GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Plus de 3 000 représentants de gouvernement, travailleurs, employeurs se réunissent du 30 mai au 15 juin pour la Conférence annuelle de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Au programme de leurs discussions: le travail décent et le développement, le travail des enfants dans l’agriculture, le travail dans le secteur de la pêche, l’égalité au travail, le travail forcé, et la promotion d’entreprises durables.
Six chefs d’Etat et de gouvernement et deux princes héritiers honoreront la Conférence de leur présence cette année: Madame Michelle Bachelet, Présidente du Chili, Monsieur John Kufuor, President de la République du Ghana et Président de l’Union africaine, s’adresseront à l’assemblée des délégués de l’OIT le 4 juin. Son Altesse Shaikh Salman Bin Hamad Al Khalifa, Prince héritier du Royaume de Bahreïn et Monsieur Lech Kaczyński, Président de la République de Pologne prendront la parole le 11 juin.
Madame Portia Simpson Miller, Premier ministre de Jamaïque et Monsieur Abdoulaye Wade, Président du Sénégal s’adresseront à la Conférence le 12 juin, Son Altesse Royale Felipe, Prince des Asturies le 13 juin et Monsieur Mahinda Rajapaksa, Président du Sri Lanka, le 15 juin.
Le Directeur général du BIT, Juan Somavia, donnera aux délégués un aperçu des thèmes et des inquiétudes du BIT dans un discours qu’il prononcera le 11 juin. Le Directeur général présentera en outre un nouveau rapport intitulé «Le travail décent au service du développement durable», qui examine les façons les plus efficaces de mettre en place une approche équilibrée du développement durable, qui intègre parfaitement les composantes sociale, économique et environnementale.
La Conférence va examiner la proposition de programme et de budget pour 2008-09. Lors de sa session de mars 2007, le Conseil d’administration du BIT a recommandé un budget de 594 millions de dollars, ce qui, en dollars constant de 2006-07 représente un montant égal à celui du budget de l’exercice en cours.
Le 12 juin, à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, la Conférence se penchera sur le travail des enfants dans l’agriculture.
Le 15 juin, lors de la session plénière de clôture, le premier Prix de l’OIT pour la recherche sur le travail décent sera décerné à Monsieur Nelson Mandela, ancien Président de la République d’Afrique du Sud et Prix Nobel de la Paix, et au Dr. Carmelo Mesa-Lago, professeur émérite d’économie et d’études latino-américaines à l’Université de Pittsburgh, Etats-Unis.
Agenda
La Conférence va envisager de nouveaux instruments légaux de l’OIT sur le travail dans l’industrie de la pêche, dans l’optique d’adopter une convention et une recommandation. La Commission du secteur de la pêche examinera les conditions de vie et de travail des quelque 30 millions de travailleurs que compte le secteur mondial de la pêche, l’un des plus dangereux au monde. Ces outils légaux visent à garantir des conditions de travail décentes et une protection sociale à tous les pêcheurs, en particulier à bord des navires de pêche. Ils abordent les différents aspects de la vie des pêcheurs depuis leur embauche jusqu’à leur retraite.
Le 8 juin, les délégués réunis en assemblée plénière discuteront du nouveau rapport global sur la discrimination au travail. Le rapport, intitulé «L’égalité au travail: relever les défis» souligne que la discrimination sur le lieu de travail persiste et prend de nouvelles formes en dépit des progrès effectués pour la combattre. Ce rapport a été établi en vertu du suivi de la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail.
La Conférence fait le bilan des tendances en matière de promotion d’entreprises durables et évalue l’importance de ces tendances dans l’application de l’Agenda pour le travail décent de l’OIT.
Les délégués se pencheront sur les moyens de renforcer la capacité de l’OIT visant à appuyer les efforts déployés par ses Membres pour atteindre ses objectifs, tels que présentés dans l’Agenda du travail décent, dans le cadre de la mondialisation.
La Commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations examinera les informations et les rapports soumis par les gouvernements sur l’effet donné aux conventions et recommandations, et plus particulièrement, une étude d’ensemble des rapports présentés en vertu de l’article 19 sur la convention (no 29) sur le travail forcé, 1930, et la convention (no 105) sur l'abolition du travail forcé, 1957.
La Commission tiendra une séance spéciale pour examiner la suite donnée par le gouvernement du Myanmar aux recommandations de la Commission d’enquête chargée d’étudier l’exécution de la convention (no 29) sur le travail forcé, 1930, dans ce pays.
Lors des débats en séance plénière, les délégués tripartites examineront également le dernier Rapport sur la situation des travailleurs dans les Territoires arabes occupés.
La Conférence internationale du Travail a pour rôle d’adopter des normes internationales du travail et de contrôler leur application, d’établir le budget de l’Organisation et d’élire les membres du Conseil d’administration. Depuis 1919, elle constitue un lieu de débat de premier plan sur les grandes questions sociales et du travail à l’échelle mondiale.
La Conférence réunit plus de 3 000 délégués, dont des ministres du Travail et des dirigeants d’organisations de travailleurs et d’employeurs, de la plupart des 180 Etats Membres de l’OIT. Chaque Etat Membre est autorisé à mandater quatre délégués à la Conférence: deux délégués gouvernementaux, un délégué des travailleurs et un délégué des employeurs, qui ont chacun le droit de s’exprimer et de voter de façon indépendante.