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L’OIT et l’ONU unies dans l’action en Albanie: Un dispositif en faveur du progrès économique et social

Avec seulement 21 pour cent du pouvoir d’achat du citoyen moyen de l’UE, l’Albanie détient le revenu par tête le plus faible en Europe (Office statistique des Communautés européennes - Eurostat) et entame une longue transition vers l’économie de marché. En octobre dernier, le système des Nations Unies, et l’OIT en tête, ont lancé le programme «Un Seul ONU» en Albanie, conjuguant leurs efforts pour soutenir l’intégration européenne et le développement socio-économique. Reportage de BIT en ligne depuis la capitale albanaise de Tirana.

Type Communiqué de presse
Date de parution 18 janvier 2008
Référence FTR/08/albania
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues English • Español

TIRANA, Albanie (BIT en ligne) – Les citronniers et les oliviers dominent le paysage, lui conférant une beauté méditerranéenne classique. Mais l’économie, loin d’offrir une perspective aussi idyllique, met la population de ce pays aux prises avec une réalité brutale.

Au cours de la décennie écoulée, de nombreux Albanais ont quitté leur pays à la recherche d’un emploi; les transferts de fonds qu’ils effectuent vers leur foyer demeurent une importante source de revenus pour l’ensemble du pays. En 1999, près d’un demi-million de réfugiés albanais du Kosovo avaient franchi la frontière, imposant un fardeau supplémentaire à une économie albanaise déjà fragile.

Aujourd’hui, en dépit de signes de progrès économique et d’une certaine croissance ces dernières années, le chômage reste élevé (13,8 pour cent en 2006), le travail des enfants et la pauvreté très répandus.

«La transformation de l’économie albanaise en une économie de marché a donné naissance à un vaste secteur informel qui recourt souvent au travail des enfants. La pauvreté, le manque d’écoles dans certaines régions, l’effondrement de la famille et la discrimination à l’encontre des minorités ethniques y contribuent», explique Etleva Vertopi, en charge du programme national pour l’IPEC, le Programme international de l’OIT pour l’élimination du travail des enfants.

Selon l’Institut albanais de statistiques, 32 pour cent des enfants âgés de 6 à 17 ans du pays travaillent.

En 2006, l’OIT a lancé son Programme par pays de promotion du travail décent (PPTD) en Albanie comme approche intégrée du développement économique et social à destination des chômeurs, des travailleurs de l’économie informelle, des pauvres, des victimes de trafic, des sans-abri et des enfants qui travaillent.

Le PPTD a été élaboré à partir de la coopération technique préexistante de l’OIT qui aidait le gouvernement et les partenaires sociaux pour la réforme du marché du travail et la législation du travail, la lutte contre le trafic d’êtres humains et le travail des enfants, la promotion du dialogue social, l’extension de la sécurité sociale et le renforcement des capacités institutionnelles. Parmi les partenaires figurent le ministère du Travail, des Affaires sociales et de l’Egalité des chances, les organisations syndicales et patronales, les autorités locales et les associations artisanales.

L’IPEC a signé un Protocole d’entente avec le gouvernement albanais en 1999 et a mis en place une unité de surveillance du travail des enfants au ministère du Travail en vue d’éradiquer ce fléau. Le service Travailleurs migrants du BIT gère un projet dans le pays depuis 2003 pour améliorer les capacités de gestion des flux migratoires, mettre en contact les services sociaux des migrations avec les services d’emploi et de formation, et porter directement assistance aux victimes de trafic en favorisant leur réinsertion.

En 2006 et 2007, des initiatives pilotes ont été mises en œuvre avec succès afin de faire un usage productif des transferts de fonds des travailleurs migrants et pour tirer les micro-entreprises informelles gérées par des femmes vers l’économie formelle. Sous l’égide du Bureau du Coordinateur résident de l’ONU, le même programme prévoit des interventions pour accroître les possibilités de travail décent pour les jeunes du pays et réduire ainsi l’émigration.

Un cas d’école pour l’Agenda de l’OIT en faveur du travail décent et la réforme de l’ONU

Cependant la coordination et la concertation ne s’arrêtent pas au niveau de l’OIT et de son PPTD. Le programme en faveur de l’emploi des jeunes cité plus haut fait partie d’un effort plus large impliquant les Nations Unies dans leur ensemble pour aider l’Albanie à réaliser ses objectifs de développement. Le 24 octobre 2007, le gouvernement albanais et l’ONU ont signé un accord faisant de l’Albanie l’un des huit pays pilotes qui se sont portés volontaires pour participer au programme «Un Seul ONU» (Note 1) des Nations Unies.

Le programme «Un Seul ONU» a pour but de réunir les avantages comparatifs de chaque organisation du système onusien, « unis dans l’action » au sein d’un programme unique pour le pays dans les domaines du développement, de l’assistance humanitaire et de l’environnement. Il vise aussi à compléter l’aide fournie par d’autres partenaires de développement. En Albanie, il combine et synthétise le travail de 12 organisations et fonds onusiens.

En Albanie, le programme qui fait coïncider et poursuit les objectifs de développement et d’intégration européenne du pays vise à maximiser l’impact des activités des Nations Unies dans cinq domaines: une gouvernance plus transparente et responsable, une participation élargie au processus de décision et aux politiques publiques, un accès plus équitable à des services de base de qualité, un développement régional qui réduise les inégalités et un développement écologiquement durable. L’OIT participe à trois de ces cinq principaux objectifs de développement: gouvernance, participation à la prise de décisions et aux politiques publiques, et le développement régional, tous étant interdépendants.

Le programme «Un Seul ONU» pour l’Albanie inclut une contribution financière de 75 millions de dollars pour les quatre prochaines années. Les agences de l’ONU verseront 40 millions de dollars et les 35 millions restants seront financés par les institutions et les pays donateurs.

L’OIT ayant travaillé avec le gouvernement et les partenaires sociaux – organisations de travailleurs et d’employeurs –, le modèle plébiscité par l’OIT fera partie intégrante du processus «Un Seul ONU» mis en œuvre dans le pays.

«Cette approche tripartite est la pierre angulaire de l’OIT depuis sa création en 1919, alors que c’est quelque chose de nouveau pour les autres organisations du système onusien», déclare Me Petra Ulshoefer, Directrice du Bureau sous-régional de l’OIT pour l’Europe centrale et orientale. « Nous pouvons sans crainte affirmer que l’OIT a ouvert la voie dans ce domaine.»

Gülden Türköz-Cosslett, le Coordinateur résident de l’ONU en Albanie, confirme cette vision: «Le rôle de l’OIT est unique et relativement important au sein du programme ‘Un Seul ONU’, et je suis sûr que la contribution de l’OIT aura un impact positif en Albanie». Selon Me Ulshoefer, ce programme illustre le fait que l’ONU et l’Union européenne se sont emparées de l’Agenda de l’OIT pour le travail décent comme d’un objectif mondial et une approche intégrée du développement économique et social.

L’Albanie est sur la voie d’une économie de marché performante, mais elle aura besoin d’une réforme approfondie pour être capable de faire face aux pressions concurrentielles et aux forces du marché européen.

«Notre rôle spécifique, et notre principale mission, est d’aider le pays à se rapprocher d’une entrée dans l’UE et de mettre en place les réformes nécessaires», indique Me Ulshoefer. «Nous travaillons à deux niveaux, politique et opérationnel, qui vont de pair.»

Dans l’ensemble, le succès de l’expérience conduite en Albanie aura une influence sur la façon dont les pays de la région et dans le monde poursuivront la réforme de l’ONU.


Note 1 - L’initiative pilote «Un Seul ONU» testera dans huit pays la capacité de la famille onusienne à agir de manière plus coordonnée à l’échelle d’un pays afin de garantir des processus de développement plus rapides et plus efficaces. En plus de l’Albanie, les pays concernés sont le Cap-Vert, le Mozambique, le Pakistan, le Rwanda, la Tanzanie, l’Uruguay et le Viet Nam.

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