BERLIN (Allemagne) – Façonner une mondialisation juste nécessite non seulement que les gouvernements se consultent étroitement, mais également que les organisations internationales clés agissent avec une plus grande cohérence pour atteindre des objectifs communs. Pour ce faire, la Chancelière allemande Angela Merkel a réuni le 19 décembre, les chefs de cinq organisations internationales – l’OIT, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Organisation mondiale du commerce et l’Organisation de coopération et de développement économique – pour discuter des règles de base d’une économie mondiale libre et socialement équitable.
«Nous avons besoin d’un concept général cohérent pour promouvoir la liberté des marchés, une concurrence loyale, le développement durable, l’emploi, ainsi qu’une croissance socialement équitable», a déclaré Mme Merkel. «C’est le seul moyen de garantir une mondialisation juste et équilibrée, dont chacun puisse bénéficier.» La Chancelière a appelé les organisations internationales à développer une compréhension mutuelle des connections multiples, variées et toutes aussi importantes, entre prospérité économique, protection de l’environnement et justice sociale, ainsi qu’à coopérer les uns avec les autres sur cette base.
L’OIT s’est vivement félicitée de l’initiative allemande pour plus de cohérence au sein des politiques internationales. Le Directeur général de l’OIT Juan Somavia a souligné l’importance de cette initiative pour construire une économie de marché sociale à l’échelle mondiale. «Nous devons travailler ensemble à la création d’un cercle vertueux, dans lequel le progrès social nourrit le développement économique et génère de la prospérité qui, à son tour, permet de faire avancer le progrès social. L’objectif final est de favoriser un développement durable qui repose sur trois piliers d’égale importance: le pilier économique, le pilier social et le pilier environnemental. L’Agenda pour le Travail Décent est la contribution de l’OIT à ce processus.»
Cette réunion – la première du genre – avait été décidée lors du sommet du G8 à Heiligendamm en juin 2007. Dans les conclusions de ce sommet, les dirigeants du Groupe des huit pays les plus industrialisés l’ont clairement souligné: «Nous supportons l’Agenda pour le Travail Décent de l’OIT, avec ses quatre piliers d’égale importance: la mise en œuvre effective des normes du travail, notamment des normes fondamentales du travail de l’OIT, le développement de l’emploi productif, le développement des systèmes de protection sociale et le renforcement du dialogue entre les différents partenaires.»
Les participants à la réunion de Berlin se sont mis d’accord pour poursuivre cette collaboration, en commençant par le changement climatique, sous la présidence japonaise du G8. Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Olaf Scholz, a déclaré qu’il était heureux de voir les sujets sociaux apparaître noir sur blanc dans l’agenda international: «En fin de compte, les sociétés respectueuses des droits des travailleurs et des normes sociales réussiront mieux que les autres.» Il a également insisté sur la responsabilité sociale des entreprises qui, a-t-il dit, jouent un rôle important dans l’application des normes.
M. Somavia a, quant à lui, ajouté: «Une convergence de facteur peut favoriser les normes sociales: la création d’emplois décents, des syndicats libres, des institutions et législations du travail fortes et, bien entendu, les pratiques des entreprises.» Il a également relevé que de bonnes relations de travail n’ont jamais nuit à la concurrence ou aux entreprises multinationales, et même, bien au contraire, elles se sont avérées être de bonnes bases pour les entreprises durables.
D’autres sujets ont été abordés lors de cette réunion par la Chancelière et les chefs d’agences, notamment la conclusion des négociations commerciales du cycle de Doha; la transparence des marchés financiers internationaux; le développement durable et l’investissement en Afrique, et les défis du changement climatique. Ont participé à cette réunion la Chancelière Angela Merkel, le ministre du Travail allemand Olaf Scholz, le Directeur général du BIT Juan Somavia, le Directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, le Président de la Banque mondiale Robert Zoellick, le Directeur général de l’OMC Pascal Lamy et le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría.
