La Conférence de Kampala demande l'abolition du travail des enfants en Afrique.La pauvreté considérée comme la cause fondamentale de ce fléau

Type Communiqué de presse
Date de parution 7 février 1998
Référence BIT/98/6
Unité responsable Communication et information au public
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KAMPALA (Nouvelles du BIT) – Les délégués de 22 Etats africains ont exhorté aujourd'hui les pays du continent à prendre des engagements en vue de l'abolition totale du travail des enfants telle qu'elle est prescrite dans la Convention du BIT sur l'âge minimum (no138, 1973) et la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant. Ils ont souligné que la pauvreté est "la cause fondamentale du travail des enfants" et ont réclamé "une augmentation de l'aide internationale visant à la combattre".

Ils ont par ailleurs ajouté que "la Charte africaine sur les droits de l'enfant doit être ratifiée par tous les Etats africains" et ont invité les délégués à encourager leurs gouvernements à le faire.

Dans son Rapport Final, la Conférence a conclu que, compte tenu de la situation sociale et économique qui règne en Afrique, certains enfants peuvent être appelés à travailler à court ou moyen terme. Cependant, précise le Rapport, "ce travail doit être réglementé et ne doit mettre en danger ni la santé ni la sécurité de l'enfant". De plus, dans ce cas, il est nécessaire "d'associer au travail réalisé dans un cadre protégé un minimum d'activités éducatives et de services sociaux".

Les délégués, qui représentaient des gouvernements, des syndicats et des organisations d'employeurs, ont conclu que "la priorité doit être donnée à la suppression immédiate des formes extrêmes du travail des enfants grâce à la mise en oeuvre de programmes d'action assortis de calendriers".

Les participants à la Conférence, qui comprenaient des représentants de l'UNICEF et de différentes ONG, ont qualifié les formes extrêmes de travail des enfants de véritables violations des droits de l'homme menaçant gravement la santé, la sécurité et le développement social et moral des enfants. Parmi ces activités abjectes, il convient de mentionner l'exploitation sexuelle des enfants, leur emploi non rémunéré comme domestiques, ainsi que les besognes harassantes auxquelles ils sont astreints dans les mines, les carrières, les usines et dans l'agriculture. L'utilisation d'enfants dans les conflits armés et les activités criminelles a également été condamnée et qualifiée "de réalité inacceptable pour une société".

Tout en insistant sur "la nécessité de combattre la pauvreté en tant que cause fondamentale du travail des enfants", le Rapport Final a conclu que la pauvreté n'est pas la seule cause de ce fléau et qu'elle ne doit pas servir à justifier l'inaction. "Il faut que tous les enfants aient accès à l'instruction primaire universelle", a indiqué le Rapport. Parmi les mesures préventives préconisées par les délégués, celle jugée la plus importante est précisément la nécessité de "garder les enfants à l'école le plus longtemps possible".

Les participants à la Conférence tripartite de trois jours qui s'est achevée aujourd'hui à Kampala, en Ouganda, ont entendu des rapports qui montrent que le travail des enfants est très répandu dans toute l'Afrique. Le BIT estime que, si les tendances actuelles perdurent, le nombre d'enfants africains qui travaillent pourrait augmenter rapidement du niveau actuel de 80 millions à plus de 100 millions d'ici à 2015. Au cours de la réunion, le Directeur général du BIT, Michel Hansenne, a déclaré que, si ceci devait arriver, "ce serait une tragédie, non seulement pour les enfants concernés, mais pour l'Afrique toute entière".

Le Rapport de la Conférence appelle en outre à une amélioration du cadre juridique, "preuve d'une véritable volonté politique", et l'alignement des législations nationales sur les normes internationales du travail. Les délégués ont également souligné l'importance de compter sur "une gestion gouvernementale de qualité qui représente l'intérêt public de façon responsable et transparente tout en favorisant le développement social".

Les délégués sont convenus "qu'il est important que les pays africains participent à l'élaboration des nouvelles normes internationales sur les formes extrêmes du travail des enfants qui ont été proposées, de façon à ce qu'ils puissent avoir une influence sur leur contenu". L'ordre du jour de la prochaine Conférence internationale du Travail (qui aura lieu en juin 1998 à Genève) inclut une proposition visant à mettre au point et à adopter un nouvel instrument international qui rendra illégales les formes intolérables du travail des enfants.

Les délégués ont demandé au BIT de poursuivre son aide visant à renforcer la capacité de l'Organisation pour l'Unité Africaine (OUA) de résoudre les problèmes du monde du travail et ils ont prié le BIT et l'UNICEF "d'examiner la question des ressources internationales et de l'impact social des politiques d'ajustement structurel", afin de trouver la meilleure façon de "contrecarrer ou atténuer les conséquences négatives de ces politiques sur les pauvres".

Le rapport et les conclusions de cette réunion recommandent aux Etats africains de coopérer afin de combattre les causes immédiates et sous-jacentes du travail des enfants. Ils préconisent également que les résultats de cette Conférence soient soumis à la 21ème session ordinaire de la commission de l'OUA chargée du travail et des affaires sociales, qui se réunira à Pretoria, en Afrique du Sud, du 13 au 18 avril 1998.

Le BIT, qui compte 174 Etats membres, a fourni son assistance financière et technique à la Conférence de Kampala sur le travail des enfants, qui a été organisée sous les auspices de l'OUA à l'invitation du ministère du Travail et des Affaires sociales de l'Ouganda.

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