GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le monde ratifie à une vitesse sans précédent la convention internationale de l'Organisation internationale du Travail (OIT) qui appelle à une action immédiate pour mettre un terme aux pires formes de travail des enfants.
Le Bureau international du Travail (BIT) a annoncé aujourd'hui que l'Estonie est le dernier Etat Membre à avoir ratifié la convention sur les pires formes de travail des enfants, ce qui porte à 100 le nombre de ratifications de ce traité international qui vise à combattre les formes les plus abjectes d'exploitation des enfants.
L'OIT compte 175 Etats Membres. La convention n o 182 a été adoptée à l'unanimité il y a deux ans, le 17 juin 1999, par la Conférence internationale du Travail. Elle est entrée en vigueur le 19 novembre 2000 - un an après avoir été ratifiée par deux Etats Membres.
«Cet événement historique apporte la preuve que le monde est uni dans la lutte contre les formes les plus odieuses d'exploitation des enfants», a dit le Directeur général du BIT, Juan Somavia. «Le monde est en train de réaliser un rêve: éliminer les pires formes de travail des enfants et offrir à des millions d'entre eux une chance de vivre une vie meilleure.»
Le directeur du Programme international pour l'abolition du travail des enfants (IPEC), Frans Roselaers, a ajouté que, en 82 ans, jamais une convention de l'OIT n'avait été ratifiée aussi rapidement que la convention n o 182, et que la campagne menée par l'IPEC devrait aboutir à une ratification pratiquement universelle d'ici la fin 2003.
La convention n o 182 définit ainsi les pires formes de travail des enfants:
• toutes les formes d'esclavage ou pratiques
analogues, telles que la vente et la traite des enfants, le
travail forcé ou obligatoire, la servitude pour dettes et le
servage;
• l'utilisation des enfants à des fins de
prostitution ou de pornographie;
• l'utilisation des enfants aux fins
d'activités illicites, telles que le trafic de
stupéfiants;
• les travaux qui sont susceptibles de nuire à
la santé, à la sécurité ou à la
moralité de l'enfant.
La convention demande aux pays qui la ratifient de l'appliquer à toutes les personnes de moins de 18 ans, même si la législation nationale prévoit que l'enfance se termine plus tôt. Elle leur demande de prendre des mesures afin d'interdire et d'éliminer immédiatement les pires formes de travail des enfants; de concevoir des mécanismes de contrôle; d'adopter des programmes d'action; d'assurer leur mise en œuvre effective; de prévenir l'exploitation des enfants, de soustraire au travail ceux qui y sont assujettis et de veiller à leur réadaptation et à leur réinsertion sociale; de prendre en compte la situation particulière des filles.
Les Etats Membres doivent aussi faire rapport régulièrement au BIT concernant l'application de la convention et répondre aux allégations de violation. Le BIT aide les pays qui ont ratifié à remplir leurs obligations par le truchement de l'IPEC qui, dans 70 pays, s'attache à soustraire au travail les enfants qui y sont assujettis et à leur permettre de s'instruire et de se réinsérer tout en offrant à leurs familles d'autres possibilités de revenus.
Pays ayant ratifié la convention (n
o 182) sur les pires formes
de travail des enfants, 1999
Afrique du Sud
Albanie
Algérie
Angola
Argentine
Bahamas
Bahreïn
Bangladesh
Barbade
Bélarus
Belize
Botswana
Brésil
Bulgarie
Burkina Faso
Canada
République centrafricaine
Chili
Chypre
Corée, République de
Costa Rica
Croatie
Danemark
République dominicaine
Dominique
Le Salvador
Emirats arabes unis
Equateur
Espagne
Estonie
Etats-Unis
Finlande
France
Gabon
Gambie
Ghana
Guinée équatoriale
Guyana
Hongrie
Indonésie
Iraq
Irlande
Islande
Italie
Jamahiriya arabe libyenne
Japon
Jordanie
Kenya
Koweït
Lesotho
Liban
Luxembourg
Malaisie
Malawi
Mali
Malte
Maroc
Maurice
Mexique
Mongolie
Namibie
Nicaragua
Niger
Norvège
Nouvelle-Zélande
Oman
Ouganda
Panama
Papouasie-Nouvelle-Guinée
Paraguay
Philippines
Portugal
Qatar
République démocratique du Congo
Roumanie
Royaume-Uni
Rwanda
Saint-Kitts-et-Nevis
Sainte-Lucie
Saint-Marin
Sénégal
Seychelles
Singapour
Slovaquie
Slovénie
Sri Lanka
Suède
Suisse
Tanzanie, République-Unie de
Tchad
République tchèque
Thaïlande
Togo
Tunisie
Turquie
Ukraine
Uruguay
Viet Nam
Yémen
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