GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Son Altesse Shaikh Salman Bin Hamad Al Khalifa, Prince héritier du Royaume de Bahreïn, a pressé aujourd’hui les délégués de la Conférence annuelle de l’Organisation internationale du Travail à «œuvrer ensemble pour une mondialisation juste». Il a ajouté: «Nous devons nous attaquer aux quatre piliers de l’Agenda pour le travail décent: en tout premier lieu, créer des emplois, mais aussi garantir que des droits sont associés à ces emplois, étendre la protection sociale et offrir à tous des possibilités de dialoguer et de résoudre les conflits».
«Peu de choses dans la vie sont aussi essentielles à la condition humaine que le sens de la dignité», a-t-il dit. «Et c’est cette valeur, et la volonté d’en créer davantage encore, qui doit guider l’OIT.»
Parallèlement, le Prince héritier a également convié les Chefs d’Etat du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et d’Asie à venir au Bahreïn pour participer à un éventuel sommet interrégional de dialogue social sur les questions relatives au travail. Il réunirait les pays d’origine et d’accueil de main-d’œuvre afin de «discuter ouvertement et honnêtement de l’impact réel de la mondialisation sur chacune de nos nations» et «d’établir une structure tripartite de dialogue social dans notre région».
Il a déclaré que le Bahreïn était confronté à trois principaux problèmes sociaux, à savoir l’évolution démographique avec une main-d’œuvre de plus en plus jeune et nombreuse, les travailleurs invités à Bahreïn, et la nécessité de «donner à notre jeunesse accès non seulement à l’éducation et à l’intégration économique» mais aussi la possibilité de «réaliser ses aspirations».
«En nous engageant aujourd’hui à créer une plateforme partagée pour développer le dialogue social et répondre à ces trois questions clés, nous pouvons commencer à élaborer des solutions opérationnelles» qui recevront le soutien de nombreux acteurs, y compris les gouvernements, le secteur privé, les syndicats et les organisations non gouvernementales, a ajouté le Prince héritier.
Accueillant le Prince héritier, le Directeur général du BIT, Juan Somavia, l’a décrit comme un avant-gardiste, doté d’une vision moderne de l’engagement en faveur du changement et d’une foi dans le dialogue. Il a rappelé que Bahreïn avait été l’un des pionniers des Programmes nationaux de travail décent, lançant un programme pilote dès 2002.
Le Prince héritier a affirmé aux délégués: «Bahreïn est peut-être une île, mais notre économie n’en est pas une». Il a relevé que, si Bahreïn s’engageait à continuer d’accueillir et protéger les travailleurs venus du monde entier, la nécessité de faire plus pour relever le défi du chômage national se fait de plus en plus pressante.
Il a également annoncé que Bahreïn avait créé deux nouveaux organismes publics pour rendre la main-d’œuvre native de l’île plus attractive pour l’industrie et encourager l’esprit d’entreprise. Un fonds pour le travail a été établi afin d’améliorer la productivité du secteur privé et développer des programmes de formation, ainsi qu’une autorité de régulation du marché du travail qui coopère avec les départements ministériels afin de formuler les meilleures approches pour structurer le marché du travail.
Le Prince héritier a ajouté qu’avec l’aide de l’OIT une assurance chômage avait été mise en place et que les formations étaient adaptées aux besoins des employeurs. Il a dit que le gouvernement s’était aussi engagé à laisser toute liberté aux travailleurs de se syndiquer et à encourager le dialogue entre partenaires sociaux.
S’exprimant sur la souffrance du peuple palestinien, il a plaidé pour un assouplissement immédiat des conditions économiques qui ont engendré des taux de chômage sans précédent et pour un «dialogue qui débouche sur une solution mutuellement agréée par les deux États… Ce sont des étapes clés pour assurer que l’on peut garder espoir et que la flamme de la justice ne s’est pas encore éteinte.»
La Conférence internationale du Travail est la réunion annuelle de l’OIT. Elle rassemble plus de 3 000 délégués, représentant gouvernements, travailleurs et employeurs des 180 Etats Membres. La Conférence qui se déroule à Genève s’achèvera le vendredi 15 juin.

