GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Avec un mélange de rap et de petits moulins à vent, symbole de la journée, de marches ou encore de discours solennels, beaucoup d'organisations y compris des groupes d'enfants célébreront le 12 juin la Journée mondiale contre le travail des enfants. Cette année, l'accent sera mis sur les efforts déployés pour l'élimination du travail domestique des enfants.
Assumant de longues heures de travail, sous-payés, privés d'éducation et de développement personnel, les enfants victimes des formes éreintantes du travail domestique seront au cœur des campagnes de sensibilisation de cette année.
L'OIT a lancé en 2002 cette journée mondiale pour rendre plus visible ce problème et renforcer le mouvement général pour l'élimination du travail des enfants, en particulier dans ses pires formes.
Le nouveau rapport intitulé "Coup de main ou vie brisée: Comprendre le travail domestique des enfants pour mieux intervenir" ( Note 1) sera lancé le 10 juin lors d'un point presse à 14 heures en salle III au Palais des Nations. Le rapport sera disponible en ligne à 10 heures GMT le 9 juin, sous embargo pour publication le 11 juin.
Une table ronde se tiendra sur le sujet du Travail domestique des enfants au Palais des Nations à Genève, dans le cadre de la Conférence internationale du Travail, le 11 juin à 11h30, salle XVIII au Palais. Les journalistes sont invités à y assister.
En dehors de Genève, partout dans le monde, auront lieu de multiples événements, des discussions, des manifestations pour prévenir ou arrêter le travail domestique des enfants. Au Niger, par exemple, des enfants ont prévu de donner un spectacle de musique rap. Au Brésil, une "marche du moulinet" sera organisée: le petit moulin à vent, symbole de la journée, passera de main en main, d'une région à l'autre pour finalement rejoindre la capitale. A l'occasion de la Journée mondiale, une grande campagne de mobilisation sera lancée au Brésil afin de changer la perception du problème par le grand public. (Pour plus d'information, contacter localement le bureau de l'OIT ou le programme IPEC).
Le travail domestique des enfants se réfère à des situations dans lesquelles les enfants sont engagés pour accomplir des tâches domestiques au domicile d'un tiers ou d'un employeur. Travaillant chez un privé, la grande majorité des enfants est victime d'exploitation et d'abus.
Une barrière d'acceptation entoure cette pratique considérée souvent comme la moins pire des solutions pour les familles pauvres. La nouvelle étude du BIT recommande une action réalisable et réaliste pour aider ces enfants.
"Il est vital que le travail domestique des enfants, si souvent négligé du fait qu'il se déroule derrière des portes closes, retienne l'attention" déclare Dr June Kane, auteur du rapport. "Ces enfants ne sont pas seulement de petites mains à tout faire: ils sont bien embauchés sur un lieu de travail, même s'il s'agit de la maison de quelqu'un d'autre".
Il est difficile de savoir combien d'enfants, sur plus de 200 millions d'enfants qui travaillent, le sont à des tâches domestiques. Selon les résultats de la recherche du BIT, il semble que la majorité des filles de moins de 16 ans qui travaillent le sont à des travaux domestiques.
Grâce à son Programme d'action spéciale, le Programme international pour l'élimination du travail des enfants (IPEC), en concertation avec les gouvernements, les organisations d'employeurs, de travailleurs et de la société civile, est présent dans un nombre croissant de pays pour trouver des moyens de combattre cette forme invisible du travail des enfants. "Nous apportons une aide technique, précise le Directeur d'IPEC, Frans Roselaers, afin d'ouvrir les portes closes derrière lesquelles travaillent ces enfants qui ont tant besoin de notre soutien."
Note 1 - "Coup de main ou vie brisée? Comprendre le travail domestique des enfants pour mieux intervenir", Bureau international du Travail, 2004, ISBN 92-2-215747-8. Pour obtenir une copie, consultez le site www.org/childlabour ou contactez communication@ilo.org.