GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Les ministres du Travail des 13 pays candidats à l'Union européenne, dont 10 y accéderont le 1 mai 2004, se retrouveront en marge de la Conférence internationale du Travail pour discuter de la réforme de leurs systèmes de retraite.
Leurs discussions prendront pour base une étude du Bureau international du Travail (BIT) (Note 1) qui fait le point des modifications apportées à leurs régimes de sécurité sociale depuis le milieu des années 90.
Un point de presse est prévu mardi 10 juin, à 14 heures, en Salle de presse n I du Palais des Nations, avec la participation de M. Murat Basesgioglu, ministre du Travail et de la Sécurité sociale de Turquie, qui présidera la réunion, un expert du BIT et auteur de l'étude Elaine Fultz, et le chef du Service Politiques et Développement de la sécurité sociale du BIT, Emmanuel Reynaud.
Selon l'étude, la controverse public-privé sur le partage des risques et des avantages financiers dans les systèmes de retraite est d'une particulière actualité dans les pays candidats à l'accession. En faisant le tour des pays, on relève deux tendances générales qui sont au cœur de la controverse.
Dans le premier camp, la tendance est favorable à une réduction du rôle de la puissance publique et du système par répartition, et à l'introduction parallèle de régimes de cotisation individuelle gérés commercialement (Hongrie, Pologne, Bulgarie, Lituanie et Estonie). Cette formule fait supporter les risques, jusque-là partagés par les travailleurs, les employeurs et les gouvernements, par les seuls travailleurs.
Dans le second, qui groupe la République tchèque, la Slovénie, la Turquie et la Roumanie, l'idée est de combiner un ajustement des systèmes de retraite publics avec des régimes complémentaires et volontaires.
Dans la première démarche, les coûts financiers de la période de transition sont importants. Selon l'étude, le fardeau fiscal sera lourd pendant plusieurs décennies, de l'ordre de 0,5 à 2,5 pour cent du produit national brut par an. Couvrir ces frais pose des problèmes particuliers dans les pays candidats à l'accession, dans la mesure où la plupart d'entre eux sont soumis à des contraintes politiques qui leur interdisent d'augmenter les contributions aux régimes de sécurité sociale. Dans certains pays, ces coûts sont financés par une réduction des retraites de l'Etat, ce qui aura pour effet de pénaliser une génération de travailleurs, bien plus mal lotis sous un système par répartition amendé, estime le rapport.
Dans l'examen des diverses options, il est nécessaire que les gouvernements associent à leurs délibérations leurs partenaires sociaux et tous ceux qui ont un intérêt dans l'avenir du système des retraites. Les pays ne pourront trouver la juste combinaison de solutions que par le dialogue social, souligne le rapport.
Note 1 - S'affranchir de la pauvreté par le travail, Rapport du Directeur général, Conférence internationale du Travail, 91 session 2003, Bureau international du Travail, Genève. ISBN 92-2-212870-2. Prix: 20 francs suisses.