Coopérer pour le changement: gouvernement, enseignants et syndicats ensemble dans la lutte contre le Sida en Ukraine.

Selon le ministère ukrainien de la Santé, les cas de VIH diagnostiqués chaque année en Ukraine ont plus que doublé depuis 2001. Seize mille nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2006, bien que le gouvernement ait pris des mesures d’urgence pour y répondre.

Type Article
Date de parution 30 novembre 2007
Unité responsable Communication et information au public
Autres langues Español • English

Selon le ministère ukrainien de la Santé, les cas de VIH diagnostiqués chaque année en Ukraine ont plus que doublé depuis 2001. Seize mille nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2006, bien que le gouvernement ait pris des mesures d’urgence pour y répondre. Les fonctionnaires du ministère, les enseignants et les syndicalistes du secteur de l’enseignement sont parmi les acteurs clés qui pourraient contribuer à stopper ou renverser cette tendance et à lutter contre l’ostracisme et les discriminations auxquelles se heurtent les personnes qui vivent avec le virus du Sida. Reportage de BIT en ligne en Ukraine.

KIEV, Ukraine – Selon l’ONUSIDA, il y aurait 416 000 personnes – 1,7 pour cent des Ukrainiens âgés de 15 à 49 ans – vivant avec le VIH.

Comme dans beaucoup de pays dans le monde, le manque de connaissances sur l’épidémie ne contribue pas seulement à sa propagation mais aussi à la stigmatisation et aux discriminations à l’encontre des personnes porteuses du virus du Sida.

Selon une étude de 2004 du Réseau ukrainien des personnes porteuses du VIH/Sida et de l’Alliance internationale VIH/Sida, portant sur 692 personnes séropositives dans 16 villes à travers l’Ukraine, 42 pour cent des personnes interrogées ont fait part de violations de leurs droits afférant à l’emploi, à l’éducation, aux soins médicaux ou à la vie privée en raison de leur statut sérologique.

Aujourd’hui, le gouvernement ukrainien est totalement engagé dans l’éradication des discriminations liées au VIH dans le monde du travail.

«Près d’un tiers des violations des droits des personnes vivant avec le VIH en Ukraine a trait au droit au travail et aux autres droits sociaux. Les inspecteurs du travail d’Ukraine contribuent à la prévention des discriminations à l’encontre des personnes séropositives dans le monde du travail grâce à la mise en place de dispositions légales et d’autres mesures préventives», déclare Volodymyr Los, inspecteur du travail en chef d’Ukraine.

Mais le soutien vient aussi des partenaires sociaux. Selon Volodymyr Gryshenko, Directeur général de la Fédération des employeurs d’Ukraine, une absence d’action appropriée sur le VIH/Sida conduirait «à une baisse de qualité du travail productif et à une aggravation de la crise démographique».

Il est rejoint par Volodymyr Dudchak, Chef du Syndicat Libre de l’enseignement et de la science de Chernnivtsi Oblast: «Si notre syndicat … et l’ensemble des enseignants ne prennent pas au sérieux la menace du VIH/Sida, nous ne serons plus, dans un avenir proche, capables d’agir efficacement sur le pouvoir destructeur de l’épidémie et ses conséquences irréversibles au plan moral, social, économique et autres.»

Le syndicat de M. Dudchak a été crucial dans le soutien à un projet de l’OIT qui ciblait le secteur de l’éducation pour la première fois en Ukraine.

«Le secteur de l’éducation a été choisi parce que ses employés ont un grand potentiel de développement, de promotion et d’application des programmes de prévention sur le lieu de travail. Les enseignants peuvent diffuser l’information auprès de leurs collègues, des élèves et des parents. En travaillant avec les enseignants, nous pouvons toucher un grand nombre de personnes, de tous âges et tous sexes», explique Larissa Savchuk, coordinateur du projet de l’OIT.

Dans deux régions pilotes, Chernivtsi et Kiev, le projet financé par la Coopération allemande, GTZ, a conduit une étude auprès des professeurs pour évaluer les besoins au regard de la sensibilisation à la prévention du Sida. L’étude a montré que les enseignants considèrent le VIH/Sida comme un problème médical et social, mais ne comprennent pas vraiment le lien avec le monde du travail. Les stéréotypes et les visions erronés des différents aspects de l’épidémie sont aussi très répandus.

En réponse à cette évaluation, plus de 150 représentants du secteur de l’éducation ont été formés aux questions liées au VIH/Sida ainsi qu’aux méthodologies utilisées pour mener les formations. Les principaux objectifs des cours étaient d’augmenter la prise de conscience des participants par rapport au Sida et à son impact sur les lieux de travail ainsi que de les familiariser avec les méthodes de conduite des cours de prévention dans les écoles pour les enseignants, les élèves et les parents.

Le projet a également distribué 1 000 exemplaires du Recueil de directives pratiques sur le VIH/ Sida et le monde du travail en ukrainien qui serviront de support aux formations.

Selon le coordinateur national de l’OIT à Kiev, Vasyl Kostrytsya, le projet met en lumière le triple rôle que les enseignants peuvent jouer face au VIH/Sida. «En premier lieu, ce sont des professionnels qui travaillent avec des élèves et peuvent donc les sensibiliser à cette problématique; ils sont aussi en contact avec les parents d’élèves et peuvent ainsi encourager les familles à travailler avec leurs enfants et entre elles en tant qu’éducateurs pour leurs pairs; enfin, les enseignants ont la confiance de la communauté locale, en particulier en zone rurale. C’est pourquoi nous ciblons le secteur de l’éducation dans notre mobilisation.»

Les expériences menées en Ukraine ont aussi aidé à préparer trois ateliers de l’OIT sur le VIH/Sida et le monde du travail en Albanie, Bosnie-Herzégovine et Moldavie, ainsi qu’une conférence internationale à Moscou en 2006.

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