GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le Bureau international du Travail a annoncé aujourd'hui que le système biométrique pour l'établissement des pièces d'identité des 1,2 millions de gens de mer est prêt à être appliqué, après l'essai réussi de produits qui répondent aux critères exigés pour "une interopérabilité mondiale" de tels documents.
Le nouveau système mandaté sous la Convention révisée sur les pièces d'identité des gens de mer (PIM), 2003 (n°185) adoptée par les représentants des gouvernements, employeurs et travailleurs à la Conférence internationale du Travail en 2003, a pour but de fournir une réponse plus conséquente face aux besoins de sécurité. Elle doit être à même de garantir les droits des travailleurs de la flotte mondiale qui transporte 90 pour cent du commerce du globe.
La convention n°185 est le premier instrument international contraignant dans le domaine des systèmes d'identification. Son modèle biométrique utilisant une empreinte digitale est fondé sur le principe d'"interopérabilité mondiale", c'est-à-dire que l'information d'une empreinte figurant sur une pièce d'identité des gens de mer (PIM) d'un pays peut être lue correctement dans un autre pays.
Pour rendre cela possible, le Conseil d'administration de mars dernier a adopté un standard unique avec des spécifications devant être suivies par les différents systèmes et produits nationaux pour la prise des empreintes digitales sur la PIM et pour la vérification des empreintes des personnes qui devront correspondre à celles figurant sur la PIM.
Avec la collaboration des organisations des marins et des armateurs, l'OIT a réalisé six mois de tests avec l'aide de 126 marins volontaires du navire M.V. Crystal Harmony, exploité par les Croisières Crystal. Les marins, des hommes et des femmes de tout âge et de différentes catégories professionnelles, couvraient un échantillon représentatif de la profession.
Sept produits biométriques différents, réalisés par différentes firmes, ont été utilisés pour les tests. Deux d'entre eux ont été retenus par l'OIT parce qu'ils répondaient aux critères demandés.
"Cette annonce permet de démarrer la délivrance de documents sécurisés", a indiqué Mme Cleopatra Doumbia-Henry, Directeur du Département des normes au BIT. "Nous espérons élargir la liste des fournisseurs qui répondent aux critères en réalisant d'autres tests."
La Convention n°185 a été adoptée en remplacement de la Convention sur les documents des gens de mer (n°108), 1958, qui avait été ratifiée par 61 Etats membres de l'OIT représentant 60,7 pour cent de la flotte mondiale.
Le nouvel instrument rentrera en fonction en février 2005 après la ratification par la France, par la Jordanie et le Nigeria. Plusieurs autres pays ont entamé le processus de ratification. Parmi eux, les Philippines, l'Indonésie et l'Inde, des pays qui comptent la plus grande partie des gens de mer du monde.
"Assurer la sécurité des gens de mer et des navires est crucial", a conclu Mme Doumbia-Henry.
Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site du BIT: www.ilo.org/public/french/dialogue/sector/sectors/mariti.htm