GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Son Altesse Royale le Prince des Asturies, Felipe de Borbón, a exposé aujourd’hui devant les délégués des gouvernements, employeurs et travailleurs du monde entier rassemblés pour la conférence annuelle de l’OIT la nécessité d’humaniser les transformations de l’économie, et de faire que la mondialisation offre «des avantages réels à tous».
Le Prince Felipe a estimé que la 96e Conférence internationale du Travail à Genève se tenait à «un moment crucial où la nécessité se fait évidente de doter de contenu social, soit d’humaniser, les transformations d’ordre économique auxquelles nous assistons depuis plusieurs années».
La Conférence, qui s’achève vendredi 15 juin, réunit plus de 3 000 délégués de 180 Etats Membres de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Dans un discours au cours duquel il a abordé une série de questions de travail et sociales, Son Altesse Royale a notamment affirmé devant les délégués tripartites sa conviction que «le travail décent est la meilleure voie pour en finir avec le sous-développement, l’exclusion et la marginalisation».
Réagissant à la commémoration ce mardi de la tournée mondiale contre le travail des enfants, il a estimé que la pauvreté était la clé du problème et a appelé à se servir des opportunités offertes par la mondialisation pour «changer l’environnement social qui oblige les enfants à travailler».
«Le travail des enfants, que l’OIT contribue à réduire considérablement, est un fléau social, une flagrante injustice, qui hypothèque le futur des individus et réduit considérablement la capacité de progrès des sociétés», a poursuivi le Prince.
Il a ajouté que «une fois l’enfance terminée, les jeunes affrontent le problème du chômage». Il a rappelé que, dans le monde en développement, plus de la moitié de la population avait moins de 25 ans et que «à force de répéter que les jeunes sont l’avenir de l’humanité, on pourrait facilement arriver à oublier qu’ils en sont aussi le présent».
Il a, d’autre part, déclaré que, dans un monde où 60 pour cent des travailleurs sont des femmes, «il est indispensable qu’elles obtiennent indépendance économique et qualité de vie grâce à un travail digne et sans discrimination».
Le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Juan Somavia, a rappelé dans son discours de bienvenue que: «A chaque visite d’un membre de la famille royale espagnole à notre Organisation, la communauté de valeurs et d’objectifs était manifeste.»
Juan Somavia a présenté le Prince Felipe aux délégués comme un homme impliqué dans le domaine social, non seulement en Espagne mais également dans le monde entier».
«Consensus, dialogue social, et travail décent sont les maîtres mots de cette Organisation qui promeut la justice sociale à travers le monde», a affirmé le Prince Felipe. «C’est cette conviction qui pousse l’Espagne à soutenir le programme de l’OIT pour renforcer la structure tripartite et développer les capacités des trois partenaires sociaux: syndicats, organisations patronales et gouvernements.»
«Seule une action soutenue de notre part pourra venir à bout du travail des enfants et du travail forcé qui persistent, et c’est toute l’humanité qui en bénéficiera», a-t-il dit, poursuivant: «Nous engager tous ensemble en faveur du travail est la meilleure façon de contribuer à l’éradication de la pauvreté et la défense de la dignité humaine.»
«L’engagement de l’Espagne, que je représente aujourd’hui, ne vous fera pas défaut», a conclu le Prince Felipe devant les délégués de la Conférence de l’OIT. «Je vous encourage à renforcer les liens de coopération que nous entretenons depuis la fondation de l’OIT pour faire avancer le progrès économique et social pour tous les peuples.»
