Ouverture de la 86 e session de la Conférence internationale du Travail

Type Communiqué de presse
Date de parution 2 juin 1998
Référence BIT/98/24
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues English • Español

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Alors que de multiples voix s'élèvent pour réclamer l'abolition du travail des enfants et le respect des droits fondamentaux de l'homme au travail, la 86 e session de la Conférence internationale du Travail a commencé aujourd'hui à Genève, en présence de centaines de participants de la Marche mondiale qui, après avoir traversé plus de cent pays cette année, parvenaient ainsi à leur destination finale.

Chantant des slogans et agitant des banderoles, les marcheurs ont pénétré dans la Salle des Assemblées du Palais des Nations, où ils ont été ovationnés par les délégués représentant les gouvernements, les employeurs et les travailleurs des 174  Etats Membres de l'OIT.

Ils avaient été reçus auparavant au siège de l'OIT par le Directeur général, M. Michel Hansenne, qui leur a dit: «Vous êtes loin de chez vous, mais considérez-vous ici comme chez vous. Nous allons mettre en place des outils utiles à tous ceux qui veulent atteindre l'objectif de l'élimination du travail des enfants.»

L'une des principales questions à l'ordre du jour de la Conférence est la discussion, en première lecture, d'une nouvelle norme internationale du travail qui vise l'abolition des formes extrêmes de travail des enfants. Le BIT estime à plus de 250 millions le nombre d'enfants de 5 à 14 ans qui travaillent, pour beaucoup d'entre eux à des activités qui nuisent à leur développement physique, moral et mental et ruinent leur avenir. Les formes extrêmes d'exploitation des enfants que la norme proposée vise à abolir sont les travaux harassants dans les mines et les carrières, la pornographie et la prostitution, le travail forcé ou en servitude, et tout autre type d'activité périlleuse, par exemple l'utilisation de produits chimiques et de matériel dangereux.

S'adressant aux délégués, l'un des principaux organisateurs de la Marche mondiale, M. Kailash Satyarthi, a dit que le travail des enfants est «une tare indigne de l'humanité, qui ne saurait être tolérée».

Lors de la séance d'ouverture, les délégués ont élu M. Jean-Jacques Oechslin Président de la Conférence. Celui-ci a déclaré aux délégués et aux participants à la Marche mondiale que «l'OIT a été créée pour lutter contre les conditions de travail inhumaines. La protection des enfants est l'une des tâches qui lui sont assignées par sa Constitution. Il est donc normal que vous nous rejoigniez dans notre combat contre l'exploitation de leur travail. Nous avons entendu votre message.»

Après son élection, M. Oechslin a indiqué que «cette Conférence sera placée sous le signe de la protection des enfants astreints au travail. Les enfants sont la partie la plus vulnérable de nos sociétés et nous ne pouvons tolérer, sous quelque prétexte que ce soit, leur exploitation.»

«Cela répond à une exigence morale évidente pour chacun d'entre nous. Mais nous ne pouvons pas non plus oublier que le travail des enfants représente aussi un effroyable gaspillage de ressources humaines. Les enfants sont porteurs de l'espoir de nos sociétés s'ils peuvent être éduqués et formés, car ce sont les hommes qui sont la véritable richesse des nations.»

Ont été élus aux postes de Vice-présidents de la Conférence M. Mimuni, ministre de l'Emploi et des Affaires sociales, Ghana, pour le groupe gouvernemental, M. Anand, Inde, pour le groupe des employeurs, et M. Itoh, Japon, pour le groupe des travailleurs.

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