L’OIT s’attaque aux problèmes du marché du travail sur la Rive occidentale et dans la bande de Gaza

Type Communiqué de presse
Date de parution 21 mars 2000
Référence BIT/00/7
Unité responsable Communication et information au public

GENÈVE (Nouvelles du BIT) – L’Organisation internationale du Travail a lancé un appel à la communauté internationale pour financer un programme de trois ans, d’un montant de 20 millions de dollars, destiné à renforcer la capacité de création de revenus et d’emplois des petites entreprises et des micro-entreprises sur la Rive occidentale et dans la bande de Gaza.

Dans un rapport publié aujourd’hui à Genève, l’OIT souligne que les économies de la Rive occidentale et de la bande de Gaza sont confrontées à "un énorme problème d’absorption de la main-d’œuvre" lié au niveau élevé de chômage, au marasme économique et à l’explosion démographique qui entraînera l’arrivée de plusieurs centaines de milliers de demandeurs d’emploi sur le marché du travail au cours des prochaines années.

Selon l’OIT, si les petites entreprises constituent "la pierre angulaire de l’économie palestinienne", leur capacité de se développer et d’offrir un emploi productif au nombre important de demandeurs d’emploi est limitée par toute une gamme de problèmes économiques, sociaux et institutionnels que le programme proposé cherche à aborder en améliorant les politiques du marché du travail et en offrant des services de soutien aux entrepreneurs.

Le rapport concerne plus particulièrement des secteurs traditionnels comme le vêtement et le textile, l’agro-alimentaire et l’artisanat où les entreprises existantes ont des possibilités d’exportation considérables. Mais le programme cherche également à renforcer les ressources dans de nouveaux domaines comme le traitement des données, l’électronique, le secteur manufacturier, les voyages et le tourisme, qui sont appelés à se développer avec les nouvelles technologies de l’information et des communications.

Le rapport de l’OIT souligne que le secteur privé domine l’économie de la Rive occidentale et de la bande de Gaza puisqu’il représente environ 85 pour cent du PIB et deux tiers de l’emploi total. Les entreprises sont à 97 pour cent petites, généralement familiales et emploient moins de dix travailleurs. L’isolement relatif qu’elles ont vécu pendant les années de conflit a gravement entravé leur croissance et explique le niveau généralement faible de productivité, la qualité médiocre de la production ainsi que la sous-utilisation de la capacité, estimée aujourd’hui à environ 50 pour cent.

Selon le rapport, avec une croissance annuelle de plus de 5 pour cent, la main-d’œuvre palestinienne devrait passer de 688 000 personnes cette année à plus d’un million d’ici 2010. Le rapport conclut en indiquant qu’"il faut créer 37 000 emplois nouveaux chaque année simplement pour employer les nouveaux arrivants sur le marché du travail avant de commencer à faire baisser le niveau élevé de chômage".

Le rapport note également que la croissance économique, bien qu’indispensable, ne pourra pas à elle seule éviter une crise de l’emploi. Elle ne pourra pas non plus apporter d’avantages tangibles aux exclus de la société, aux groupes vulnérables et défavorisés comme les pauvres ruraux, les femmes et les jeunes. La situation des femmes est particulièrement grave car leur accès à l’emploi et aux possibilités de formation est limité; la proposition de l’OIT cherche à améliorer cette situation par l’entremise de deux projets destinés à promouvoir l’égalité entre les sexes et à fournir des microcrédits et un appui technique aux femmes entrepreneurs.

L’OIT estime qu’un taux de croissance économique global de 8 pour cent au moins par an serait nécessaire pour absorber la croissance attendue de la main-d’œuvre, mais ce chiffre a peu de chance d’être atteint d’après les prévisions actuelles. De plus, l’avenir de l’économie palestinienne reste intimement lié aux progrès du processus de paix. L’OIT appelle l’attention sur le fait que "les niveaux élevés de chômage et de pauvreté et la progression du chômage des jeunes témoignent d’une situation socio-économique très fragile qui ne pourra s’améliorer que si les conditions et l’environnement sont favorables à la croissance de l’économie palestinienne".

Selon l’OIT, à la fin de 1999, le niveau officiel de chômage était de 10 pour cent sur la Rive occidentale et de plus de 16 pour cent dans la bande de Gaza. Mais le sous-emploi est largement répandu, avec la prolifération d’activités non rémunérées ou mal rémunérées dans de petits ateliers ou entreprises familiales. En 1997, le taux de pauvreté était de 15,6 pour cent sur la Rive occidentale et de 38,2 pour cent dans la bande de Gaza; 35 000 familles, représentant 140 000 personnes, reçoivent des allocations régulières du ministère palestinien des Affaires sociales.

Environ 22 pour cent de la main-d’œuvre palestinienne était employée en Israël et dans les colonies israéliennes en 1999. Toutefois, "la menace de fermeture des frontières rend le marché du travail vulnérable aux chocs extrêmes qui peuvent quasiment doubler le taux de chômage, ralentir de manière dramatique la croissance économique et entraîner une baisse significative des revenus et une augmentation du nombre de personnes qui vivent en deçà du seuil de pauvreté".

Le taux de chômage est particulièrement élevé chez les jeunes puisqu’il atteint 27 pour cent chez les jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans et 15 pour cent chez les hommes du même groupe d’âge. Dans la bande de Gaza, le taux de chômage des jeunes représente deux fois celui de la Rive occidentale.

Le rapport a été établi à partir d’une mission d’experts de l’OIT organisée en janvier dernier sur la Rive occidentale et dans la bande de Gaza et qui est parvenue à la conclusion que "les entreprises palestiniennes ont un potentiel de développement considérable". Toutefois, la mission a également noté que la croissance de ces entreprises est entravée par un certain nombre de problèmes:

Les propositions de l’OIT, mises au point conjointement avec le ministère du Travail et en consultation avec les partenaires tripartites de la région, visent à combler ces lacunes en développant une stratégie globale de l’emploi et du développement à l’intention des entreprises de la Rive occidentale et de la bande de Gaza, y compris des programmes de développement des ressources humaines par le biais des réseaux de centres de formation professionnelle. Les efforts en matière d’éducation et de formation concerneront essentiellement des secteurs clés comme la construction, l’hôtellerie et le tourisme, et le développement des coopératives rurales, l’accent étant mis sur les groupes défavorisés, y compris les femmes entrepreneurs.

Les propositions de l’Organisation cherchent à renforcer les établissements du marché du travail avec des services de formation et de conseil dans des domaines comme la sécurité et la santé au travail, la sécurité sociale et les systèmes d’allocations de chômage ainsi que le lancement de projets de lutte contre le travail des enfants, problème qui est devenu manifeste avec la dégradation de la situation économique et sociale générale sur la Rive occidentale et dans la bande de Gaza.

La mission et les propositions de l’OIT ont été lancées à l’initiative du Directeur général de l’Organisation, M. Juan Somavia, dans le but d’améliorer et de développer les activités de coopération technique de l’OIT avec l’Autorité palestinienne. Les conseils et propositions de l’Organisation s’inspirent des droits fondamentaux contenus dans la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail et les normes du travail.

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