Son Excellence M. Rafael Caldera, Président de la République du Venezuela, s'adresse à la Conférence internationale du Travail

Type Communiqué de presse
Date de parution 9 juin 1998
Référence BIT/98/25
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues English • Español

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - S'adressant aujourd'hui à la Conférence au cours d'une séance spéciale, le Président de la République du Venezuela, M. Rafael Caldera, a déclaré que la mondialisation et l'économie de marché sont inévitables et qu'elles peuvent avoir des effets positifs, mais que certains éléments de la mondialisation sont à examiner avec soin car ils comportent des risques pour l'humanité.

«A l'heure de la mondialisation, la lutte pour la justice sociale doit être internationale: la mondialisation ne doit pas engendrer l'injustice mais doit contribuer à renforcer la paix dans le monde.»

Reprenant les termes de la Déclaration de Philadelphie, adoptée en 1944, le Président a dit que la pauvreté, où qu'elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous et pour la paix. «Ce principe n'a rien perdu de sa valeur aujourd'hui.»

«Il n'y a pas lieu, a indiqué le Président, de discuter de la mondialisation, d'être pour ou d'être contre. La mondialisation est une réalité.» Mais «le monde ne pourra résoudre le problème urgent de la pauvreté qu'en s'appuyant sur la justice sociale.»

M. Caldera a indiqué que le marché joue un rôle important dans les relations entre individus, mais qu'il ne peut pas tout régler.

«Il y a une chose en particulier qu'il ne peut pas régler: c'est la répartition injuste de la richesse. Nous vivons dans un monde où deux mots ont la vedette: la productivité et la concurrence. Toutefois, ces deux notions ne sauraient régir les relations sociales. Si nous ne pensons qu'en termes de concurrence, les conséquences sociales seront très graves.»

Aujourd'hui, la mondialisation en est arrivée à un point où même la législation du travail est considérée avec une certaine hostilité par beaucoup qui remettent en question le principe fondamental des relations sociales, à savoir la liberté pour les partenaires sociaux de négocier collectivement.

Le Président a déclaré que, dans un tel contexte, il est vital que l'OIT «se pose en défenseur des droits des travailleurs afin de garantir que les relations sociales se fondent sur le principe de la justice».

«Nous savons tous aujourd'hui que le chômage engendre la pauvreté et c'est pourquoi nous devons promouvoir non seulement les droits des travailleurs mais le droit au travail.»

M. Caldera s'est félicité de l'élection récente de son compatriote d'Amérique latine, M. Juan Somavía, du Chili, qui succédera à M. Michel Hansenne au poste de Directeur général du BIT, en mars 1999. L'élection d'un ressortissant d'un pays en développement à la tête de l'Organisation internationale du Travail est une évolution positive, a-t-il déclaré.

«Nous avons foi en l'OIT et en sa capacité de défendre les droits des travailleurs. Nous soutenons son combat pour améliorer les conditions sociales partout dans le monde.»

Se référant à la principale question inscrite à l'ordre du jour de la Conférence, il a déclaré: «Il est juste de préconiser une déclaration de principes relative aux droits fondamentaux des travailleurs.» Sous un tonnerre d'applaudissements, il a ajouté: «Je tiens à dire sans ambages que cette déclaration de principes, cette réaffirmation des droits des travailleurs, ne saurait être invoquée par les milieux protectionnistes qui chercheraient à profiter des difficultés que connaissent certains pays pour contourner les règles de la concurrence loyale.»

M. Rafael Caldera a assumé les fonctions de Président de la République du Venezuela une première fois de 1969 à 1974. Il a été réélu en 1994 pour cinq ans. De 1979 à 1982, il a présidé le Conseil de l'Union interparlementaire.

A ce jour, 3 469 délégués de 156 Etats Membres de l'OIT - qui en compte au total 174 - ont été accrédités pour participer à la 86 e session de la Conférence internationale du Travail, qui conclura ses travaux le jeudi 18 juin.

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