«Le cours actuel de la mondialisation doit changer» a-t-elle dit. «La situation présente n'est ni morale, ni politiquement réalisable. Trop peu sont ceux qui en reçoivent les bénéfices. Trop nombreux sont ceux qui n'ont pas la parole pour ce qui est de sa conception et qui n'ont aucune influence quant à sa réalisation.»
«Afin de faire en sorte que la mondialisation soit une force positive, il est important que les règles la régissant soient justes», a encore affirmé la Présidente finlandaise. «Nous avons aujourd'hui une économie mondialisée, mais nous n'avons pas de société mondialisée. La gouvernance et les règles font manifestement défaut en arrière-plan des développements économiques.»
La Présidente Halonen a identifié «un rôle crucial pour l'OIT pour promouvoir et garantir une situation dans laquelle les droits fondamentaux du travail sont effectivement respectés partout dans le monde, sans exception».
Violations des droits au travail
A la suite d'une plainte présentée par les délégués des travailleurs lors de la Conférence internationale du Travail de juin 2003 en vertu de l'article 26 de la Constitution de l'Organisation internationale du Travail contre le gouvernement du Bélarus pour l'inexécution des conventions nos 87 et 98, le Conseil d'administration a décidé de nommer une commission d'enquête spéciale afin d'examiner les violations portant atteinte aux droits syndicaux dans ce pays.
En faisant cela, le Conseil d'administration a suivi la recommandation de son Comité de la liberté syndicale. Pour la septième fois, le Comité a constaté dans son rapport que la liberté et l'indépendance du mouvement syndical continuaient de faire l'objet de graves attaques au Bélarus.
La procédure prévue par l'article 26 a été évoquée en de nombreuses occasions quand les violations persistaient et qu'aucune suite n'était donnée aux décisions des organes de contrôle de l'OIT. Elle a été jusqu'ici utilisée à dix reprises.
Le Conseil d'administration a par ailleurs discuté l'état actuel des négociations entre le Myanmar et le BIT sur l'action à mener pour éliminer le travail forcé dans ce pays. Un plan d'action conjoint a été accepté en mai dernier, mais sa mise en œuvre a été retardée du fait de la situation instable du pays. Ce plan d'action prévoit l'établissement d'un Facilitateur: celui-ci serait à la disposition des victimes possibles du travail forcé à la recherche de solution.
Les employeurs, travailleurs et gouvernements ont exprimé leur grave préoccupation concernant l'absence de progrès réels dans l'élimination du travail forcé. La proposition a été faite d'avoir recours aux mesures spéciales décidées par la Conférence de l'Organisation internationale du Travail en 2000 afin d'assurer l'exécution par le Myanmar de la convention (no 29) sur le travail forcé. Cependant, le Conseil d'administration a décidé de demander que l'OIT fasse une évaluation urgente de la situation au Myanmar pour ce qui concerne les perspectives de mise en œuvre du Plan d'action conjoint.
Un rapport sera rendu au Conseil d'administration en mars 2004 qui décidera alors de la marche à suivre.
Un nouveau Recueil de directives pratiques sur la violence au travail dans le secteur des services
Face à la violence au travail qui représente une menace pour la productivité et le travail décent, le Conseil d'administration a adopté un nouveau «Recueil de directives pratiques sur la violence au travail dans le secteur des services» 1.
Cette initiative répond aux besoins de millions de travailleurs qui sont potentiellement affectés par la violence dans le secteur des services à la fois dans les pays industrialisés et ceux en développement, dans le secteur public ou privé. Le Recueil donnera des pistes pour mettre en place et développer des réponses pratiques à la violence au travail, promouvoir le dialogue, la consultation et la négociation parmi les gouvernements, les employeurs et les travailleurs et élaborer des lois nationales, des lignes politiques et des programmes d'action.
Le Recueil a été discuté à l'OIT à Genève du 8 au 15 octobre par 36 experts représentant les gouvernements, les employeurs et les travailleurs. Le Recueil sera distribué largement par l'OIT, et les activités de dialogue social seront encouragées pour mettre le Recueil en pratique dans le monde entier.
Les recueils de directives de l'OIT ne sont pas faits pour remplacer les lois nationales ou les réglementations ou les normes en vigueur. Ils donnent une base de mesures de prévention et de protection.
1 Recueil de directives pratiques sur la violence au travail dans le secteur des services et les mesures pour combattre le phénomène. Réunion d'expert chargée de mettre au point un recueil de directives pratiques sur la violence et le stress au travail dans le secteur des services en tant que menace pour la productivité et le travail décent (8-15 octobre 2003), Organisation Internationale du Travail, Genève, 2003.