GENÈVE (Nouvelles de l'OIT) – Plus de 70 hauts représentants des organisations d’employeurs et de travailleurs et des gouvernements vont se réunir du 24 au 27 septembre pour débattre de l’impact de la mondialisation des chaînes alimentaires sur les 22 millions de personnes qui travaillent dans ce secteur dans le monde.
Selon un nouveau document du BIT (Note 1) préparé pour la réunion, la filière des produits alimentaires et des boissons qui représentait 4 pour cent du PIB mondial en 2005 fait de plus en plus l’objet d’une forte concentration mondiale avec des liens étroits entre les différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement mondiale, du champ à l’usine, et de l’usine au supermarché.
Le rapport dresse un tableau assez contrasté de la situation de l’emploi dans ce secteur des produits alimentaires et des boissons: alors que l’emploi a augmenté dans certains pays entre 2003 et 2005, notamment en France (7,3 pour cent), en Espagne (6,7 pour cent) et au Canada (1,9 pour cent), il a stagné, voire reculé, dans la majorité des pays industrialisés. On constate les mêmes tendances dans les pays en développement.
Le rapport s’intéresse aussi aux avantages et aux inconvénients d’une concentration accrue aux différentes étapes des filières alimentaires pour les entreprises et pour le travailleur à titre individuel. Les 10 premiers détaillants alimentaires mondiaux «contrôlent une part de marché incroyable de 24 pour cent des ventes mondiales, et un processus comparable est à l’œuvre dans l’industrie agro-alimentaire», indique le document.
Selon le document du BIT, les bénéfices qui reviennent aux membres de la chaîne d’approvisionnement mondiale tendent à être hautement concentrés au profit de la principale entreprise de la filière. Il en résulte que les prix payés aux producteurs subissent une énorme pression à la baisse de la part des entreprises dominantes et que les producteurs cherchent à maintenir leur propre profit en augmentant la flexibilité de la main-d’œuvre.
Malgré cet aspect négatif du développement des filières alimentaires mondiales, le rapport identifie aussi de bonnes pratiques sur lesquelles prendre appui. Les partenaires sociaux de l’industrie alimentaire par exemple ont enregistré des succès dans des négociations collectives partout dans le monde. Le rapport cite plus d’une dizaine de conventions collectives négociées au niveau des entreprises dans le secteur alimentaire et signées depuis 1992 dans huit pays d’Amérique latine. Des avancées comparables ont eu lieu en Asie.
Aux côtés des conventions collectives nationales, des codes et des normes volontaires, et des initiatives relatives au commerce équitable, le rapport évoque aussi des accords-cadres internationaux qui ont été signés entre plusieurs entreprises et fédérations syndicales mondiales pour garantir l’adhésion aux normes fondamentales du travail au cœur même des filières alimentaires mondiales.
Parallèlement à la croissance et au développement des filières alimentaires mondiales et de leur impact sur l’emploi et l’organisation du travail, les participants à la réunion devraient débattre des qualifications les plus indispensables à l’avenir du secteur, du rôle du dialogue social dans les filières alimentaires mondiales et de la manière dont l’OIT peut aider les employeurs et les travailleurs dans l’industrie alimentaire à relever les défis du travail décent et de la mondialisation juste.
Note 1 - L’impact des filières alimentaires mondiales sur l’emploi dans le secteur des produits alimentaires et des boissons, Document thématique soumis aux fins de discussion à la Réunion tripartite sur l’impact des filières alimentaires mondiales sur l’emploi, Bureau international du Travail (BIT), Genève, 2007.