GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le Conseil d'administration du Bureau international du Travail (BIT) a élu M. Membathisi Mphumzi Shepherd Mdladlana, ministre du Travail de la république d'Afrique du Sud, Président pour la session 2006-07.
Le Conseil, réuni pour sa 296e session, a également évoqué diverses questions, et notamment un rapport du Comité de la liberté syndicale.
M. Mdladlana succède à Carlos Tomada, qui a présidé le Conseil pendant la session 2005-06. M. Mdladlana est ministre du Travail depuis 1998.
Dans son premier discours au Conseil d'administration, M. Mdladlana s'est référé à l'agenda pour le travail décent en tant qu'agenda mondial. Selon le ministre, "le chômage et la pauvreté sont les menaces les plus lourdes qui pèsent sur la sécurité et la paix" dans le monde.
Sir Leroy Trotman, Secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la Barbade et porte-parole du groupe des travailleurs au sein du Conseil, a été réélu à la vice-présidence de ce groupe. Daniel Funes de Rioja, Président du Département de politique sociale de l'Union des industries argentines et Président du groupe des employeurs de l'Organisation des Etats américains (OAS) de 1995 à 1998, a été réélu à la vice-présidence des employeurs.
Tous trois constitueront le bureau du Conseil au cours de la prochaine session 2006-07. Le Conseil d'administration est l'organe exécutif de l'OIT et se réunit trois fois l'an à Genève. Il prend les décisions de politique générale et fixe le programme et le budget de l'Organisation, qui compte 178 Etats Membres.
Liberté syndicale
Le Conseil a approuvé le 342e Rapport du Comité de la liberté syndicale. Lors de sa réunion de juin, le comité a examiné 31 des 102 cas dont il est actuellement saisi.
Le comité a porté une attention particulière, en matière de liberté syndicale, aux cas du Cambodge, de Djibouti et du Zimbabwe à cause du caractère grave et urgent de leur situation.
S'agissant du Cambodge, le comité est arrivé à de nouvelles conclusions intérimaires au sujet des meurtres des dirigeants syndicaux Chea Vichea, président du Syndicat libre des travailleurs du Royaume du Cambodge (FTUWKC) et Ros Sovannareth, membre du Comité de direction du FTUWKC, ainsi que sur les allégations de répression permanente des syndicalistes.
Le comité déplore l'absence de réponse du gouvernement aux précédentes recommandations du comité et le prie instamment de prendre des mesures en vue de rouvrir l'enquête sur le meurtre de Chea Vichea et d'ouvrir sans tarder une enquête judiciaire indépendante sur le meurtre de Ros Sovannareth. Enfin, le comité prie instamment le gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour veiller à ce que les droits syndicaux des travailleurs du Cambodge soient entièrement respectés et que les syndicalistes puissent exercer leurs activités dans un climat exempt d'intimidation et de risques quant à sécurité personnelle et leur vie.
Dans le cas de Djibouti, le comité demande instamment au gouvernement de répondre rapidement aux graves allégations concernant l'ingérence du gouvernement dans les grèves et les élections syndicales, les arrestations et la détention de membres et dirigeants syndicaux, ainsi que le refoulement d'une mission de solidarité syndicale internationale, l'arrestation et l'interrogatoire subséquent du seul membre de la mission autorisé à pénétrer dans le pays.
Le comité demande également au gouvernement de prendre des mesures concernant la réintégration des dirigeants syndicaux et des travailleurs licenciés à la suite d'une grève et de diligenter une enquête sur les allégations de harcèlement et de licenciements abusifs envers les dirigeants syndicaux.
Dans le cas du Zimbabwe, le comité est arrivé pour la troisième fois à de nouvelles conclusions intérimaires concernant les graves allégations de tentatives de meurtre, d'agressions, d'intimidations, d'arrestations et de détentions arbitraires, ainsi que de licenciements et de mutations arbitraires à l'encontre de membres du mouvement syndical du pays et de leur famille.
Le comité réitère sa profonde inquiétude quant au climat de forte insécurité qui affecte les activités syndicales au Zimbabwe et demande au gouvernement d'accepter une mission de contacts directs.
Le comité a aussi attiré l'attention du Conseil d'administration sur le cas de la république islamique d'Iran, au sujet duquel le comité est parvenu à de nouvelles conclusions intérimaires concernant les allégations d'arrestations, incarcérations et condamnations de plusieurs dirigeants syndicaux et d'une violente répression policière de la fête du travail de 2004, et des grèves et mouvements de protestation qui y étaient liés.
Notant la dernière information selon laquelle quatre représentants syndicaux avaient été acquittés de certains chefs d'accusation, le comité a fermement demandé au gouvernement d'abandonner tous les autres chefs d'accusation. En outre, le comité a demandé au gouvernement de diligenter une enquête indépendante sur les allégations d'interrogatoires, de menaces et de harcèlement à l'encontre des membres des syndicats et de le tenir informé du résultat.
Concernant la répression policière violente de grèves, de mouvements de protestation et du rassemblement pour la fête du travail, le comité demande au gouvernement de prendre des dispositions pour que les autorités compétentes reçoivent les instructions appropriées en vue d'éliminer le danger qu'impliquent les excès de violence.