GENÈVE (Nouvelles du BIT) - La 276 e session du Conseil d'administration du BIT, réuni en commissions à partir de ce lundi, permettra de passer en revue les activités de l'OIT au cours des six derniers mois et d'examiner les options politiques qui s'offrent à elle dans plusieurs domaines, notamment en ce qui concerne l'établissement des prévisions budgétaires stratégiques de l'OIT et les projets de réformes en matière de politique du personnel, au moment où l'Organisation négocie son entrée dans le nouveau millénaire.
L'OIT suit actuellement un processus de restructuration dont l'objet est de mettre l'accent sur quatre priorités stratégiques: promotion et réalisation des principes et droits fondamentaux au travail; création de meilleures opportunités pour les femmes et les hommes afin de leur garantir un revenu et un emploi convenables; amélioration de la protection sociale; renforcement du tripartisme et du dialogue social. La Commission du budget et des finances, qui a déjà approuvé pour l'OIT un budget global de 467.470.000 dollars pour le biennum 2000-2001, analysera les besoins et les allocations budgétaires permettant d'atteindre ces objectifs.
Un processus de réorganisation interne a permis de redéfinir les activités de certains départements et de créer huit programmes focaux (InFocus) afin d'appliquer les priorités stratégiques du budget. Les nouveaux programmes focaux couvrent des questions telles que la sécurité au travail, la promotion des petites et moyennes entreprises, la promotion de la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail , le travail des enfants, la formation, la sécurité sociale, les urgences et le dialogue social.
En ce qui concerne les besoins en personnel de l'OIT, la Commission du programme, du budget et de l'administration du Conseil d'administration examinera diverses propositions visant à remanier les procédures actuelles de l'Organisation en matière de recrutement et de développement des carrières. Ces procédures sont en effet décrites comme étant «à la fois dépassées et inappropriées pour assurer le succès de la mission et de la stratégie de l'OIT.»
Parmi les objectifs de l'initiative politique proposée, figurent le développement de plans de carrières pour tous les fonctionnaires; le recrutement actif de nouveaux fonctionnaires afin d'accroître le réservoir de talents de l'Organisation; l'utilisation de structures plus efficaces pour favoriser la communication interne et la participation du personnel aux décisions affectant les méthodes de travail; ainsi que la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir la diversité des ressources humaines afin d'assurer, en particulier, une représentativité adéquate des deux sexes et des différents pays.
La question du Myanmar sera également débattue, suite à une décision des délégués de la 87 e Conférence internationale du travail d'adopter une résolution sans précédent citant nommément le pays pour ses violations constantes de la convention (n° 29) sur le travail forcé, 1930, et pour son refus de donner suite aux décisions répétées des organes de contrôle visant à mettre un terme au travail forcé - pratique qu'une commission d'enquête de l'OIT a jugé courante au Myanmar.
La résolution décidait que «le gouvernement du Myanmar devrait cesser de bénéficier de la coopération technique ou de l'assistance de l'OIT, sauf s'il s'agit d'une assistance directe pour l'application immédiate des recommandations de la commission d'enquête.»
Le Conseil d'administration envisagera maintenant d'inscrire à l'ordre du jour de la 88 e session de la Conférence internationale du Travail, qui doit se tenir en juin 2000, un point intitulé: «Action recommandée par le Conseil d'administration en vertu de l'article 33 de la Constitution - Mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport de la Commission d'enquête sur le travail forcé au Myanmar (Birmanie)».
L'article 33 de la Constitution de l'OIT stipule que «si un Membre quelconque ne se conforme pas dans le délai prescrit aux recommandations éventuellement contenues … dans le rapport de la Commission d'enquête, … le Conseil d'administration pourra recommander à la Conférence telle mesure qui lui paraîtra opportune pour assurer l'exécution de ces recommandations.»
Le Conseil d'administration discutera aussi les propositions d'ordre du jour pour la 90 e session de la Conférence internationale du Travail de 2002. Le Groupe de travail sur la dimension sociale de la libéralisation du commerce international sera appelé à passer en revue l'ensemble de ses activités. Il devra aussi décider de la meilleure façon de se prononcer à l'avenir sur les questions concernant le travail et l'économie mondiale.
Les diverses commissions du Conseil d'administration examineront des questions telles que la liberté syndicale, les activités et la politique de l'OIT face aux crises économiques et financières et le rôle de l'OIT en matière de coopération technique.
Le Conseil d'administration, qui se compose de 28 membres gouvernementaux * , 14 membres employeurs et 14 membres travailleurs, se réunit trois fois par an. Il fait office de Conseil exécutif de l'OIT et prend les décisions relatives à la mise en œuvre des politiques et programmes de l'Organisation. Parmi les sièges détenus par les gouvernements, 10 sont occupés en permanence par les principaux pays industrialisés. Les sièges restants sont occupés sur une base tournante, compte tenu de la répartition géographique, par des représentants élus des gouvernements, des travailleurs et des employeurs dont le mandat est de trois ans.
A l'issue de sa 274 e session, en mars 1999, le Conseil d'administration du BIT avait réglé un certain nombre de questions techniques en suspens liées au suivi de la Déclaration de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée par la Conférence internationale du travail en 1998. Des demandes d'informations en vue de l'élaboration d'un rapport annuel sur les pays qui n'ont pas ratifié l'une ou plusieurs des sept conventions fondamentales de l'OIT (relatives à la liberté syndicale et au droit de négociation collective, au travail forcé, à la non-discrimination et à l'âge minimum) avaient été envoyées en mars 1999, avec pour date limite de renvoi des réponses le début du mois de novembre 1999. Le Conseil d'administration procédera à un premier examen lors de sa session de mars de l'an 2000.
* Algérie, Allemagne*, Arabie saoudite,
Brésil*, Burkina Faso, Canada, Chine*, Croatie, Etats-Unis*,
Ethiopie, Fédération de Russie*, France*, Ghana,
Guatemala, Inde*, Italie*, Japon*, Malaisie, Namibie, Pérou,
République de Corée, République islamique
d'Iran, Royaume-Uni*, Slovaquie, Suisse, Tchad,
Trinité-et-Tobago, Venezuela.
(*=membres détenant des sièges non électifs
en leur qualité d'Etats ayant l'importance
industrielle la plus considérable).