Le Président nigérian à la Conférence de l'OIT Travail décent et annulation de la dette sont nécessaires pour bâtir une "nouvelle Afrique"

Type Communiqué de presse
Date de parution 10 juin 2005
Référence BIT/05/30
Unité responsable Communication et information au public
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GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Notant que la création d'emplois était devenue "un objectif explicite et central" des politiques sociales et économiques de l'Afrique, le Président nigérian Olusegun Obasanjo a exhorté aujourd'hui les partenaires au développement à se joindre au continent pour faire de l'Agenda du travail décent de l'Organisation internationale du Travail (OIT) un objectif mondial.

"Il serait également souhaitable pour le Sommet du Millenium + 5 de suivre l'exemple de l'Union africaine et de sérieusement considérer de faire du travail décent un objectif mondial", a déclaré M. Obasanjo, également Président en exercice de l'Union africaine. "Il est entendu que les emplois que nous nous attelons à créer doivent avoir un sens et rendre la dignité s'ils veulent avoir l'effet escompté. C'est là que l'Agenda du travail décent de l'OIT devient pertinent", a-t-il ajouté.

Les responsables de l'Union africaine (UA) ont entériné les recommandations de la Commission sur la dimension sociale de la mondialisation afin de faire du travail décent un but mondial.

Dans son allocution de bienvenue, le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a déclaré: "M. le Président, vous êtes le fer de lance de ce qui est la plus grande exigence des gens - non seulement en Afrique mais à travers le monde - la possibilité d'avoir une chance équitable d'obtenir un travail décent".

Le Président de la République du Nigéria a également lancé un appel appuyé pour l'annulation de la dette des pays à faibles revenus en affirmant: "Nous sommes déterminés à apporter des réformes et à construire de nouvelles voies vers la croissance et le développement. Mais sans allègement de la dette, cela n'est pas possible".

"J'exhorte nos partenaires du développement à établir un calendrier de travail définitif afin d'augmenter l'Aide publique au développement de 0,7 pour cent du PIB, et aussi de prendre en compte les différentes propositions novatrices qui ont été faites à cet égard", a-t-il souligné.

"Même si l'allègement de la dette aura l'effet de libérer des ressources dont le développement a tant besoin, cela ne donnera pas les moyens financiers suffisants pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement", a-t-il insisté devant quelque 3 000 représentants des gouvernements, employeurs et travailleurs.

"Seules une annulation et une réduction significatives de la dette permettront un développement durable et significatif dans ces nations", a indiqué M. Obasanjo.

Lors du Sommet extraordinaire de l'Union africaine sur l'emploi et la réduction de la pauvreté de septembre 2004, les chefs d'Etat et de gouvernement ont reconnu "la création d'emplois comme un objectif explicite et central de nos politiques économiques et sociales à tous les niveaux". "Cet objectif devrait également être introduit parmi les indicateurs du Mécanisme d'évaluation par les pairs de l'initiative du NEPAD", a estimé le Président Obasanjo.

S'agissant des Objectifs du millénaire pour le développement et des perspectives d'avenir pour l'Afrique, il a ajouté: "la Commission pour l'Afrique (…) a publié son rapport sur ce qui devrait être fait pour lutter contre la pauvreté en Afrique, et j'espère que le Premier ministre Tony Blair soulèvera les recommandations mentionnées dans ce rapport lors des discussions du Sommet du G8 qui aura lieu le mois prochain en Écosse."

Le rapport de la Commission pour l'Afrique recommande "100 pour cent d'annulation de la dette" pour les pays à faibles niveaux de revenus.

Selon Olusegun Obasanjo, "ce qu'il faut maintenant, c'est la volonté politique d'aller de l'avant pour tout mettre en œuvre".

"Les dirigeants du monde développé vont se réunir à Doha la semaine prochaine pour la deuxième session du Sommet Sud", a-t-il rappelé. "C'est pourquoi je m'attends à ce que la sixième réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce, qui aura lieu à Hong Kong en décembre 2005, trouve une issue aux actuelles négociations multilatérales sur le commerce de Doha", a déclaré le Président nigérian.

"Réduire la pauvreté est le défi le plus épineux auquel nous faisons face aujourd'hui", a insisté Olusegun Obasanjo en ajoutant que "le chômage des jeunes reste un défi majeur et, à moins que l'on ne s'y attaque de manière fondamentale, nos objectifs de développement pourraient être compromis", a-t-il averti.

M. Obasanjo a également noté que l'Union africaine avait pris le problème à bras le corps en "insistant sur le renforcement des compétences, l'agriculture, l'expansion du secteur privé, le développement des petites et moyennes entreprises et la formation comme moyens de créer des emplois pour nos jeunes au chômage et nos adultes sous-employés".

"Nous ne pouvons pas atteindre ces objectifs à nous seuls étant donné que le processus dépend fortement du flux des investissements, du commerce, de la migration internationale, de l'intégration croissante des systèmes de production et de la construction de partenariats productifs", a déclaré le Président Obasanjo.

Toutefois, a-t-il mis en garde, "les stéréotypes, la désinformation et le refus de reconnaître les changements en cours en Afrique ont continué à affecter de manière négative les investissements en Afrique mis à part dans quelques pays".

Le Président Obasanjo a exhorté les gouvernements à jouer leur rôle en assurant que "l'OIT possède les ressources nécessaires pour entreprendre les programmes et les activités que nous avons confiés à cette organisation".

"Laissez-moi vous quitter avec l'assurance que nous sommes en train de bâtir collectivement une nouvelle Afrique qui est attachée à la vie démocratique, au dialogue, à l'intégration, à la tolérance, à la responsabilité, aux droits de l'homme, à l'égalité des genres et à la justice sociale", a conclu le Président du Nigéria.

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