GENÈVE (Nouvelles du BIT) - La mission de très haut niveau constituée par le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) à la suite de la décision prise par le Conseil d'administration du BIT en novembre 2004 s'est rendue à Yangon, au Myanmar, où elle a séjourné du 21 au 23 février, et a fait à son départ la déclaration suivante:
"Le mandat qui avait été confié à la mission de très haut niveau par le Conseil d'administration du BIT à sa 291e session (novembre 2004) consistait à évaluer l'attitude des autorités du Myanmar au plus haut niveau en ce qui concerne l'élimination du travail forcé et leur volonté de poursuivre leur coopération avec l'OIT à cet égard. La composition de la mission avait été définie en conséquence. Bien que les autorités du Myanmar aient été parfaitement informées des termes de leur mandat avant même leur départ pour Yangon, les membres de la mission ont appris à leur arrivée que, pour différentes raisons liées à la Convention nationale, aucune des rencontres qui leur auraient permis de mener leur tâche à bien comme ils l'entendaient n'avait été inscrite au programme."
"Cela étant, et après en avoir discuté et avoir exposé son point de vue au Ministre du travail et au Premier ministre, la mission a jugé inutile à ce stade d'avoir des discussions techniques plus approfondies sur les mesures concrètes devant faire l'objet de ces rencontres qui auraient pu, selon elle, aider à apaiser les préoccupations exprimées récemment au sein du Conseil d'administration."
"La mission présentera son rapport à la prochaine session du Conseil d'administration, en mars."
La mission a par ailleurs rendu publics les quatre points suivants dans lesquels elle précise sa position à l'égard des questions en discussion:
- Promulgation par l'autorité compétente du Conseil national pour la paix et le développement d'une ordonnance portant application de la disposition de l'ordonnance complétant l'ordonnance n° 1/99 faisant obligation au ministère de la Défense de donner à toutes les unités placées sous son autorité de nouvelles directives leur interdisant de réquisitionner de la main-d'œuvre, en donnant à ladite ordonnance toute la publicité requise.
- Confirmation par les autorités de leur volonté d'appliquer le plan d'action commun contre le recours au travail forcé, y compris pour ce qui est de l'identification du facilitateur, et de la désignation au sein de l'armée d'un coordonnateur qui serait chargé de traiter toutes les allégations concernant l'armée.
- Renouvellement de l'engagement pris par les autorités de laisser au chargé de liaison de l'OIT toute liberté de mouvement.
- Adoption d'autres mesures pouvant donner confiance au peuple du Myanmar en ce qui concerne la possibilité de déposer des plaintes relatives au recours au travail forcé. Il conviendrait en particulier d'étendre l'amnistie accordée aux deux personnes de l'affaire des condamnations pour haute trahison à la troisième personne qui a été condamnée pour des motifs incluant des contacts avec l'OIT, et de trouver des solutions crédibles aux cas sérieux de recours au travail forcé qui ont été identifiés par le Conseil d'administration en novembre 2004.