Le Forum de l'OIT débat du travail décent au service d’une mondialisation équitable

Type Communiqué de presse
Date de parution 1 novembre 2007
Référence BIT/07/54
Unité responsable Communication et information au public
Sujet travail décent, mondialisation, réunions de l'OIT
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LISBONNE (Nouvelles du BIT) –

Un Forum de l’Organisation internationale du Travail (OIT) tient pendant trois jours une session qui offre une vaste plate-forme de discussion pour créer un nouveau mouvement de promotion du travail décent et d’une mondialisation équitable.

«Ce que je vois émerger, c’est un mouvement pragmatique», a déclaré Juan Somavia, Directeur général du BIT, lors de la réunion, ajoutant que «ce que l’on recherche aujourd’hui, ce n’est pas de la rhétorique, ce sont des résultats».

M. José Socrates, Premier ministre du Portugal – qui assume aujourd’hui la présidence de l’Union européenne (UE) – a dit lors de son discours d’ouverture que «le travail décent est la meilleure garantie, la plus puissante et la plus durable garantie de développement économique et de cohésion sociale à l’échelle mondiale. C’est pourquoi je vois dans l’Agenda pour le travail décent un potentiel de mobilisation et d’intégration pour l’Europe».

Le Forum a réuni quelque 300 représentants des partenaires sociaux tripartites de l’OIT – gouvernements, travailleurs et employeurs – ainsi que des représentants des parlements, de la société civile, des dirigeants gouvernementaux et des leaders d’opinion pour discuter de la situation économique actuelle et de la promotion du travail décent comme clé d’une mondialisation plus juste.

M. Somavia a aussi appelé à une nouvelle fusion des agendas internationaux pour le développement précisant «nous devons connecter nos agendas du développement durable dans toutes ses dimensions afin de façonner une mondialisation équitable».

«Que la crise financière déclenchée par l’effondrement des sub-primes entraîne ou non une dépression cumulative à l’échelle mondiale, il est utile de mettre en lumière l’urgence à agir ensemble pour construire une mondialisation juste centrée sur le travail décent», a-t-il poursuivi.

Le Directeur général du BIT a souligné deux approches qui contribuent à créer une mondialisation équitable, reconnaissant que le développement est bien davantage que la réduction de la pauvreté et la mise en place d’un minimum social mondial.

«Un tel minimum est plus qu’un simple filet de sécurité. Il offre une base solide pour aider hommes et femmes à grimper les échelons», a-t-il déclaré. «Vous ne pouvez pas stabiliser l’ascenseur social sur un filet de sécurité. Il a besoin d’un socle – un minimum social solide –, un socle qui intègre investissements sociaux et opportunités de marché afin d’augmenter la mobilité sociale fondée sur des emplois toujours meilleurs».

«Eradiquer l’extrême pauvreté ne réduit pas nécessairement les inégalités qui, entre pays et au sein même des nations, alimentent le ressentiment quant à la répartition inéquitable des bénéfices et des coûts de la mondialisation et la persistance des discriminations (...) En ce sens, les OMD tels qu’ils sont perçus par la population sont les bienvenus mais, en réalité, ils sont plutôt des Objectifs du Minimum pour le Développement, un point de départ, et pas un point d’arrivée pour le développement», ajoute-t-il. «Alors que nous avançons, nous devons connecter l’Agenda pour le développement durable dans toutes ses dimensions à l’édification d’une mondialisation juste».

M. Somavia a aussi précisé qu’il «devenait de plus en plus clair que, pour durer, les entreprises devaient être socialement compétitives. Les consommateurs eux-mêmes demandent non seulement à connaître le prix du produit mais aussi son coût – son coût social. De quelle manière le produit a-t-il été fabriqué? Dans un atelier clandestin? Sans recourir au travail des enfants? Les droits au travail et de bonnes relations professionnelles sont de plus en plus reconnus comme des clés de la compétitivité et du succès sur le marché actuel».

«Les entreprises survivent en faisant du profit dans un environnement favorable à l’investissement mais ne peuvent le faire de façon pérenne sans agir dans un environnement où la règle de droit soit respectée, l’équité sociale promue et les ressources naturelles préservées», ajoute-t-il.

Après le Directeur général et le Premier ministre Socrates, des discours d’ouverture ont été prononcés par le Secrétaire général désigné de l’ASEAN, M. Surin Pitsuwan, le Président du Conseil d’administration du BIT, Dr D. Jayatikella, le Vice-président du Conseil d’administration représentant les employeurs, M. Daniel Funes de Rioja, le Vice-président représentant les travailleurs, Sir Roy Trotman et le ministre du Travail et de la Solidarité sociale du Portugal M. José Antonio Vieira da Silva.

Soulignant le fait que le Forum avait réuni des représentants des parlements, de la société civile et des organisations non gouvernementales, des autorités locales et des dirigeants politiques et d’opinion dans le monde, M. Somavia a affirmé que le style ouvert du Forum «avait pour but d’aider à briser les stéréotypes et à identifier de nouvelles opportunités et moyens de travailler ensemble intelligemment, efficacement et de manière constructive».

Pour plus d’information sur le Forum, veuillez consulter www.ilo.org/lisbonforum

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