Les turbulences économiques mondiales vont attiser le chomage selon un nouveau rapport du BIT.

Selon le nouveau rapport du BIT - "Les tendances mondiales de l'emploi 2008", les troubles des marchés financiers, la hausse des prix du pétrole et les incertitudes autour du crédit pourraient générer cinq millions de chômeurs supplémentaires en 2008.

Si la vidéo ne démarre pas, veuillez télécharger gratuitement RealPlayer™

Date de parution 24 janvier 2008
Taille/durée 00:03:26 (5.29 MB)

Transcription:

L'incertitude pesant sur la situation mondiale de l’emploi en 2008 marque un tournant par rapport à 2007, année où la forte croissance de plus de cinq pour cent du PIB mondial a entraîné une stabilisation des marchés mondiaux de l'emploi avec davantage de personnes au travail.

José Manuel Xirinachs-Salazar, Directeur exécutif du Secteur de l’emploi

La grande question concernant l’avenir est celle de savoir si les remous provoqués par la crise de l'immobilier américain, la hausse des cours du pétrole et la perte de confiance des consommateurs vont entraîner une baisse de la croissance du PIB et une contraction du marché de l’emploi au niveau mondial. Selon nos prévisions pour 2008, la création nette d’emplois devrait se situer autour de 40 millions et le chômage pourrait toucher cinq millions de personnes supplémentaires. Ces prévisions devraient être plus sombres que les estimations présentées dans le rapport si, en 2008, la croissance mondiale est finalement inférieure au taux attendu de 4,8 pour cent et si le ralentissement de la croissance dans les pays industrialisés n’est pas compensé dans le reste du monde.

Lorsque la croissance ralentit, on observe une diminution des créations d’emplois, voire des destructions d’emplois, puisque les entreprises sont confrontées à une baisse de la demande de biens et de services. Mais il existe des raisons d’espérer.

Dorothea Schmidt, experte en matière d’emploi auprès du BIT

Jusqu’à présent, les économies asiatiques ont été suffisamment solides pour absorber en partie l’impact de la crise économique des Etats-Unis et des pays développés en général. Nous indiquons dans le rapport que nous ne savons pas ce qui va se passer en 2008, mais tous les indicateurs ne sont pas dans le rouge. Il est tout à fait possible, en effet, que les économies asiatiques continuent de croître. Même lorsque nous prévoyons une baisse de la croissance en Asie, nous parlons toujours de taux nettement supérieurs à cinq pour cent. Je n’ai encore pas vu une révision à la baisse de ces taux qui se rapproche du seuil des cinq pour cent et, avec cinq pour cent de croissance, on a encore des créations d’emplois et les indicateurs du marché du travail peuvent s'améliorer. Bien sûr, cela ne résout pas le problème des travailleurs qui perdent leur emploi dans les pays développés et ce sont eux précisément dont il faut se soucier en priorité.

Lawrence Johnson, expert en matière d’emploi auprès du BIT

Dans la plupart des pays en développement, les gens ne peuvent simplement pas s’en sortir s'ils ne travaillent pas. Il faut donc qu'ils trouvent le moyen de survivre. C'est pourquoi nous craignons qu'il y ait de plus en plus de chômeurs dans les pays développés, mais aussi un nombre croissant de travailleurs pauvres.

Même en période de croissance économique, il y a un déficit d’emplois décents dans le monde, notamment dans les pays pauvres. Cinq personnes sur dix ont un emploi vulnérable et dénué de toute protection. Ces travailleurs sont les plus menacés en cas de ralentissement de la croissance et de fluctuations économiques.

José Manuel Xirinachs-Salazar

Pendant la période où les taux de croissance économique étaient historiquement élevés au niveau mondial, il aurait fallu redoubler d’efforts pour que l’emploi et le travail décent soient effectivement au cœur des politiques économiques et sociales, grâce à l'application de stratégies explicitement centrées sur le contenu en emplois de la croissance.

Face à la perspective d’une révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2008, il est plus urgent que jamais d’associer croissance économique et création d’emplois.

^ top