L'industrie des transports maritimes internationaux adopte «l'Accord de Genève»

Type Communiqué de presse
Date de parution 26 janvier 2001
Référence BIT/01/05
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues English • Español

GENEVE (Nouvelles du BIT) - Un accord important a été signé aujourd'hui lors de la 29ème session de la Commission paritaire maritime du Bureau international du Travail (BIT). Cet accord, baptisé «Accord de Genève», a pour objectif d'améliorer la sécurité et les conditions de travail dans l'industrie maritime.

Une des autres décisions prises pendant cette réunion a été celle de revoir à la hausse le salaire minimum que l'OIT recommande pour les gens de mer, à savoir une augmentation de 435 à 450 dollars à partir du 1 er janvier 2002 et à 465 dollars à partir du 1 er janvier 2003. Le salaire minimum préconisé par l'OIT est basé sur un calcul qui tient compte de l'évolution des prix à la consommation et du taux de change vis-à-vis du dollar américain de la monnaie de 48 pays à vocation maritime.

Les participants à la réunion, qui comprenaient des représentants des armateurs et des gens de mer, ont établi que «l'émergence d'un marché du travail global pour les gens de mer a effectivement converti l'industrie des transports maritimes en la première industrie véritablement globale de la planète, ce qui exige une réponse globale au moyen d'une série de normes globales applicables à l'ensemble du secteur».

Au cours de la réunion qui a duré toute la semaine, les délégués se sont mis d'accord sur le fait que les instruments de l'OIT relatifs au secteur maritime doivent être renforcés et adaptés à la réalité actuelle au moyen d'une nouvelle «Convention cadre» unique portant sur les normes du travail dans ce secteur.

Les délégués ont recommandé la création d'une structure institutionnelle en vue de la révision de tous les aspects des transports maritimes et ont exprimé leur inquiétude au sujet du fait que, jusqu'à présent, seuls les critères établis par l'Organisation maritime internationale ont été utilisés pour déterminer qu'un navire n'était pas conforme aux normes. Ils ont donc demandé que toutes les mesures nécessaires soient mises en œuvre pour garantir que les normes en vigueur en matière sociale et dans le domaine du travail soient également prises en compte dans ce contexte.

L'accord signé aujourd'hui représente un tournant important dans la pratique normative de l'OIT. En effet, afin de garantir l'application de normes acceptables relatives aux conditions de vie et de travail des gens de mer de toutes les nationalités et de toutes les flottes marchandes, il repose sur une approche plus logique et plus souple de la structure de ces normes et sur une procédure plus simple en vue de leur mise à jour.

La Commission était présidée par Mme Birgit Solling Olsen, qui représentait le Conseil d'administration de l'OIT, tandis que M. Dierk Lindemann et M. Brian Orrell étaient les porte-parole du groupe des armateurs et du groupe des gens de mer, respectivement.

Le Directeur général de l'OIT, M. Juan Somavia, a félicité la Commission pour ses travaux qu'il a qualifiés «d'exemple idéal de dialogue social effectif au niveau international». Il a souligné que cette approche intégrée de l'action normative de l'OIT permettait de prendre en compte les intérêts des différentes parties concernées tout en restant fidèle aux principes de l'Organisation.

Lors de la session de clôture de la réunion, les délégués de la Fédération internationale des armateurs (ISF) et de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), qui représentent les armateurs et les gens de mer respectivement, ont déclaré:

«L'Accord de Genève constitue le premier pas important vers un objectif qui n'est pas facile à atteindre, à savoir faire en sorte que notre industrie, dont le caractère international est unique, dispose effectivement d'un ensemble de normes du travail appliquées à l'échelle mondiale. Nous sommes fiers de porter le flambeau de la campagne de l'OIT visant à promouvoir le travail décent dans le monde entier.»

La Commission paritaire maritime a demandé au Conseil d'administration de l'OIT d'autoriser un programme de réunions tripartites (armateurs, gens de mer et gouvernements) en vue de la préparation de la Conférence maritime de l'OIT, prévue pour 2005, au cours de laquelle la nouvelle «Convention cadre» annoncée devrait être adoptée.

La Commission a également manifesté sa vive préoccupation au sujet des récentes arrestations, à la suite d'accidents maritimes, de gens de mer, notamment de capitaines de navires, avant même qu'une enquête n'ait été réalisée, et elle a demandé au Directeur général de l'OIT d'attirer l'attention des pays Membres de l'Organisation sur ces problèmes.

^ top