Sortir de l'informalité vers le travail décent, une expérience ghanéenne

Au Ghana, les autorités locales font équipe avec des travailleurs de l'économie informelle pour trouver des solutions à la pauvreté et offrir des opportunités de travail décent à leur communauté. Cette nouvelle initiative a remporté un tel succès dans les deux régions ou elle a été testée, qu'elle va être développée à travers tout le pays dans les mois à venir.

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Date de parution 2 avril 2008
Taille/durée 00:02:30 (7.4 MB)

Transcription:

La ville de Winneba, sur la côte méridionale du Ghana, est l’une des régions les plus pauvres du pays. Ici, environ 28000 personnes vivent de la mer, mais autant les pêcheurs que les femmes qui salent, fument et vendent le poisson travaillent de façon informelle. La plupart d’entre eux n’ont aucune protection sociale et aucun moyen d’améliorer leurs revenus.

Derrière la plage, les femmes fument le hareng pêché le jour même afin qu’il puisse se conserver à la température ambiante de 40 degrés. Cela fait 25 ans que Mary travaille au fumage du poisson.

Mary Yamoah, fumeuse de poisson

C’est ici que nous fumons le poisson, sous cette hutte…

L’OIT a lancé un nouveau projet, ciblé sur les travailleurs informels comme Mary, qui a pour objectif de recenser les fumeuses de poisson et de leur offrir une formation de base en matière de gestion du budget familial.

Mary Yamoah

Ils nous ont expliqué que nous, les femmes, nous achetons souvent de façon compulsive. Lorsque nous travaillons, nous gagnons de l’argent, mais nous le dépensons en un rien de temps. Alors on nous a appris à tenir des comptes: quand on rentre à la maison, on doit noter tout ce que l’on a acheté de façon à savoir combien il nous reste pour les enfants.

La mise en œuvre de ce projet dépend étroitement du SPGE, un comité qui représente les autorités locales et a pour vocation d’améliorer la situation de l’emploi et de développer l’économie régionale. Ce comité, qui présente la particularité d’inclure des représentants du secteur informel, propose des solutions visant à intégrer les travailleurs de ce secteur dans l’économie formelle et à réduire le niveau de pauvreté parmi la population locale.

George Acquah, président du SPGE du district d’Awutu-Effutu-Senya

Notre SPGE a mené une action de sensibilisation sur les petites entreprises. Maintenant au moins les principes du travail décent sont appliqués… et les entreprises sont gérées avec plus de professionnalisme.

Mary a maintenant un meilleur salaire et elle paie des impôts, mais cela n’est pas un problème pour elle puisqu’elle gagne suffisamment pour cotiser à l’assurance maladie à un taux préférentiel réservé aux salariés de sa catégorie.

Mary Yamoah

Avant, lorsque nous n’avions pas cette assurance, beaucoup d’enfants n’étaient pas en bonne santé. On ne les emmenait pas à l’hôpital parce qu’on n’avait pas l’argent pour payer. Alors on voyait parfois son enfant mourir, sans pouvoir rien faire. Mais maintenant, dès que quelqu’un est malade, on l’emmène tout de suite à l’hôpital.

Désormais, lorsque Mary fume le poisson pour le protéger des rayons du soleil, elle contribue aussi à protéger sa famille, que la pêche soit bonne ou pas.

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