GENÈVE (Nouvelles du BIT) - L'Organisation internationale du Travail (OIT) a salué l'adoption par les Nations Unies d'une Déclaration ministérielle sur le plein emploi et le travail productif et décent. Cette Déclaration va permettre de renforcer les efforts de l'ONU et du système multilatéral pour créer des emplois, réduire la pauvreté et apporter ainsi un nouvel espoir aux 1,4 milliard de travailleurs pauvres du monde.
Le débat de haut niveau du Conseil économique et social de l'ONU (ECOSOC) a adopté cette Déclaration ministérielle après trois jours de discussions intenses sur les politiques nationales et internationales nécessaire à la création d'emplois décents pour tous et à la réduction de la pauvreté qui condamne plus d'un milliard de personnes à travers le monde à survivre avec l'équivalent de 2$ par personne, par jour.
Par un accord de grande envergure, s'étendant sur l'urgence de traiter ce que les orateurs ont reconnu comme étant une crise mondiale de l'emploi, les ministres ont réaffirmé que "l'accès pour chaque femme et chaque homme à un travail productif dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de dignité était essentiel à l'éradication de la faim et la pauvreté, au bien-être économique et social de tous, au développement économique et durable de toutes les nations, et à une mondialisation juste et non exclusive".
La Déclaration ministérielle établit également une série d'initiatives gouvernementales et institutionnelles qui prennent en compte l'impact des politiques sur l'emploi et assurent la cohérence de ces politiques. Elle incite "tous les acteurs concernés, y compris les institutions de Bretton Woods à se joindre à ces efforts" pour mettre en œuvre la Déclaration.
"Ce mouvement est une occasion extraordinaire d'intégrer l'emploi productif et le travail décent pour tous à l'action de toutes les organisations de l'ONU concernées", a déclaré le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) Juan Somavia. "Cela peut mettre en mouvement une politique de dialogue au sein du système multilatéral des institutions de Bretton Woods et stimuler ainsi la convergence politique nécessaire au but global que s'est fixé le Sommet de l'ONU de 2005", a-t-il continué.
M. Somavia a rappelé à quel point cet accord était nécessaire et urgent au regard du déficit croissant d'emplois décents. Les chiffres sont sans appel, le chômage mondial a augmenté de plus de 20 pour cent dans les dix dernières années, et 430 millions d'emplois nouveaux devront être créés dans les dix prochaines années pour faire face à l'augmentation de la main-d'œuvre mondiale.
La Déclaration reconnaît "l'Agenda pour le travail décent comme moyen d'atteindre l'objectif de plein emploi et de travail productif et décent pour tous". Elle soutient avec force le principe d'une mondialisation juste et est résolue à faire du plein emploi et du travail productif et décent pour tous un objectif central des politiques de développement nationales et internationales et des stratégies qui visent à réduire la pauvreté.
La Déclaration souligne: "Nous faisons appel à l'OIT pour la mise en œuvre des engagements sur la promotion du plein emploi et du travail productif et décent pour tous, pris lors des principaux sommets et conférences des Nations Unies, afin de réaliser des progrès significatifs tant en termes de politiques, que de programmes opérationnels. (…) Et à cet égard, nous demandons à l'OIT d'envisager, en collaboration avec toutes les parties concernées, des plans d'action assortis de délais à l'horizon 2015 pour atteindre cet objectif.
Cette Déclaration marque un important pas en avant dans les efforts de l'OIT pour promouvoir un Agenda du travail décent comme moyen de lutte contre la pauvreté et pour parvenir à un développement équitable, non exclusif et durable. Cette réunion était le premier sommet international à reprendre les recommandations du Sommet mondial de 2005 et à faire du plein emploi et du travail productif et décent les objectifs centraux des politiques macroéconomiques nationales et internationales.
Le Directeur général du BIT a ajouté que cet accord permettra de susciter "des mesures opérationnelles pratiques en faveur d'un environnement économique, social et politique qui crée suffisamment d'emplois décent afin de faire de la pauvreté une histoire ancienne. Au cours des dix prochaines années, nous devrons systématiquement mettre en œuvre le principe selon lequel l'éradication de la pauvreté est la clé pour atteindre les objectifs du Millénaire. Cela va de pair".
La nouvelle Déclaration ministérielle de l'ECOSOC est d'autant plus significative que l'ECOSOC coordonne l'action des 14 agences spécialisées, 10 commissions fonctionnelles et cinq commissions régionales de l'ONU. M. Somavia a déclaré que la décision des 54 membres participants pourrait servir à "reconnecter l'ONU avec la revendication démocratique universelle des femmes et des hommes à travers le monde d'un accès équitable à un travail décent".
Pour plus d'informations, voir www.ilo.org/public/french/bureau/inf/event/ecosoc/index.htm
Discours du Directeur général du BIT pour l'ECOSOC: www.ilo.org/public/english/bureau/dgo/speeches/somavia/2006/ecosoc.pdf (en anglais)
Déclaration ministérielle du débat de haut niveau de l'ECOSOC (en anglais)