LIMA (Nouvelles du BIT) – L’Assemblée nationale des usagers de districts d’irrigation du Pérou (JNUDRP) qui compte 1,6 million de membres à travers le pays est en passe de mettre en œuvre une nouvelle initiative qui marquera une première étape vers la protection sociale des agriculteurs: les primes de micro-assurance vie seront incluses dans les tarifs de l’eau.
Le plan de micro-assurance, administré par La Positiva, une compagnie d’assurances péruvienne bien connue, devrait être proposé à un coût marginal en fonction des revenus générés par les récoltes.
Dans l’entretien accordé dans une interview, Virgilio Brenis, Président de la JNUDRP, a souligné le fait que, en protégeant les agriculteurs assurés et leur famille, le système offrirait une main secourable en termes de gestion de risque à «environ un tiers de la population du Pérou, soit quelque 9 millions de citoyens résidant en zone rurale». Il a ajouté qu’il s’agissait «d’une excellente innovation qui [allait] améliorer la qualité de vie des fermiers, dont un grand nombre est confronté à des difficultés lors de la perte d’un autre membre de leur famille résidant à la campagne».
L’initiative proposée par La Positiva en association avec la JNUDRP est l’un des 9 projets sélectionnés pendant la première session du Fonds de l’OIT pour l’innovation dans la micro-assurance (financé par la Fondation Bill & Melinda Gates).
Le Fonds de l’OIT, qui a reçu 127 candidatures venues de 40 pays, a fait l’éloge du projet péruvien, dont l’originalité consiste à réunir une firme commerciale d’assurance et une association qui travaille avec les agriculteurs et les communautés rurales au quotidien et qui connaît bien leurs besoins.
Une autre dimension importante du projet, c’est le plan de production de matériels promotionnels destinés aux bénéficiaires, y compris des vidéos, des jeux de plateau et des affiches, en espagnol et dans deux autres langues parlées dans les régions rurales du Pérou, le Quechua et l’Aymara.
M. Brenis a souligné le fait que ce sera la première fois qu’une assurance aura été offerte à des petits et micro-agriculteurs, avec des primes estimées entre 0,5 et 2 dollars par mois par assuré. «C’est un produit destiné aux familles les moins aisées du Pérou», explique-t-il, poursuivant que ce groupe «doit accéder de toute urgence à l’assurance vie». Il a prédit que si cette mesure remportait un succès, alors d’autres types d’assurance suivraient sans aucun doute.
L’irrigation rurale est pratiquée au Pérou depuis l’ère précolombienne. La JNUDRP a été créée au milieu des années 80; elle est aujourd’hui composée de 112 comités régionaux dans les régions côtières et dans les zones de montagne et de jungle du pays.
«Sa base sociale est constituée de 1 584 368 agriculteurs, explique M. Brenis, qui a déclaré que ces assurés (hommes et femmes) représentaient 92 pour cent des propriétaires de parcelles agricoles sur le territoire péruvien. Il a continué en soulignant que «la plupart d’entre eux travaillaient dans des conditions très difficiles, avec un accès limité aux technologies, aux semences améliorées ou certifiées, avec des matières premières coûteuses et de faibles marges de profit parce qu’il n’existe pas de mécanismes de commercialisation efficaces et que les prix du marché ne reflètent pas l’énorme investissement réalisé dans la production».
Cependant, il a ajouté que la mise en place était fonction de la formation, de la productivité, des évolutions technologiques et de la réduction des risques. «Le programme de micro-assurance va améliorer la qualité de vie de la population rurale en général.»
La mort d’un agriculteur ou d’un membre de sa famille peut déstabiliser lourdement une situation économique déjà précaire comme souvent en milieu rural. L’assurance vie peut couvrir les coûts qu’engendre une telle perte, mais elle apporte aussi une importante contribution à la gestion des risques pour les agriculteurs qui doivent envisager chaque investissement avec prudence.
La Positiva a mis l’accent sur le fait que son association avec la JNUDRP allait lui permettre d’atteindre une couche de la population jusque-là ignorée par les compagnies d’assurance, en dépit du fait que le secteur agricole représente 23 pour cent de la population active du Pérou.
Les ressources allouées par le Fonds de l’OIT sont essentiellement destinées à l’innovation dans le domaine de la micro-assurance, y compris la définition du produit qui sera proposé, la création de modèles de commercialisation et la promotion d’une culture de l’assurance chez les travailleurs pauvres qui sont traditionnellement marginalisés par les mécanismes de sécurité sociale.
Le Fonds finance également une assistance technique, des activités de recherche et de diffusion dans le domaine de la micro-assurance. Il est administré par le Programme de finance sociale du BIT, avec le soutien financier de la Fondation Bill & Melinda Gates. Au cours d’une période de cinq ans qui s’achève en 2012, on espère distribuer un total de 18 millions de dollars de subventions pour financer 40 à 50 projets de micro-assurance dans le monde en développement.
Trois projets venus d’Afrique, trois d’Asie et du Pacifique, et trois d’Amérique latine et des Caraïbes ont été approuvés au cours de la première session.
La micro-assurance est un mécanisme qui protège les plus pauvres d’une série de risques (accidents, santé, décès d’un membre de famille, catastrophes, etc.) en échange du paiement d’une prime d’assurance adaptée aux besoins et aux revenus des assurés.
Pour plus d’informations sur le Fonds de l’OIT pour l’innovation dans la micro-assurance, merci de visiter: http://www.ilo.org/microinsurance; Information des médias: microinsurancemedia@ilo.org
Bureau de presse de l’OIT pour l’Amérique latine et les Caraïbes: prensa@oit.org.pe, tél.: +511/615-0386 (Luis Córdova).
La Positiva http://www.lapositiva.com.pe/
L’Assemblée nationale des usagers de districts d’irrigation du Pérou: http://www.jnudrp.com