GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le monde devrait «se donner la main» pour combattre le trafic des enfants, une industrie de milliards de dollars, qui soumet des millions d'enfants à une forme moderne d'esclavage, a déclaré jeudi la Reine Rania de Jordanie devant la Conférence internationale du Travail , qui célébrait, pour la seconde année, la Journée mondiale contre le travail des enfants .
«Un enfant de plus victime du trafic, c'est une victime de trop, a déclaré la Reine. Mes amis, il est temps que le monde s'unisse et dise: Assez», a indiqué la souveraine hachémite, qui a qualifié le trafic des enfants de l'une des «pires formes d'abus et de crime qui affecte des millions d'enfants et leurs familles de par le monde».
Le trafic des enfants a été le thème choisi cette année pour célébrer cette journée en raison de la persistance du problème dans le monde. Le Programme international de l'OIT pour l'élimination du travail des enfants (IPEC) estime que 1,2 million d'enfants succombent à ce trafic tous les ans.
«Le trafic des enfants se passe à l'intérieur des pays, à travers les frontières et entre régions .... laissant dans son sillage une traînée de rêves volés et de vies bouleversées», a souligné la Reine. «Ce commerce brutal de vies humaines représente une industrie qui se chiffre à des milliards de dollars. Il enrichit les plus rapaces et les plus cruels d'entre nous, ceux qui cherchent à tirer profit de la misère et du désespoir du genre humain.»
«Et pourtant, aucune somme d'argent ne peut couvrir le prix payé par les victimes, filles et garçons arrachés à leurs familles», a souligné la Reine. Ces enfants sont contraints à un travail «payé très peu ou pas du tout». Leur sort tient d'un «esclavage moderne».
Pour la souveraine jordanienne, il importe, pour mettre fin au trafic, de reconnaître ce qui l'a déclenché. «D'abord et avant tout, le commerce fondé sur ce trafic trouve son fondement dans la pauvreté» que des recruteurs exploitent.
«Si le sombre chemin du trafic prend sa source dans les pays pauvres et instables, il conduit fréquemment à diverses destinations aux quatre coins du monde», a souligné la Reine. Dans certains cas, l'absence de dispositions légales favorisent cette pratique.
Sensibiliser l'opinion est une des clés du problème, a poursuivi la Reine, qui a ajouté: «Nous avons besoin d'une meilleure éducation à tous les niveaux, d'une meilleure formation pour faire appliquer les lois, d'une meilleure manière de réhabiliter les enfants victimes d'un trafic quand ils rentrent dans leur foyer. Les gouvernements doivent s'engager à prévenir, protéger et poursuivre en justice (les trafiquants). Nous devons tous être d'accord, au plan international, pour traiter ensemble ce problème.»
Dans son allocution d'introduction, le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Juan Somavia, se référant à «la pratique criminelle du trafic des enfants» l'a qualifiée d'«agression à la dignité humaine et d'affront à nos valeurs communes».
«Les mots ne sont pas suffisants, a-t- il dit. Nous devons agir.»
En vertu des critères de l'Organisation internationale du Travail (OIT), un enfant est victime de trafic quand il a été déplacé et exploité. Tous ceux qui participent de cette pratique ou en tirent profit - recruteurs, intermédiaires, pourvoyeurs de documents, transporteurs, fonctionnaires corrompus, entre autres - sont des trafiquants.