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«Pour un pêcheur, son bateau est son foyer, et l’équipage souvent sa seule famille»

Le 14 juin, la 96e Conférence internationale du Travail a adopté une nouvelle convention et une recommandation sur le travail dans le secteur de la pêche. Ces nouveaux instruments ont pour but de garantir des conditions de vie et de travail décentes à quelque 30 millions de travailleurs de l’industrie mondiale de la pêche. Reportage d’Ukraine où la pêche traverse une crise profonde.

Type Article
Date de parution 19 juin 2007
Unité responsable Communication et information au public
Sujet pratique de la pêche, Conférence international du Travail, conventions de l'OIT
Autres langues English • Español

ODESSA, Ukraine (BIT en ligne) – Avant 1991, on dénombrait 80 000 pêcheurs en Ukraine et les prises de poisson sur les principales zones de pêche, les estuaires de la Mer Noire et la Mer d’Azov, atteignaient 1,2 million de tonnes chaque année.

Aujourd’hui, l’industrie traverse une grave crise. Il ne reste plus que 37 000 pêcheurs dans le pays.

La plupart des navires ont plus de vingt ans, et leur niveau de dépréciation a atteint 70-80 pour cent. Les experts estiment que d’ici 5 à 7 ans un retrait massif des navires obsolètes va commencer, sans qu’il y ait de nouveaux bateaux pour les remplacer. Le manque de fonds pour assurer la maintenance, la modernisation et le remplacement des bateaux ne contribue pas à améliorer la piètre sécurité ni les conditions de travail des pêcheurs.

Le problème ne concerne pas tant les pêcheurs enrôlés sur quelque 70 navires hauturiers qui sont relativement bien protégés – au moins en ce qui concerne la formation des hommes et la conception et l’équipement des bateaux – parce que couverts par les directives de l’Organisation Maritime Internationale (OMI) dont l’Ukraine est membre.

«Nous sommes beaucoup plus préoccupés par la situation de ceux qui travaillent sur des petits bateaux qui constituent une flotte de plus de 5 600 embarcations dans notre pays. Ce qui est important avec la nouvelle convention, c’est qu’elle va nous permettre d’étendre la protection à ce groupe de travailleurs», déclare Vasyl Chernik, Sous-chef du Département d’Etat de la Pêche et membre de la délégation ukrainienne à la Conférence internationale du Travail.

Les nouvelles normes contiennent des dispositions qui visent à garantir que les travailleurs du secteur de la pêche jouissent d’une meilleure santé, d’une sécurité accrue, de soins médicaux à bord, de périodes de repos suffisantes, de la protection d’un engagement de travail et de la même sécurité sociale que les autres travailleurs.

M. Chernik croit que, si la convention devait être ratifiée par l’Ukraine, aucun amendement de la législation nationale ne serait nécessaire. La tâche la plus délicate sera d’allouer suffisamment de fonds à la mise en place de la convention.

Une autre question grave est celle de l’extension de la protection à des milliers de pêcheurs ukrainiens qui travaillent aujourd’hui sur des bateaux battant pavillon d’autres pays.

«Ces défis accentuent l’importance – pour les pêcheurs, les propriétaires de navires, les industries piscicoles et les consommateurs – de veiller à ce que le secteur de la pêche fasse l’objet d’une législation du travail qui protège les pêcheurs et contribue à rendre cette profession attrayante et viable», résume Elizabeth Tinoco, Chef du Service des activités sectorielles au BIT.

Après l’adoption de la convention par la Conférence internationale du Travail, la prochaine étape pour les Etats Membres sera de présenter cette mesure à leurs autorités nationales pour ratification. Cela devrait donner lieu à des discussions nationales tripartites pour réviser ou établir des lois et réglementations nationales et d’autres mesures qui amélioreront les conditions de travail sur les bateaux de pêche.

«Il est extrêmement important que non seulement l’Ukraine mais aussi d’autres Etats du pavillon ratifient la convention», déclare Mikhailo Papiev, Ministre du Travail et de la Politique sociale et délégué à la Conférence. «Le processus de ratification doit être bien coordonné, de manière à assurer une protection à tous les pêcheurs quel que soit le pavillon de leur navire. Parce que, pour les pêcheurs, leur bateau c’est leur foyer, et pour un grand nombre d’entre eux, l’équipage est leur seule famille.»

La convention, qui sera dénommée Convention sur le travail dans la pêche 2007, et la Recommandation prendront effet dès qu’elles seront ratifiées par au moins 10 des 180 Etats Membres de l’OIT (y compris 8 nations côtières).

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