GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Face à un niveau de chômage qui atteint les 85 pour cent, le Libéria demande une assistance immédiate afin de créer des conditions durables pour la paix et le développement dans le pays. C'est ce qu'a déclaré aujourd'hui S.E. Ellen Johnson Sirleaf, la Présidente de la république du Libéria à la Conférence annuelle de l'Organisation internationale du Travail à Genève.
"Le chômage a atteint un taux aussi incroyable qu'insupportable de 85 pour cent", a déclaré Mme Johnson Sirleaf, la première femme élue chef d'Etat en Afrique lors d'une session spéciale de la Conférence internationale du Travail, ajoutant que les jeunes qui affrontent "le chômage et l'inactivité sont sur la pente du désenchantement social. Pour nous, l'emploi est synonyme de paix".
En s'attachant aux conséquences de la guerre civile, la Présidente libérienne a rappelé: "Chaque jour, je vois le visage d'une femme revenant d'un camp de réfugiés, ou celui d'enfants victimes de la guerre".
A la suite de son discours devant l'Assemblée plénière, la Présidente a signé la Convention maritime de 2006. Le Libéria, un des pays leaders du secteur maritime, devient ainsi le premier pays à avoir signé cette nouvelle norme internationale du travail.
Dans son discours d'introduction, le Directeur général du BIT Juan Somavia a reconnu que "le Libéria affronte une crise de l'emploi pratiquement sans précédent dans le monde aujourd'hui". "Plus de quatre citoyens sur cinq sont au chômage."
"C'est un véritable appel à l'action", a insisté la Présidente devant les 4 000 délégués tripartites du monde entier, "je veux mettre au défi cette Assemblée, pour qu'elle réponde dans l'urgence à cet appel".
"Aujourd'hui, le Libéria fait face à un défi de développement urgent qui appelle à intensifier l'action internationale", a souligné le Directeur général du BIT.
"Votre présence ici envoie le signal le plus fort qui puisse être à la communauté internationale et aux organisations pour la coopération et le développement, de porter une attention urgente et prioritaire à la création d'emplois immédiate au Libéria", a continué Juan Somavia.
Selon la Présidente Ellen Johnson Sirleaf, la Conférence de l'OIT "doit s'appuyer sur cette chance accrue qu'offre le tripartisme de rétablir l'espoir parmi notre peuple dévasté, de restaurer sa dignité et de reconstruire ensemble".
L'agenda national du Libéria "inclut une vision profondément enracinée dans notre détermination, celle d'humaniser et restaurer la dignité de la main-d'œuvre libérienne", a déclaré Ellen Johnson Sirleaf en insistant sur les secteurs prioritaires comme le travail des enfants, le trafic d'êtres humains, la discrimination des femmes et les relations de travail.
"Je suis venue pour promouvoir un agenda et un partenariat avec l'OIT en faveur du Libéria et d'autres nations", a indiqué la Présidente Johnson Sirleaf en évoquant le développement d'un programme d'urgence pour l'emploi qui doit mener à un programme d'action pour l'emploi à long terme.
"Ces initiatives d'intenses travaux devraient employer plus de 1 500 personnes par mois dans les secteurs de la restauration et de la reconstruction. Nous avons besoin de soutien et de ressources. La renaissance de notre nation va reposer sur le programme d'urgence à court terme", a continué Mme Johnson Sirleaf.
"J'en appelle à l'OIT pour conclure un accord qui aidera le Libéria à développer un programme national de promotion du travail décent", a ajouté la Présidente.
"Nous sommes à vos côtés pour développer ce programme de promotion du travail décent au Libéria. Nous sommes avec vous pour prendre des mesures concrètes et immédiates qui promeuvent le programme d'urgence pour l'emploi au Libéria", a répondu M. Juan Somavia à la Présidente libérienne.
"Le travail décent est une demande démocratique des peuples du monde entier. L'Agenda du travail décent est un agenda pour le développement qui fournit une issue durable à la pauvreté", a conclu la Présidente Ellen Johnson Sirleaf.