Le Travail décent expliqué par une élève de 14 ans, amatrice de chocolat

Plus de 2 millions d’enfants de quelque 60 pays ont participé à l’édition 2009 du concours international de compositions épistolaires de l’Union Postale Universelle (UPU). Le thème du concours portait sur le "Travail décent", un objectif au coeur de l’oeuvre de l’Organisation internationale du Travail (OIT). C’est une jeune élève de 14 ans vivant en Moravie-Silésienne, au Nord-Est de la République tchèque qui a gagné le premier prix. Voici l’histoire de sa lettre, et d’une tablette de chocolat...

Type Article
Date de parution 5 novembre 2009
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GENEVE - (ILO News)- "Lorsque la maîtresse d’école nous a parlé de ce concours de lettres destiné aux jeunes, ce qui a captivé mon attention, c’était le sujet. D’après moi, les conditions de travail décentes sont très importantes pour une vie heureuse. Tout le monde devrait avoir un travail décent. C’est pourquoi j’ai décidé d’essayer d’écrire quelque chose" répond Dominika Koflerová à ceux qui l’interrogent sur les raisons qui ont motivé sa participation au concours épistolaire de l’UPU.

Si la lettre de cette jeune élève du collège Lískovec, à Frýdek-Místek en République tchèque, a emporté l’adhésion du jury de la 38e édition du concours de l’UPU c’est notamment par son approche originale autant que concrète.

Ce qui débute comme une simple lettre de remerciement à sa sœur pour une friandise se transforme rapidement en un récit qui nous plonge au cœur du concept du Travail décent: «Le chocolat que je savourais n’était pas un chocolat ordinaire. Pour sa fabrication, le producteur de Zambie reçoit une somme convenable pour faire vivre décemment sa famille et lui-même».

"D’abord je réfléchissais sur quoi je devrais écrire et c’est le commerce équitable qui m’est venu à l’esprit. Du chocolat et du café, voilà peut-être les produits les plus accessibles des organisations du commerce équitable que je connais et, comme je ne bois pas de café, j’ai trouvé que le chocolat était une meilleure idée" explique Dominika.

Pour les besoins de son récit autant que par curiosité personnelle, Dominika s’est informée et a réalisé que le travail décent était loin d’être une expérience partagée de tous. "Une histoire que j’ai lue m’a captivée. Elle parlait d’une famille du Kenya qui vivait dans un cabanon délabré et en plus du père travaillaient six enfants sur sept alors qu’en même temps le plus jeune était âgé de sept ans. Ils travaillaient du matin au soir et pourtant leurs revenus suffisaient à peine à les nourrir. Les enfants souffraient de carence alimentaire. Ils travaillaient sur des plantations de cacao et leurs vies ont pris un nouveau sens lorsqu’ils ont rejoint le marché équitable international."

Du haut de ses 14 ans Dominika a compris le formidable effet de levier que constitue le travail décent: "la vie de cette famille s’est radicalement améliorée. Seuls le père et le plus âgé des fils travaillaient et, avec l’argent qu’il gagnaient, ils ont pu non seulement réparer la maison, mais aussi payer des études aux autres enfants, et vivre dans ces conditions n’est vraiment pas habituel. Ces enfants ont reçu la chance de construire un avenir meilleur".

«En plus de choisir un angle original, Dominika a finement expliqué comment les pays riches peuvent contribuer au travail décent des travailleurs en consommant des produits du commerce équitable. Elle a clairement exprimé sa compréhension de la problématique. Dorénavant, lorsque nous mangerons une barre chocolatée, nous penserons à la lettre de la lauréate», ont déclaré les cinq membres du jury issus de l’UPU, de l’UNESCO et de l’Organisation internationale du Travail.

"En un feuillet et demi, Dominika réussit à évoquer divers aspects du travail décent: le dialogue social, l’éducation des enfants, les conditions de travail mais nous renvoie également à nos responsabilités", a déclaré Kiran Mehra-Kerpelman, membre du jury représentant le Bureau international du Travail, ajoutant, "Les mots de Dominika: "Il est très visible qu’il suffit d’améliorer les conditions de travail et la vie prend instantanément un autre sens" nous rappellent que le travail décent est un objectif primordial à notre portée".

C'est une jeune Vietnamienne, Nguyen Dac Xuan Thao, 13 ans, qui a obtenu le deuxième prix. Le troisième prix a été attribué ex-aequo à Alina Beiner, 13 ans originaire du Bélarus et à Dejan Kovač, 12 ans, du Monténégro.

Dominika a reçu son premier prix des mains de MM. Edouard Dayan, Directeur général de l’UPU et Juan Somavia Directeur général du BIT lors d'une cérémonie organisée au siège du Bureau international du Travail (BIT) à Genève. L'Organisation internationale du Travail est à l'origine du lancement de l’Agenda pour le Travail décent, destiné à promouvoir les droits des travailleurs, la création d’emplois et d’entreprises, la protection sociale et le dialogue social au niveau national, régional et international.

"Tous ces enfants distillent le sens du travail et de la dignité humaine du travail ainsi que le rôle économique vital qu'il joue dans la vie des gens", a déclaré M. Somavia. «Tant d'enfants à travers le monde qui pensent au travail- et au travail décent- est en soi une contribution à la compréhension de la relation entre ces temps difficiles que nous vivons et l'importance de l'emploi."

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