GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le Bureau international du Travail (BIT) et la Banque asiatique de développement (BAsD) ont uni leurs forces pour améliorer les normes du travail, afin de promouvoir le développement et d'atténuer la pauvreté dans la région de l'Asie et du Pacifique.
Lors d'un atelier conjoint qui a eu lieu récemment, le BIT et la BAsD ont conclu que l'engagement des gouvernements à l'égard de l'amélioration des normes du travail est essentiel pour assurer un développement universel et durable dans la région de l'Asie et du Pacifique. La réunion a recommandé que les gouvernements, la Banque asiatique de développement et l'OIT mettent en lumière les normes du travail lors du dialogue politique avec les gouvernements, favorisent l'amélioration des normes du travail en concevant des projets, à l'intention, par exemple, des enfants qui travaillent, améliorent la sécurité au travail, réduisent la discrimination sur le lieu de travail ou éliminent le travail en servitude, renforcent le contrôle sur les conditions de travail dans la région et mettent au point des activités de renforcement des capacités et de sensibilisation pour améliorer les normes du travail.
Selon Akira Seki, directeur général du Département du développement régional durable de la Banque asiatique de développement, les deux organisations se sont mises d'accord pour renforcer leur coopération afin de promouvoir des conditions de travail décentes qui permettraient de réduire la pauvreté, d'accroître le niveau de vie et d'améliorer la qualité de la croissance tout en augmentant la productivité.
Lee Swepston, chef du Service de l'égalité et de l'emploi du BIT, estime que la non-prise en compte des problèmes relatifs aux normes du travail constitue un obstacle absolu et mesurable au développement. Il a dit notamment: «Le respect des droits humains fondamentaux au travail, et celui des structures juridiques et réglementaires indispensables à leur mise en œuvre, est un facteur positif pour les travailleurs, les employeurs et les économies dans leur ensemble. C'est aussi un outil essentiel de la réduction de la pauvreté. L'OIT appelle ce processus 'le travail décent'.»
L'OIT estime que parmi les 1,2 milliard de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté dans le monde, environ les deux tiers vivent dans la région de l'Asie et du Pacifique. S'il faut en croire les chiffres du BIT, environ 127 millions sur les 246 millions d'enfants qui travaillent dans le monde et qui sont âgés de 5 à 14 ans vivent dans cette région. En outre, une grande partie des 20 millions de travailleurs en servitude dans le monde vivent dans cette zone, tandis que nombre des pays qui la composent font état de discrimination sur le lieu de travail pour des motifs de sexe, de race, de caste, d'âge, de croyance religieuse et d'opinion politique. L'OIT estime que la région de l'Asie et du Pacifique aura besoin de plus de 350 millions d'emplois décents au cours de la prochaine décennie.
L'OIT et la Banque ont également discuté des normes du travail concernant les secteurs public et privé dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises. Des représentants de haut niveau des employeurs, des travailleurs et d'autres organisations ont eu un débat approfondi sur la manière d'établir des bilans sociaux, comme ceux qu'établit actuellement Social Accountability International ou des cabinets de vérificateurs privés.
Cet élan en faveur de l'amélioration des normes du travail est de plus en plus soutenu par de nombreux pays, des institutions de développement, des entreprises et des organisations de la société civile.
L'OIT et la Banque ont conclu un accord en mai 2002 pour renforcer leur coopération afin de maximiser l'utilisation des rares ressources dont elles disposent, ainsi que leur impact sur le développement. Dans le cadre de leur collaboration, la BAsD et le BIT se proposent d'échanger des informations, des études, des résultats provenant de la recherche et des exemples des meilleures pratiques pour promouvoir la coopération et la complémentarité de leurs opérations; elles tenteront d'associer leurs deux expertises pour veiller à ce que la Banque appuie des modèles de développement favorisant la création d'emplois et le bien-être des travailleurs; elles collaborent à la mise en place d'un cadre de coopération entre ministères, organisations d'employeurs et de travailleurs, autres partenaires de la société civile et institutions de développement, dans les pays où la BAsD prévoit d'intervenir en matière de protection sociale; elles coopèrent à la mise en œuvre d'activités de prêt et autres financées par la BAsD dans des domaines relevant de sa compétence et de son mandat, tels que celui l'assistance technique à la région, qu'elle soit consultative ou qu'elle serve à préparer des projets; elles travaillent ensemble à l'élaboration de projets et à des missions d'examen par la BAsD par le biais de consultations interinstitutions et par le recours de la BAsD à des experts du BIT.
«Cela ne signifie pas qu'il faut pousser les pays en développement à adopter des réglementations et des protections qui font fi de la flexibilité, de la compétitivité et de la croissance», a dit M. Swepston. «En fait, la difficulté sera de trouver un niveau approprié de réglementation et de protection dans chaque cas. Il faudra pour cela adopter une nouvelle approche aux situations et trouver des solutions aux problèmes de la pauvreté, de l'exclusion et du développement.»
Note: Concernant la déclaration et d'autres
détails, voir:
www.adb.org/Documents/Events/2002/Core_Labor_Standards/default.asp