La Conférence de l'OIT se mobilise pour améliorer la sécurité et les conditions de travail du secteur de la pêche

Type Communiqué de presse
Date de parution 15 juin 2004
Référence BIT/04/30
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues Español • English

La Commission de l'OIT sur le travail dans le secteur de la pêche a conclu aujourd'hui les discussions préliminaires destinées à mettre en place de nouveaux instruments juridiques internationaux modifiant les normes existantes de l'OIT (5 conventions et 2 recommandations - Note 1) adoptées entre 1920 et 1966.

"Il est important qu'aucun pêcheur n'échappe à la protection garantie par la convention", a déclaré, le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), M. Juan Somavia. "Les 35 millions de pêcheurs dans le monde sont pour la plupart exclus actuellement de la couverture sociale par les normes de travail en vigueur. Nous nous mobilisons aujourd'hui pour que leurs conditions de travail leur permettent de continuer à gagner leur vie de manière décente et en sécurité."

Une fois adoptées, après de nouvelles discussions l'année prochaine, les nouvelles normes devraient refléter les changements opérés dans le secteur de la pêche durant les dix dernières années et marqués notamment par une augmentation croissante de la consommation de poisson, source de protéine. Le secteur de la pêche contribue à hauteur de 50 milliards de dollars par an au niveau du commerce international des produits issus de la pêche.

Les nouvelles normes de travail qui sont actuellement à l'étude étendraient la couverture des normes de l'OIT à plus de 90 pour cent des pêcheurs du monde entier. Actuellement, les conventions existantes ne couvrent qu'à peine 10 pour cent de ceux travaillant dans le secteur.

Les nouvelles normes devraient fournir une vaste couverture sociale à tous ceux qui travaillent dans le secteur de la pêche, y compris les indépendants et ceux payés sur la base du partage des prises; elles devraient avoir la flexibilité d'assurer une ratification et une application à grande échelle; elles devraient comprendre de nouvelles garanties quant à la sécurité et à la santé afin de réduire le niveau élevé d'accidents signalés précédemment dans les rapports de l'OIT. Les normes devraient également comprendre de nouvelles garanties sur la conformité et l'entrée en vigueur des normes, le renforcement du rôle des pavillons de complaisance et des ports d'attache.

Selon l'OIT, quelque 35 millions de personnes travaillent dans les activités de pêche et de production d'aquaculture dans le monde. La vaste majorité d'entre eux vit dans les pays en développement (83 pour cent en Asie, 9 pour cent en Afrique et 2,5 pour cent en Amérique du Sud). Le reste dans les pays développés qui exportent du poisson: l'Amérique du Nord, l'Europe et l'exUnion soviétique.

La flotte mondiale de pêche comprend 1,3 million de barques de pêcheurs et 2,8 millions d'embarcations - la plupart dans les pays en développement - avec un secteur de pêche à petite échelle qui fournit près de 45 pour cent des prises totales au niveau mondial ( Note 2).

Selon les données de l'OIT, la pêche et les activités qui en découlent sont parmi les plus dangereuses de tous les types de travaux. Dans certains pays, le taux d'accidents mortels pour les personnes travaillant dans le secteur de la pêche est plus élevé que ceux constatés pour les pompiers et la police, avec des taux d'accidents mortels pouvant dépasser plusieurs fois la moyenne nationale. Bien qu'il n'y ait pas de chiffres globaux pour le nombre d'accidents dans ce secteur, les taux d'accidents mortels varient dans plusieurs pays entre 150 et 180 pour 100 000 travailleurs.

La sécurité au travail et les conditions de travail dans le secteur sont des questions essentielles puisque la pêche, y compris de crustacés, demeure une source essentielle de nourriture pour de nombreux pays. La consommation de poissons, en pourcentage de la consommation totale en protéine animalière, varie de 6 pour cent dans certains pays à 30 pour cent dans d'autres. La production et la consommation continuent à augmenter - comme l'emploi dans le secteur - principalement en raison d'une demande croissante en poissons et en autres fruits de mer dans les pays plus riches.

De nouvelles normes dans ce domaine devraient prendre en considération les difficiles conditions de travail dans le secteur en général, les pêcheurs travaillant sur de plus petits navires sur les eaux côtières et ceux travaillant sur de plus grands navires opérant pour de plus longues périodes en mer. Le rapport final de la Commission sera présenté mercredi 16 juin en session plénière de l'OIT lors de la 92e Conférence internationale du Travail de l'OIT pour une adoption formelle.


Note 1

Note 2 - Selon la FAO, les principaux pays exportateurs pour l'année 2000 étaient la Thaïlande, la Chine, la Norvège, les Etats-Unis, le Canada, le Danemark, le Chili, Taiwan (Chine), l'Espagne, l'Indonésie, le Viet Nam et l'Inde. Les principaux pays importateurs étaient le Japon, les Etats-Unis, l'Espagne, la France, l'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni, Hong Kong (Chine), le Danemark, la Chine, le Canada et la République de Corée.

^ top