Le Président du gouvernement espagnol, lors de la 92e session de la Conférence internationale du Travail, lance un appel pour un «processus de mondialisation avec une dimension sociale»

Type Communiqué de presse
Date de parution 9 juin 2004
Référence BIT/04/29
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues Español • English

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Au cours de sa première allocution prononcée devant une organisation des Nations Unies en tant que chef du gouvernement espagnol, M. José Luis Rodríguez Zapatero, a, aujourd'hui, insisté sur l'importance de "conférer une dimension sociale à la mondialisation" et d'établir le travail décent comme un objectif universel.

Devant les délégués des gouvernements, des employeurs et des travailleurs venus des Etats membres de l'Organisation internationale du Travail (OIT), M. Zapatero a déclaré: "Notre potentiel pour le futur est immense. Néanmoins, la comparaison entre les réalités d'aujourd'hui donne des résultats honteux: des pays immensément riches et d'autres qui sont pratiquement des mendiants."

"Mes réflexions sur la mondialisation de l'économie et ses conséquences sociales sont basées sur la supposition que le travail décent doit devenir un objectif mondial et non seulement un objectif de l'OIT", a-t-il ajouté.

Exprimant ses préoccupations "liées aux effets sociaux de la mondialisation et, plus généralement, à la gouvernance internationale", M. Zapatero a affirmé qu'une session spéciale de la 92e Conférence internationale du Travail offrait une solide plate-forme pour un débat mondial sur "des idées très utiles pour une réflexion stratégique" contenue dans le récent rapport de la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation lancé plus tôt dans l'année.

Evoquant le rapport de la Commission mondiale créée par l'OIT pour examiner systématiquement les aspects sociaux de la mondialisation, M. Zapatero a également mis l'accent sur le besoin de renforcer la bonne gouvernance en ajoutant que celle-ci serait une "question importante du débat international pour les années à venir".

Il a également relevé le manque préoccupant d'équité dans "les réglementations internationales clés régissant le commerce et la finance" qui affectent, de manière inégale, les différents pays. "La plupart du temps, on accordait une attention au bon fonctionnement des marchés mais pas assez d'attention n'était dévolue à l'effet de la mondialisation sur les individus, les familles et les communautés locales ou sur les possibilités et les risques qu'elle comporte pour la promotion de l'égalité des genres".

Le Président du gouvernement espagnol a évoqué la Déclaration de l'OIT sur les principes fondamentaux et les droits sur le lieu du travail, adoptée en 1998, en précisant que "la liberté d'association, l'abolition du travail forcé et du travail des enfants, la non-discrimination étaient les clés pour comprendre qu'il était impossible à un Etat de participer à l'économie mondiale dans des conditions économiques et sociales qui ne soient pas basées sur l'application de principes universellement reconnus".

"Si l'Europe comprend que mettre en œuvre des règles sociales dans le cadre de la mondialisation est non seulement compatible avec cette dernière mais également nécessaire, l'OIT, en tant qu'institution, est une référence qui ne peut être contournée", a-t-il ajouté.

"Le futur de l'OIT et son rôle dans le nouvel ordre mondial qui donne du poids à la dimension sociale de la mondialisation est un élément clé dans ma vision politique des affaires internationales", a souligné le dirigeant espagnol.

Par ailleurs, M. Zapatero a demandé aux participants à la session spéciale leur soutien et leur solidarité en faveur des victimes des attentats à la bombe du 11 mars 2004 à Madrid, qui, selon lui, "ont vu leur vie s'interrompre brutalement". Il a également présenté son "soutien et sa solidarité à tous ceux qui souffrent de violence, de la misère et de la guerre, particulièrement aux citoyens de l'Irak".

Il a conclu en rappelant le slogan dans le bâtiment d'origine de l'OIT, aujourd'hui occupé par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui dit: "Si vous voulez la paix, cultivez la justice".

Le Directeur général de l'OIT, M. Juan Somavia, a accueilli M. Zapatero comme un "représentant d'une génération du peuple espagnol ayant grandi et étudié en liberté tout en ayant eu la démocratie comme langue maternelle". Il a déclaré que M. Zapatero était un "dirigeant de l'Europe ayant la ferme volonté de réussir la transition sur la route de la mondialisation".

"Mais, c'est aussi une Europe qui, au milieu de sa propre construction, ne devrait pas oublier qu'il existe d'autres mondes ayant eu moins de chance et qui ont besoin de sa solidarité et de son soutien pour aller de l'avant", a déclaré le Directeur général en rappelant "qu'au sein de l'OIT, nous sommes en train de jeter les bases de ce qui pourrait être un large consensus mondial pour parvenir à une mondialisation juste qui crée des opportunités et un travail décent pour tous".

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