GENÈVE (Nouvelles du BIT) - A l'occasion de la Coupe d'Afrique des Nations dont le coup d'envoi est prévu ce samedi 19 janvier à Bamako au Mali, l'Organisation internationale du Travail (OIT) lance sa campagne «Carton rouge au travail des enfants».
Celle-ci s'articule autour d'un concept familier au monde du football: le carton rouge que sort l'arbitre pour exclure un joueur du terrain.
Ce vendredi, cette opération «carton rouge» fera l'objet d'une cérémonie officielle de signature qui, outre le Bureau international du Travail (BIT), réunira le Président Alpha Oumar Konaré du Mali et les deux autres partenaires que sont la Confédération africaine de football (CAF) et le Comité d'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations (COCAN) 2002. L'objectif du BIT est d'étendre cette initiative au niveau planétaire à l'occasion de la prochaine coupe du monde de football.
«Le travail des enfants, c'est tout sauf un sport ou un passe-temps», a déclaré le Directeur général du BIT, Juan Somavia. «Ces enfants travaillent à la dure dans des fermes, des mines, des carrières ou comme domestiques. Certains sont vendus pour alimenter des réseaux de prostitution ou pour travailler dans des conditions proches de l'esclavagisme. Des millions d'entre eux sont condamnés à vivre une vie de misère et de désespoir. Maintenant, grâce à cette étroite collaboration avec le sport le plus populaire au monde, nous espérons galvaniser les consciences et les énergies autour de cette lutte mondiale contre le travail des enfants et ce, en s'appuyant sur un symbole fort de ce sport: le carton rouge qui sanctionne le non-respect des règles du jeu par l'exclusion du terrain.»
Profitant de l'immense popularité qui entoure l'édition 2002 de cette Coupe d'Afrique des Nations 2002, le BIT espère que le plus grand nombre possible de spectateurs prendront conscience de la dure réalité du travail des enfants et, surtout, qu'ils deviendront, à leur tour, des ardents supporters de cette cause. Cette campagne «carton rouge» apporte un élément nouveau et symbolique à une lutte contre le travail des enfants qui ne date pas d'aujourd'hui et qui peut même revendiquer une véritable envergure mondiale puisque la dernière convention 182 adoptée en 1999 sur les pires formes de travail des enfants a été ratifiée par plus de 100 pays.
Bien que l'Afrique héberge 80 millions d'enfants travailleurs, ce qui représente 40% de ce phénomène dans le monde, ce continent s'avère, à de multiples égards, un pionnier dans cette lutte et, spécialement, contre les pires formes de travail des enfants. Ainsi, sur les 115 pays qui ont ratifié la convention 182, trente sont originaires d'Afrique, un continent qui peut également se targuer d'avoir enregistré les deux premières ratifications, celles réalisées par les Seychelles et le Malawi.
Après ce lancement africain, le BIT prévoit d'étendre cette campagne à l'Amérique latine, à l'Asie et à l'Europe. Le Programme international de l'OIT pour l'abolition du travail des enfants (IPEC), à l'origine de cette campagne «carton rouge», est actif dans 75 pays, arrachant des enfants à leur statut imposé de travailleurs, leur offrant en échange des programmes de réinsertion et d'éducation de même que procurant à leurs familles des activités génératrices de revenus.