Selon l'OIT, le nombre d'emplois dans l'industrie chimique est en forte augmentation en Extrême-Orient

Type Communiqué de presse
Date de parution 24 octobre 2003
Référence BIT/03/44
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues Español • English

GENEVE (Nouvelles du BIT) - Selon un nouveau rapport * du Bureau international du Travail (BIT), l'emploi dans l'industrie chimique a plus que doublé pendant les deux dernières décennies en Extrème-Orient alors que, dans la mème période, le nombre d'emplois dans ce secteur a progressivement diminué dans la plupart des régions du monde.

Après avoir connu un pic en 1994, l'emploi au niveau mondial dans l'industrie chimique est passé d'un peu plus de 9 millions d'employés à environ 7,9 millions en 1997. Paradoxalement, dans les vingt dernières années, l'emploi a progressé dans la plupart des pays d'Extrème-Orient, passant de 2,4 millions en 1980 à 6,1 millions de personnes travaillant dans ce secteur en 1995. La Chine a meme plus que doublé l'emploi dans l'industrie chimique depuis deux décennies, passant de 1,8 million d'employés en 1980 à environ 5,4 millions en 1999.

En Europe, l'emploi a diminué d'un nombre record de 1,9 million d'employés en 1992 à 1,2 million en 1997. La situation de l'emploi est particulièrement morose en Europe Centrale et en Europe de l'Est, ou l'emploi dans l'industrie chimique a chuté de 29 pour cent, et jusqu'B 50 pour cent dans des pays comme l'Albanie, la Croatie, la Macédoine, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie.

Le rapport du BIT sera discuté pendant la réunion tripartite qui se tiendra à Genève du 27 au 30 octobre. Cette réunion se penchera en particulier sur des sujets comme la sécurité au travail dans le secteur de la chimie, la flexibilité au travail, l'augmentation de la participation des femmes au marché du travail, la formation et le développement des compétences, le stress et la fatigue, et les relations entre les industries chimiques.

Ce qui a affecté l'emploi dans l'industrie chimique, ce sont les fusions et les acquisitions, les gains de productivité, la surproduction, la privation et l'innovation technologique, d'après le rapport. Dans les seules 20 plus grandes entreprises chimiques, plus de 43 000 emplois ont été perdus entre septembre 2000 et aout 2001 du fait de fusions et d'acquisitions.

L'industrie chimique européenne a évolué vers des produits spécialisés à rentabilité et productivité accrues. Cela a permis au coft de main-d'Éuvre par unité produite de rester relativement stable, alors que le coft de main-d'Éuvre par employé a augmenté d'environ 50 pour cent pendant la dernière décennie.

Le vieillissement de la main-d'Éuvre est préoccupant, et certaines entreprises ont des difficultés à transmettre leurs compétences à des employés plus jeunes. Aux Etats-Unis, l'âge moyen des employés a augmenté de 41,3 ans en 1990 à 45,1 ans en 2002. Au Japon, le nombre d'employés au-dessus de 50 ans est passé de 12,8 pour cent en 1984 à 21,7 pour cent en 1994.

A l'exception des pays en transition, un grand nombre d'employés dans l'industrie chimique a bénéficié d'une augmentation du salaire brut ces dernières années. Souvent, ils gagnent meme plus que leurs collègues dans d'autres industries, du fait des exigences plus élevées de formation. Le salaire des chimistes et des ingénieurs chimiques a augmenté de façon régulière pendant les dix dernières années.

Environ 93 pour cent des employés syndicalisés, dans les 42 pays les plus importants dans la production chimique, travaillent moins de 40 heures par semaine. En général, les travailleurs d'Afrique, d'Amérique latine et dans les pays en transition travaillent plus que leurs collègues d'Europe. En 2000, le nombre moyen d'heures travaillées par an était de 2040,8. Au Danemark, ce nombre était le plus faible, avec 1665 heures travaillées par an, alors que le nombre le plus élevé était constaté en Thailande avec 2808 heures travaillées par an.

Cette réunion est sensée adopter des conclusions contenant notamment des propositions d'action pour les gouvernements, pour les organisations d'employeurs et de travailleurs, et pour l'Organisation internationale du Travail.

* Les meilleures pratiques de flexibilité du travail et leur incidence sur la qualité de la vie professionnelle dans les industries chimiques. Rapport soumis aux fins de discussion B la Réunion tripartite sur les meilleures pratiques de flexibilité du travail et leur incidence sur la qualité de la vie professionnelle dans les industries chimiques, Bureau international du Travail, Genève, 2003. ISBN 92-2-214140-7. Prix: 20 francs suisses.

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