GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le Bureau international du Travail (BIT) a noté avec satisfaction que l'Assemblée générale des Nations Unies vient d'adopter une résolution sur le rapport de la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation et qu'elle considère cette adoption comme un moyen supplémentaire de parvenir à une mondialisation plus juste.
Dans cette résolution de l'Assemblée générale, le rapport de la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation - "Une mondialisation juste: créer des opportunités pour tous" - y est décrit comme une contribution notable "au dialogue international pour une mondialisation équitable et qui prend en compte chaque être humain".
La résolution a été présentée par les gouvernements de Finlande et de Tanzanie - dont les deux présidents, Mme Tarja Halonen et M. Benjamin William Mkapa, ont coprésidé le travail de la Commission pendant deux ans et qui ont le soutien d'un grand nombre d'Etats membres des Nations Unies.
L'Assemblée générale des Nations Unies a décidé d'examiner ce rapport dans le cadre de la revue de la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire, lors du Sommet de l'Assemblée générale qui se tiendra pendant trois jours en septembre 2005. Elle a aussi demandé aux organisations internationales de fournir au Secrétaire général des informations sur les activités entreprises pour parvenir à une mondialisation équitable et qui tient compte de tous.
Juan Somavia, le Directeur général du BIT, qui est à l'initiative de la Commission, a déclaré que le rapport marquait la première tentative de s'intéresser à la dimension sociale de la mondialisation.
Le rapport apporte des éléments essentiels qui aideront le système des Nations Unies dans ses efforts à redessiner la gouvernance de la mondialisation, dans le sens d'un travail en faveur de tous les habitants du monde.
Le rapport était déjà au cœur d'un événement "présidentiel" le 20 septembre, la veille de l'Assemblée générale des Nations Unies. Au cours de cette séance spéciale, le Président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le Président français Jacques Chirac, le ministre des Affaires étrangères gabonais M. Jean Ping et d'autres chefs d'Etat ont accueilli favorablement ce document comme une contribution vitale à la lutte contre la pauvreté et contre le déséquilibre économique. Dans ses commentaires, le Secrétaire général Kofi Annan a noté que "le meilleur programme anti-pauvreté est l'emploi, et que la meilleure garantie du bien-être est le travail décent".
Le rapport de la Commission mondiale a reçu un large soutien politique depuis son lancement en février. Des chefs d'Etat et de gouvernement ont approuvé son message sur le travail décent comme moyen de parvenir à une mondialisation plus juste.
"Une mondialisation juste: créer des opportunités pour tous" en appelle à "repenser urgemment" la gouvernance mondiale. Le rapport de 168 pages reconnaît que la mondialisation "représente un immense potentiel" et qu'il "a ouvert la voie à de nombreux avantages … favorisé l'ouverture des économies et des sociétés et encouragé la libéralisation des échanges de biens, d'idées et de connaissances... " et qu'une "véritable conscience planétaire est en train d'émerger, sensible à l'injustice que représentent la pauvreté, la discrimination entre les sexes, le travail des enfants et la dégradation de l'environnement, où que ce soit dans le monde".
Toutefois, on peut lire également dans le rapport que le fonctionnement actuel de l'économie mondiale souffre de déséquilibres profondément ancrés et persistants qui sont inacceptables sur le plan éthique et intenables sur le plan politique... Pour la vaste majorité des femmes et des hommes, la mondialisation n'a pas répondu à leurs aspirations, simples et légitimes, à un travail décent et à un avenir meilleur pour leurs enfants".
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