Réunion de l'OIT sur l'évolution de l'enseignement

Type Communiqué de presse
Date de parution 7 avril 2000
Référence BIT/00/11
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues English • Español

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Une Réunion paritaire sur la formation permanente au vingt-et-unième siècle, qui se tiendra du 10 au 14 avril 2000 au BIT, portera sur l'évolution des rôles du personnel enseignant et les nouveaux modes d'acquisition des connaissances à l'école et dans la vie professionnelle au XXI e siècle.

D'après le document d'information * préparé en vue de cette réunion, l'évolution constante de la société moderne dans les domaines de la politique, de l'économie, de l'environnement et de la technologie, obligera les individus à se former leur vie durant.

Les auteurs de ce document considèrent que la formation permanente constitue une question de survie et que la nécessité de prévoir une formation qui dure toute la vie active et au-delà deviendra une préoccupation prioritaire des individus, des gouvernements et de la communauté internationale.

Ils font toutefois observer que la formation n'occupe pas encore la place qui lui revient dans les mentalités et que les mesures visant à garantir les moyens et l'infrastructure nécessaires n'en sont encore qu'à leurs balbutiements.

Au niveau de l'école primaire, premier échelon d'une importance primordiale, environ 130 millions d'enfants d'âge scolaire n'ont pas accès à l'instruction élémentaire. Près des deux tiers de ces enfants sont des filles.

Outre les très nombreux enfants qui ne vont pas du tout à l'école, des millions, pour la plupart dans les pays en développement, ne terminent pas le cycle des cinq premières années, qui garantit en principe l'acquisition d'un minimum d'instruction. Qui plus est, près d'un sixième de la population mondiale ne sait ni lire ni écrire.

L'inégalité hommes-femmes en matière d'alphabétisation signifie que sur ce plan (et dans tout l'enseignement de type scolaire, bien entendu) les femmes pauvres sont doublement marginalisées: d'une part parce qu'elles sont pauvres et d'autre part parce qu'elles sont des femmes.

Les délégués représentant les gouvernements, les employeurs du secteur privé et les syndicats d'enseignants, ainsi que les observateurs du secteur non gouvernemental de plus de 50 pays, se pencheront sur les mesures de financement, d'organisation et surtout de dotation en personnel qu'il conviendra de prendre pour tenter de résoudre ces problèmes et faire progressivement de la formation permanente une réalité pour tous dans les Etats Membres de l'OIT. Ils envisageront la création de liens et de partenariats stratégiques entre établissements d'enseignement et de formation et entreprises, et ils réfléchiront au rôle que peuvent jouer les syndicats et les employeurs pour ancrer la notion de formation permanente dans les mentalités.

En ce qui concerne le financement, les auteurs du rapport indiquent que dans beaucoup de pays en développement, la qualité de l'enseignement et de la formation permanente ainsi que les possibilités d'y accéder sont compromis par le fait que les investissements sont inférieurs à 6% du PNB, pourcentage internationalement reconnu comme constituant le strict minimum. L'insuffisance des investissements dans la formation des adultes est depuis longtemps manifeste, celle-ci ne bénéficiant que de 1 à 2% des fonds publics consacrés à l'éducation.

Le rapport traite longuement des changements qu'il faudrait apporter dans la profession, les auteurs considérant que la réforme des systèmes de formation permanente exige une définition claire des profils, des rôles, des responsabilités et des conditions de travail des personnes appelées à enseigner ainsi qu'à administrer et à faire fonctionner ces systèmes.

Selon l'analyse du BIT, la notion qui doit présider à la redéfinition du rôle des enseignants est celle de professionnalisation. Cela signifie que les enseignants soient davantage concernés - sur le plan administratif (professionnel) - par l'élaboration et la réforme des programmes, les méthodes pédagogiques, l'organisation du travail et les résultats de la formation. Pour avoir un corps enseignant vraiment professionnel, il faut davantage d'autonomie dans la prise de décisions, des normes professionnelles et un niveau d'instruction élevés, ainsi qu'une solide formation professionnelle. Il est essentiel que les changements s'appuient sur un système de formation permanente des administrateurs, des éducateurs et du personnel de soutien, auquel ceux-ci participent activement.

Parmi les autres sujets qui seront probablement évoqués durant la réunion figurent la rémunération du travail d'enseignant et l'amélioration de l'école: organisation de l'enseignement et de la formation, horaires, effectifs, assouplissement des emplois du temps et santé et sécurité des enseignants.

La fonction du dialogue social, y compris les mécanismes de consultation, la négociation collective et le règlement des conflits, sera également à l'ordre du jour. Selon le rapport, la généralisation de la négociation fondée sur l'intérêt offre à des partenaires autres que les administrateurs et les syndicats la possibilité de contribuer au changement. Sont également évoqués les rôles des employeurs et des travailleurs dans la promotion de la formation en entreprise ainsi que dans l'organisation et la structuration de la formation permanente.

* La formation permanente au vingt-et-unième siècle: l'évolution des rôles du personnel enseignant , BIT, Genève 2000, ISBN 92-2211995-9. Prix: 20 francs suisses.

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