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Le Directeur général du BIT appelle à une «initiative d’emplois verts» pour soutenir un développement écologiquement durable - Et souligne l’impact de la mondialisation et la nécessité de réduire le déficit d’emplois décents

Type Communiqué de presse
Date de parution 11 juin 2007
Référence BIT/07/32
Unité responsable Communication et information au public
Sujet Conférence international du Travail, Directeur général du BIT, Conseil d'administration du BIT, travail décent, mondialisation
Autres langues Español • English

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a pressé aujourd’hui les représentants des gouvernements, des travailleurs, et des employeurs réunis à la Conférence internationale du Travail de l’OIT, de concevoir des outils stratégiques autour d’une initiative mondiale d’emplois verts, destinés à mettre en place un processus de développement qui soit durable au plan environnemental.

Dans un discours qui a abordé toute une série de sujets, depuis l’impact de la mondialisation jusqu’à la réduction du déficit d’emplois décents, M. Somavia a indiqué que l’Organisation allait de l’avant avec l’Agenda pour le travail décent. Agenda auquel ont adhéré les Nations Unies ainsi que d’autres institutions internationales et régionales, y compris le G8 lors du Sommet allemand de la semaine dernière.

«Nous pouvons montrer d’importantes avancées en matière de coopération autour des objectifs de travail décent sur chacun de ces sujets dans de nombreux pays», a-t-il précisé. «Mais nous savons que nous ne pouvons y arriver seuls. Concrétiser l’Agenda pour le travail décent signifie garantir que d’autres organisations et d’autres politiques travaillent avec nous.»

M. Somavia a enchaîné en déclarant qu’une question clé pour l’action était désormais l’intégration du travail décent dans les politiques économiques, sociales et environnementales.

«Une vérité qui dérange est que la production et le travail consomment de l’énergie et d’autres ressources et sont à l’origine de déchets et des gaz à effet de serre à des niveaux dangereux pour notre planète et notre santé», a-t-il poursuivi. «Ajuster nos schémas d’utilisation des ressources naturelles et de conservation est un défi à la capacité des constituants de l’OIT d’anticiper le changement, puis de préparer et mettre en place un procédé d’adaptation juste et efficace.»

M. Somavia a ajouté que l’OIT devait «évaluer l’ampleur des changements potentiels en termes de technologie, de production et d’emploi, et trouver des stratégies de développement qui réduisent les émissions polluantes mais pas les progrès en matière de réduction de pauvreté».

«Je pense que le tripartisme devrait permettre de développer, à travers le dialogue social, un instrument de stratégie pour une initiative de l’OIT pour des emplois verts, afin de soutenir les travailleurs et les entreprises dans la transition vers une approche plus environnementale du développement durable.»

M. Somavia a suggéré que le Conseil d’administration aborde ce sujet dans son groupe de travail sur la dimension sociale de la mondialisation en novembre prochain et «en assure le suivi avec ce que cela implique de travail technique».

«Une extraordinaire opportunité se tient devant nous», a-t-il ajouté. «Le Programme des Nations Unies pour le développement estime que le marché des technologies des énergies propres pourraient atteindre 1,9 milliard de dollars d’ici 2020. Cela représente beaucoup d’investissement et beaucoup d’emplois.»

En ce qui concerne le commerce et les politiques sociales, M. Somavia a rappelé que l’OIT et l’Organisation Mondiale du Commerce ont récemment publié un rapport «sobre» sur le commerce et l’emploi, qui concluait que «la libéralisation des échanges est donc associée à la fois à des destructions d'emplois et à des créations d'emplois».

Il a déclaré qu’ «à court terme les effets nets qui en résultent sur l'emploi peuvent être positifs ou négatifs selon des facteurs comme le fonctionnement des marchés du travail et des produits, ainsi que le rythme, la profondeur et l’enchaînement de l’ouverture des marchés, l’équité des règles internationales, et l’existence, ou non, de mesures de protection sociale ajustées selon les besoins».

«Je crois que l’OIT tripartite est aujourd’hui bien placée pour développer une approche équilibrée des problèmes du commerce et de l’emploi, une approche qui respecte les intérêts des pays développés et en développement, ceux des travailleurs et des employeurs de toutes les régions du monde. Et ce faisant, loin des systèmes de contreparties imposées, mais avec des engagements clairs sur les valeurs de tous les objectifs stratégiques édictés dans l’Agenda pour le travail décent», a-t-il poursuivi. «Nous pouvons le faire en coopérant avec l’OMC et les autres organisations internationales concernées. La base étant une approche intégrée qui reconnaît le besoin de règles commerciales justes, d’entreprises durables et de politiques sociales et pour l’emploi appropriées».

M. Somavia a précisé que ces sujets étaient d’autant plus à l’ordre du jour que «les salaires se contractent, et les écarts dans le partage des revenus et des richesses se creusent dans beaucoup de pays». Le Directeur général du BIT a noté que «les revenus du travail dans 16 pays industrialisés ont chuté de 68 à 62 pour cent du PIB environ. Et cette contraction des salaires contribue à creuser les inégalités dans le partage des revenus et des richesses dans beaucoup de pays.»

«L’écart de revenus entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres se creuse. Le revenu moyen par personne dans les 20 pays les plus prospères est 112 fois supérieur à ce qu’il est dans les 20 pays les plus pauvres, contre 49 fois plus il y a 50 ans, ce qui était déjà scandaleux. Nous devons tous nous sentir concernés par ces développements, et spécialement l’OIT car il semble de plus en plus que les intérêts du capital sont mieux protégés que les intérêts du travail. Cela n’est pas tenable. Ces problèmes sont au cœur de notre Constitution et au cœur de notre mandat.

Il a également souligné la nécessité de développer de nouvelles méthodologies pour saisir la réalité du chômage dans les pays en développement, notamment en ce qui concerne la «sous-utilisation de la main-d’œuvre». Il a indiqué qu’en combinant les données sur les travailleurs sous-employés de l’économie informelle et ceux enregistrés de façon conventionnelle comme étant au chômage, on obtiendrait une vision plus réaliste de l’ampleur du problème du chômage.

«Je pense que nous devons aller plus loin dans la recherche de nouvelles méthodes qui permettent de saisir statistiquement la réalité de la sous-utilisation de la main-d’œuvre». Avoir de meilleures données est essentiel pour élaborer des politiques de l’OIT ainsi que pour mesurer les progrès dans la réalisation de l’Objectif du Millénaire pour le Développement de réduction de moitié de l’extrême pauvreté d’ici 2015.»

M. Somavia a également relevé que l’OIT était impliquée dans des discussions sur des réformes pratiques et la promotion d’une politique plus cohérente au sein du système des Nations Unies. Il a déclaré que l’Organisation suivait la réforme de l’ONU dans le cadre de son identité tripartite, de son mandat normatif et de son système de contrôle.

Il a ajouté que l’Agenda pour le travail décent de l’OIT, soutenu mondialement, et du nombre croissant des programmes par pays pour le travail décent qui pourraient être intégrés dans les programmes des Nations Unies «Une ONU unique» combinés avec le dialogue social comme valeur clé «est une forte contribution à l’amélioration du système multilatéral.»

Une autre contribution, a-t-il poursuivi, était que «la structure unique de gouvernance tripartite de l’OIT et son mandat donnent une valeur ajoutée au système international visant à être unis dans l’action». En outre, il a déclaré que les normes internationales du travail pouvaient fournir un point de référence commun au marché économique mondial qui émerge, référence «cruciale pour construire la coopération sur les lieux de travail qui est la base des entreprises qui réussissent».

Un exemple de nouvelle norme mondiale qui représente un consensus atteint par l’OIT sur des «instruments contemporains et viables» est la convention du travail maritime adoptée l’an dernier, et une nouvelle convention sur le secteur de la pêche qui sera soumise pour adoption à la CIT cette semaine.

«Le soutien que vous apportez à l’Agenda pour le travail décent au-delà des portes de cette salle ainsi que les individus que vous représentez prouvent que nous avons concentré nos efforts sur un sujet d’importance mondiale, sur lequel nous pouvons faire la différence», a-t-il déclaré. Nous avons suscité des espoirs et des attentes. L’OIT tient sa force de ses constituants qui, à leur tour, tirent leur force des mécanismes de dialogue qui les rassemblent pour agir sur des buts et des priorités partagés.»

Le Président de la Conférence, M. Kastriot Sulka, vice-ministre de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’Egalité des chances d’Albanie a déclaré que son pays avait été, à l’époque, l’un des premiers pays à rejoindre l’OIT et était aujourd’hui l’un des premiers pays pilote du programme de réforme de l'ONU. Et il a souligné les efforts de l’OIT de se rapprocher de ses constituants et de renforcer sa capacité à aider les Etats Membres et les énormes efforts fournis par l’Organisation pour s’adapter aux besoins de ses membres.

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