GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Le Premier Ministre du Royaume du Lesotho, Pakalitha B. Mosisili, s’est adressé aujourd’hui à la Conférence annuelle de l’Organisation internationale du Travail et a souligné le rôle d’une croissance économique soutenue et de la productivité agricole dans l’allègement de la crise alimentaire mondiale.
Relevant le fait que la Conférence internationale du Travail avait débattu de la promotion de l’emploi rural et du travail décent pour réduire la pauvreté, le Premier Ministre a déclaré: «S’attaquer à la pauvreté dans les zones rurales serait la manière la plus rapide et la plus efficace pour réduire la pauvreté générale à l’échelle nationale.»
«Une croissance économique forte et soutenue, alliée à des mécanismes de répartition équitable des revenus, se concrétise chaque fois que les trois partenaires représentés ici aujourd’hui s’engagent à l’unisson pour obtenir une productivité élevée», ajoute le Premier Ministre.
Le Premier Ministre Mosisili était le principal intervenant lors du «Débat de haut niveau sur la crise alimentaire: production, investissement et travail décent» organisé au cours de la 97e session annuelle de la Conférence internationale du Travail qui se tient ici.
Les autres intervenants étaient Phil O’Reilly, Administrateur en chef, Business New Zealand; Ron Oswald, Secrétaire général de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes; Lennart Båge, Président du Fonds international de développement agricole; et le Directeur général du BIT Juan Somavia.
Soulignant l’urgence de la mobilisation internationale pour faire face à la hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie, ainsi qu’à d’autres défis mondiaux, le Premier Ministre a déclaré que son discours arrivait «dans un contexte d’énormes défis globaux» y compris «l’instabilité financière, les prix du pétrole qui atteignent des sommets et la hausse vertigineuse du prix des denrées alimentaires».
«Le Lesotho, qui est l’un des pays les moins développés au monde, s’efforce d’améliorer la qualité de vie de ses citoyens aussi vite que possible», a-t-il précisé. «Ne laissons pas le changement climatique, la tourmente financière, les prix exorbitants du pétrole, les pénuries alimentaires et la hausse des prix contrarier ces efforts.»
Constatant que l’aide au développement consacrée à l’agriculture et la hausse de la productivité avaient décliné au cours des vingt dernières années alors que la demande augmentait, le Président du FIDA, Lennart Båge, a expliqué: «Répondre aux exigences de la crise alimentaire est bien évidemment l’urgence absolue. Mais augmenter la productivité et la production agricoles, en particulier celles des petits exploitants, est également essentiel. Notre but collectif n’est pas seulement de faire face à la crise actuelle mais de réduire, si ce n’est d’éliminer, le spectre de futures crises alimentaires.»
S’exprimant au nom des employeurs, Phil O’Reilly, Administrateur en chef de Business New Zealand, a relevé que «l’escalade des prix alimentaires est à l’origine de véritables souffrances et difficultés, en particulier pour les plus vulnérables» et a ajouté que la crise alimentaire avait été un paramètre de réflexion au cours des discussions de la Conférence sur l’emploi rural et la réduction de la pauvreté. M. O’Reilly a plaidé pour des solutions de long terme «non seulement pour nous aider à résoudre cette crise alimentaire mais pour nous placer dans la meilleure position pour garantir qu’elle ne se reproduira plus».
S’exprimant au nom des travailleurs, Ron Oswald, Secrétaire général de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes, a affirmé que «la faim n’est pas un phénomène spontané, elle est provoquée»; il a ajouté que parmi ses principales causes figurent l’hyperinflation des prix des denrées alimentaires de base et le fait que «chaque point de hausse des prix des aliments de première nécessité plonge 16 millions de personnes supplémentaires dans la faim». Il a aussi déclaré que les flux de capitaux devaient être canalisés par le travail décent et la régulation sociale pour régler ce problème.
Le Directeur général du BIT a appelé à la promotion de l’emploi en zones rurales, notamment l’emploi non agricole et l’investissement dans des infrastructures génératrices d’emploi, observant: «Les travailleurs pauvres des zones rurales et urbaines sont les plus durement touchés par la crise alimentaire. Chacun a besoin d’un travail décent et d’une rémunération convenable pour nourrir sa famille.»
