S’alarmant des répercussions d’une mondialisation qui ne serait « ni équilibrée, ni juste, ni durable », le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) a aujourd’hui appelé à « davantage de cohérence politique pour appuyer la justice sociale au service d’une mondialisation équitable ».

Qualifiant le niveau actuel de la pauvreté mondiale de « très préoccupant et de manifestation inquiétante de l’échec du modèle actuel de mondialisation », M. Somavia a souligné que « la cohérence politique pour atteindre la justice sociale en faveur d’une mondialisation équitable exige de la part des syndicats, des entreprises et des responsables politiques qu’ils exercent leurs responsabilités ».

« Nous avons besoin de stratégies plus cohérentes aux plans national et international pour atteindre nos objectifs économiques, sociaux et environnementaux », a déclaré M. Somavia dans son discours prononcé lors de la Conférence internationale sur le « Travail décent – Une clé pour la justice sociale au service d’une mondialisation équitable », organisée ici par le Gouvernement norvégien et par les organisations syndicale et patronale du pays - la Confédération norvégienne des syndicats (LO) et la Confédération des entreprises norvégiennes (NHO).

M. Somavia a également plaidé pour une approche équilibrée du développement durable dans le contexte de la mondialisation, affirmant : « Nous avons besoin d’un nouveau paradigme de croissance, basé sur le développement des possibilités de travail décent… Une mondialisation durable sur le plan politique doit fournir du travail décent ».

M. Somavia était l’un des principaux intervenants lors de la Conférence internationale qui avait déjà auditionné M. Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et Mme Mary Robinson, Présidente de l’Initiative pour une mondialisation éthique. M. Jonas Gahr Støre, Ministre norvégien des Affaires étrangères présidait la réunion.

Citant la Nouvelle déclaration de l’OIT sur la Justice sociale pour une mondialisation équitable, adoptée en juin par l’OIT lors de la Conférence internationale du Travail, Juan Somavia a souligné que « la nouvelle Déclaration cimentait un nouveau consensus entre pays industrialisés et pays en développement, entre syndicats et organisations d’employeurs en stipulant : « La violation des principes et droits fondamentaux au travail ne saurait être invoquée ni utilisée comme avantage comparatif légitime et les normes du travail ne devraient pas être utilisées à des fins commerciales protectionnistes ».

M. Somavia a mis en lumière cinq éléments clés d'une stratégie cohérente:

  • le respect des droits de l’homme, et en particulier les principes et droits fondamentaux au travail;
  • les entreprises durables comme indispensables à la concurrence et à la productivité;
  • un plancher social comme politique de développement pour éradiquer la pauvreté;
  • l’impact des politiques commerciales et financières sur les possibilités de travail décent;
  • la promotion des « emplois verts » en réponse au changement climatique;
  • « Je vois l’essor d’un mouvement mondial en faveur du travail décent », a-t-il dit. « J’espère que cette conférence marquera un tournant dans le domaine de la cohérence politique nationale et internationale ».

    M. Somavia a déclaré que la réunion devrait « contribuer au débat international sur la façon dont un soutien cohérent à l’Agenda pour le travail décent de l’OIT pouvait améliorer la gouvernance économique et promouvoir le plein emploi et des conditions de travail décentes dans le monde ».

    M. Somavia a précisé que l’Agenda de l’OIT pouvait « jouer un grand rôle pour façonner une mondialisation socialement juste et équitable », en association avec « une équipe redynamisée d’organisations internationales agissant d’une manière beaucoup plus cohérente ».

    « Il ne fait aucun doute qu’en tant que chefs d’agences nous pouvons faire beaucoup et même davantage que ce que nous faisons pour le moment », a-t-il ajouté. « Des politiques gouvernementales plus cohérentes, plus convergentes, moins isolées, faciliteront grandement notre tâche. »

    La réunion a aussi résonné des commentaires des représentants des travailleurs et des employeurs sur la mondialisation et a débattu des réponses stratégiques à la mondialisation. M. Somavia a remercié le Ministre Store pour avoir organisé la réunion et pour avoir eu : « l’idée de nous réunir ici, tous ensemble, pour discuter de comment nous pourrions faire de la mondialisation équitable une réalité ».

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