Le Directeur Général du BIT exhorte les entreprises à «contribuer à l'apport d'une solution» au défi de la mondialisation

Type Communiqué de presse
Date de parution 5 novembre 1999
Référence BIT/99/36
Unité responsable Communication et information au public
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GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), M. Juan Somavia, a exhorté aujourd'hui les chefs d'entreprises à «contribuer à l'apport d'une solution» aux problèmes de la mondialisation en faisant appel à la responsabilité collective pour traiter les questions de justice sociale, de dignité humaine et de droits du travail.

Dans une allocution prononcée devant quelque 600 directeurs de grandes entreprises, d'organisations de travailleurs et de services gouvernementaux, ainsi que des experts économiques participant au second «Forum des entreprises», que le BIT organise les 5 et 6 novembre au siège à Genève, M. Somavia a mis l'accent sur une série de mesures qui, selon lui, sont essentielles si l'on veut éviter les effets néfastes de la mondialisation.

«La mondialisation a été une source de prospérité, mais aussi d'inégalités qui mettent à l'épreuve les limites de la responsabilité sociale collective», a déclaré M. Somavia. «Si nous voulons éviter une réaction brutale contre le processus de mondialisation, nous devons agir de façon concertée.»

Selon le Directeur général du BIT, une telle action consiste notamment à:

  • accorder aux pays défavorisés la possibilité de créer l'environnement et l'infrastructure économiques sans lesquels ils se verront relégués encore plus à l'écart du marché mondial;
  • donner «un visage humain au marché», puisqu'il est de plus en plus largement admis que les marchés n'opèrent pas indépendamment de leurs contextes politique et social; et
  • impliquer «ceux dont l'intérêt dans la mondialisation est le plus immédiat - à savoir les entreprises» pour les amener à «contribuer à l'apport d'une solution en traitant des questions d'équité, de dignité humaine et de droits du travail et en s'assurant que plus personne ne risque d'être laissé à l'écart».

«La pression en faveur du changement se fait déjà sentir», a déclaré M. Somavia. «Le monde des affaires est confronté à des revendications sociales croissantes réclamant que les entreprises adoptent de bonnes pratiques. Par le biais des médias, ces questions influent directement sur la demande des consommateurs et sur la réputation de l'entreprise. Une bonne image sociale collective est un élément de plus en plus déterminant pour le succès d'une entreprise.»

«Au BIT, nous sommes profondément convaincus de la nécessité d'un processus plus exhaustif pour définir les nouvelles règles du marché mondial, afin de garantir un développement équilibré qui permette d'optimiser le potentiel du marché , la justice sociale, la concurrence et l'esprit communautaire», a précisé M. Somavia. «A cet égard, il est urgent d'élaborer un cadre global intégrant les aspects tant économiques que sociaux du développement».

Le Forum doit examiner les différentes dimensions du lien entre compétitivité des entreprises et progrès social, deux notions qui, selon le BIT, non seulement sont compatibles mais se renforcent aussi mutuellement. Il doit également passer en revue les principaux défis auxquels les entreprises sont confrontées au seuil du XXI e siècle, ainsi que les divers moyens dont elles disposent (et qu'elles utilisent parfois déjà) pour contribuer à résoudre les principaux problèmes de développement social.

Outre l'allocution d'ouverture de M. Somavia et la diffusion d'un message enregistré du Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, le Forum doit permettre d'entendre un grand nombre d'intervenants parmi lesquels on peut citer: M. Pascal Couchepin, Ministre des affaires économiques de la Suisse; M. Klaas de Vries, Ministre des affaires sociales et de l'emploi des Pays-Bas; M. Ashraf Tabani, Président, Seri Sugar Mills et de l'Organisation internationale des employeurs; Lord Bill Brett, Président du Groupe des travailleurs du Conseil d'administration du BIT; M. Charles Handy, un des principaux experts en matière de management et de développement social; Mme Angeline Low, une importante chef d'entreprise asiatique et directrice d'un grand groupe comptable multinational; des universitaires de l'INSEAD et du Massachusetts Institute of Technology; M. Risto Pentilla, Directeur du Forum économique mondial; ainsi que des représentants d'entreprises et de groupes tels que ManPower, Motorola, Arthur Andersen, le groupe Danone, South African Breweries (Brasseries sud-africaines), le groupe Tata (Inde) et la Table ronde des industriels européens.

Les trois principaux thèmes du Forum sont les suivants:

• Avantages compétitifs des pratiques axées sur les ressources humaines: Il apparaît de plus en plus clairement que de bonnes pratiques en matière de ressources humaines sont essentielles pour la compétitivité des entreprises et leur survie à long terme. La discussion devrait permettre d'examiner la manière dont quelques-unes des entreprises les plus rentables obtiennent des avantages compétitifs en s'appuyant sur les individus;

• Citoyenneté d'entreprise et initiatives sociales: Les pressions sociales exercées sur les entreprises par le biais de groupements de consommateurs et d'autres groupes d'intérêt poussent un grand nombre d'entre elles à se lancer dans des pratiques d'entreprise citoyenne. Le Forum doit se pencher sur le pourquoi et le comment de plusieurs pratiques de cet ordre et entendre les partenaires sociaux et d'éminents universitaires s'exprimer sur la question;

• Capter le potentiel d'emploi des petites et moyennes entreprises: Près de 80% des nouveaux emplois sont créés dans les petites et moyennes entreprises. Il convient donc d'approfondir un certain nombre de questions précises telles que celle qui consiste à étudier comment des liens mutuellement bénéfiques entre petites et grandes entreprises peuvent contribuer à la création d'emplois et comment de tels liens peuvent être encouragés. Le Forum doit également examiner comment un grand nombre de ces nouvelles entreprises, qui sont créées par des femmes et des jeunes gens, pourraient être soutenues.

«Parmi tous les défis auxquels nous sommes confrontés, aucun n'est plus important que la nécessité de fournir partout un emploi productif et décent aux femmes et aux hommes», a déclaré M. Somavia. «Une chose est certaine: les entreprises de toutes tailles apparaissent de plus en plus comme des institutions parmi les plus influentes de la planète et joueront un rôle majeur dans toute stratégie réaliste visant à relever les défis liés à la création d'emplois décents pour demain.»

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