L'emploi des jeunes: Briser les entraves à l’emploi des jeunes hommes et femmes

Août 2008 thème de la campagne L’égalité hommes-femmes au cœur du travail décent, 2008-2009

Document | 26 septembre 2008

La jeunesse est une période pleine de promesses, d’aspirations et d’énergie. Entre l’enfance et l’âge adulte, la jeunesse est le temps pendant lequel hommes et femmes sont le plus à même de se battre pour se forger un avenir sûr et apporter leur contribution à leurs familles, communautés et sociétés. Cette étape de la vie est cruciale pour déterminer de quelle façon les jeunes gens obtiendront un emploi productif et un travail décent.

Un milliard de jeunes vont atteindre l’âge de travailler au cours des dix prochaines années. Les doter de la possibilité de s’assurer un emploi productif et un travail décent est un défi sociétal, national et mondial. Il ne fait aucun doute que l’emploi des jeunes doit figurer en tête sur l’agenda de la communauté internationale. C’est la génération la mieux éduquée et la mieux formée qui ait jamais existé, chez les jeunes hommes mais surtout chez les jeunes femmes. Ils possèdent des qualifications qui peuvent faire prospérer leurs communautés, renforcer leurs nations et rechercher des possibilités d’autonomie personnelle et de citoyenneté active. Nous scolarisons davantage d’enfants mais nous ne parvenons pas encore à leur obtenir un emploi productif et un travail décent.

Alors que la mondialisation rapide et l’évolution technologique peuvent offrir de nouvelles opportunités de travail productif et de revenus pour certains, pour de nombreux jeunes en âge de travailler, le manque de perspectives d’emplois décents accroît leur vulnérabilité dans la période de transition entre l’enfance et l’âge adulte. Les investissements des gouvernements dans l’éducation et la formation se feront en pure perte si les jeunes n’entrent pas dans des emplois productifs qui leur permettent de subvenir à leurs besoins, de contribuer aux ressources de la famille et de s’acquitter de leurs impôts. En moyenne, les jeunes hommes et femmes ont deux ou trois fois plus de risque d’être chômeur que les adultes, et le phénomène est particulièrement prononcé chez les jeunes filles. Bien trop souvent, elles travaillent pendant des heures interminables dans le cadre de contrats de travail informels, intermittents et précaires, caractérisés par une piètre productivité, de maigres revenus et une protection sociale réduite.

Les taux de participation à la main d’œuvre pour les jeunes femmes sont plus faibles que pour les jeunes hommes. Les plus grands différentiels se trouvent en Asie du Sud (35 points de pourcentage) et au Moyen Orient et en Afrique du Nord (29 points de pourcentage). Ces disparités reflètent principalement des traditions culturelles et la difficulté pour les femmes de combiner travail et obligations familiales. Cela est vrai, non seulement dans le monde en développement mais aussi dans les pays industrialisés. On accorde moins de valeur aux contributions économiques des femmes et la vision dominante demeure que les femmes ne génèrent que le deuxième ou le troisième revenu du ménage. Elles peuvent subir des discriminations parce qu’on estime que dès qu’elles sont mariées et ont des enfants, elles sont moins productives ou quittent leur emploi. De nombreuses jeunes femmes pourraient se décourager et se demander si la réussite scolaire débouche réellement sur un emploi à la mesure de leurs qualifications.

L’un des défis importants de l’emploi est de s’attaquer la ségrégation professionnelle entre les emplois traditionnellement « masculins » et « féminins » afin d’abaisser les barrières en ouvrant les professions aux deux sexes. Peu averties de leurs droits et manquant souvent de modèles, les femmes ne pénètrent que lentement dans les professions habituellement dominées par les hommes. Les jeunes femmes, surtout dans les pays en développement, sont souvent incapables de tirer avantage des possibilités de formation en raison des obstacles à l’entrée, de la sélection discriminatoire et des stéréotypes sexuels. Ouvrir l’accès à des possibilités de formation sans ségrégation permettra d’accroître l’employabilité des jeunes femmes, d’améliorer leurs futurs revenus et leur situation socio-économique. Ces efforts devraient être complétés par une orientation professionnelle qui corresponde mieux à leurs capacités et leurs besoins, ainsi que par des conseils tenant compte des questions de genre et des services de placement qui permettent aux jeunes femmes de réaliser leur potentiel.

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