LA CONFERENCE D'AMSTERDAM CONDAMNE LES FORMES INTOLERABLES DE TRAVAIL DES ENFANTS

Type Communiqué de presse
Date de parution 27 février 1997
Référence BIT/97/5
Unité responsable Communication et information au public
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AMSTERDAM (Nouvelles du BIT) - Les formes les plus abusives de travail des enfants ont été condamnées à l'unanimité par les délégués à la Conférence d'Amsterdam sur le travail des enfants, qui s'est terminée aujourd'hui sur un appel à la solidarité mondiale en vue de «l'éradication de l'exploitation des enfants dans les plus brefs délais».

Dans son allocution de clôture, le Président de la Conférence, M. Ad Melkert, ministre des Affaires sociales et de l'Emploi des Pays-Bas, a enjoint aux pays participants et aux Etats membres de l'OIT et des Nations Unies de «lancer un programme d'action visant à mettre fin au travail des enfants dans un délai précis et d'en abolir immédiatement les formes les plus intolérables - l'esclavage et toute pratique similaire, le travail forcé ou obligatoire y compris le servage et la servitude pour dettes, l'exploitation des enfants dans la prostitution, la pornographie et le trafic de drogues ainsi que dans toute forme de travail dangereuse ou préjudiciable à leur santé ou à leur éducation». «Il faut interdire totalement le travail des très jeunes enfants et protéger spécialement les fillettes», a-t-il déclaré, non sans rappeler que la criminalité constituait de plus en plus un facteur de risque supplémentaire.

Dans sa conclusion, le Président a invité l'OIT à étendre son action et à rendre régulièrement compte du nombre d'enfants délivrés de l'exploitation grâce à des solutions de remplacement. «Un contrôle systématique permettrait de passer périodiquement en revue les mesures prises dans le monde entier pour lutter contre le travail des enfants et de relever les plus efficaces d'entre elles.» Le Gouvernement des Pays-Bas s'est engagé à fournir le premier million de dollars pour la mise en oeuvre d'un tel mécanisme de contrôle, qui sera confiée au Programme international de l'OIT pour l'abolition du travail des enfants (IPEC), et a invité instamment les autres gouvernements à suivre son exemple.

Cette Conférence, à laquelle ont participé plus de 250 délégués représentant 30 pays, était organisée par le Gouvernement des Pays-Bas en étroite collaboration avec l'Organisation internationale du Travail. Elle avait pour but d'attirer l'attention sur le sort de millions d'enfants qui travaillent dans des conditions intolérables de nature à entraver leur développement physique, moral et intellectuel.

Selon un rapport préparé par le BIT en vue de la Conférence, près de la moitié des 250 millions de travailleurs de 5 à 14 ans sont employés à plein temps. La grande majorité d'entre eux travaillent dans l'agriculture commerciale et des activités connexes où ils courent le risque de se blesser ou de s'empoisonner avec les pesticides et autres produits chimiques nocifs. Un grand nombre d'enfants travaillent sans être rétribués dans de petites entreprises de type familial. Des millions de filles qui travaillent comme domestiques ne reçoivent, en contrepartie de longues journées de travaux ménagers, que le logement et le couvert.

La pauvreté est, certes, l'un des principaux facteurs du travail des enfants, mais il n'en est pas la seule cause. Les auteurs du rapport recensent des groupes particulièrement vulnérables tels que les minorités, les migrants, les castes inférieures et les indigènes, qui courent le risque d'être exploités pour des raisons d'ordre à la fois culturel et économique. Dans le discours qu'il a prononcé durant la Conférence, M. Michel Hansenne a condamné ces formes intolérables de travail des enfants comme «des violations flagrantes des lois nationales et internationales qu'aucun argument économique ne peut justifier».

Il a lancé un appel en faveur de la ratification des conventions existantes de l'OIT sur le travail des enfants et du renforcement des mécanismes de contrôle dont dispose l'Organisation pour lutter contre les violations fondamentales des droits de l'homme sur le lieu de travail. L'OIT, qui compte 174 Etats membres, envisage d'adopter une nouvelle convention internationale qui interdirait les formes d'exploitation les plus préjudiciables du travail des enfants.

La Conférence d'Amsterdam est l'une des deux grandes réunions internationales qui se tiendront en 1997 sur le thème du travail des enfants, la deuxième devant avoir lieu au mois d'octobre à Oslo, organisée par le Gouvernement de Norvège. La Conférence d'Amsterdam s'inscrit dans le cadre des efforts déployés à l'échelon international pour résoudre durablement le travail des enfants dans tous les pays.

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