Tanzanie

Développement de l'utilisation des technologies fondées sur la main-d'œuvre


Le gouvernement de la République de Tanzanie a lancé en 2004 un programme destiné à établir un cadre national pour les technologies fondées sur la main-d'œuvre. L'OIT – Bureau sous-régional (BSR) – d'Addis et ASIST ont fourni des conseils pour l'élaboration du programme, établi sous les auspices du Ministères des travaux publics. Il vise à appuyer l'adoption à grande échelle des technologies fondées sur la main-d'œuvre et propose d'établir un centre/point focal national pour ces technologies qui dirigera la coordination, la constitution de liens, les relations ainsi que la collecte et la diffusion des informations/données auprès de toutes les parties prenantes.

Programmes antérieurs de travaux routiers ruraux fondés sur la main-d'œuvre


De 1986 à 1991, l'OIT a apporté son appui au Programme d'entretien des routes rurales dans les régions de Tanga et de Mbeya. Il s'agissait d'un programme expérimental comportant des méthodes de travail innovantes (systèmes de paiement, transport par charrettes à traction animale, etc.) mis en œuvre en particulier dans la région de Tanga. En 1991, un programme national dans le cadre du grand Projet routier intégré a succédé à ce programme. Un projet complémentaire visant à développer la capacité du secteur privé à remettre en état et entretenir les routes a été lancé en 1992 dans la région du Kilimandjaro avec un financement de la Banque mondiale, du PNUD et de l'USAID. Il a été ultérieurement étendu aux régions de Shinyanga, Mwanza et Arusha avec des apports du PNUD et du FENU. Le Conseil national de la construction a mis en œuvre le projet avec l'assistance technique de l'OIT.

De 1998 à 1994, l'OIT a participé au volet routier d'un programme de développement rural financé par la NORAD dans la région de Rukwa. L'objectif du projet était de montrer et de mettre en place des systèmes d'entretien des routes fondés sur la main-d'œuvre en mettant l'accent sur la participation locale. Le projet a démontré les possibilités offertes par les méthodes fondées sur la main-d'œuvre d'un point de vue technique, mais aussi les difficultés que pose la participation locale aux travaux de réfection et, en particulier, d'entretien des routes locales, lesquelles, en l'occurrence, étaient principalement des routes de district.

Accès rural et mobilité


Le Projet de transport rural intégré de Makete, financé par l'Agence suisse pour le développement et la coopération a amélioré l'accessibilité dans le district de Makete en Tanzanie. Durant la première période couverte, le projet a été axé sur la définition de la demande en matière de transport et l'identification des interventions à effectuer dans ce secteur. Les interventions relatives aux transports et celles qui ne concernaient pas ce secteur ont été mises en œuvre en fonction de la demande qui avait été identifiée. Il s'agissait des activités suivantes: fabrication et mise en place de dispositifs de transport peu coûteux; amélioration des routes, chemins et pistes d'accès, et établissement d'un atelier de mécanique pour les services de maintenance des concasseuses à moteur. Ces activités ont été institutionnalisées dans le cadre des organismes publics et non publics existants. Les activités qui ont donné les meilleurs résultats ont reçu un soutien au cours d'une phase de suivi de 1993 à 1997. L'évaluation a posteriori finale a été effectuée au début de 1998. Les expériences tirées du Projet de transport rural intégré ont été utilisées pour concevoir le Projet de transport et de déplacement villageois en cours, qui est un programme national mis en œuvre dans huit districts. Le Projet de transport rural intégré a également permis de tirer des enseignements pour le développement du Système de planification intégrée de l'accessibilité rurale intégrant les deux sexes, disponible en anglais et en swahili. Les lignes directrices ont été en partie utilisées pour planifier les interventions dans le cadre du Projet de transport et de déplacement villageois dans certains districts.

Création d'emplois dans le cadre du Programme de fourniture des services municipaux


Ce programme, lancé à Dar es Salaam en janvier 2004 vise à renforcer les capacités locales pour faire face aux difficultés de la création d'emplois et de la fourniture de services pour les pauvres des zones urbaines. Il entend montrer que les partenariats entre le secteur privé et le secteur public conclus entre les autorités municipales et une organisation représentative à implantation locale peuvent entraîner la création d'emplois sans faire intervenir le travail des enfants, en offrant des conditions de travail adéquates qui bénéficient aux membres marginalisés de la société. Le programme exploitera des initiatives passées de l'OIT dans la ville de Dar es Salaam pour faire participer le secteur privé à la fourniture des services municipaux. Il comprendra des éléments de renforcement de la capacité des autorités municipales à établir des systèmes pour la fourniture de services par des petites entreprises, et à élaborer des procédures de passation des marchés et des systèmes de surveillance et d'évaluation; ainsi qu'un soutien à l'élaboration de politiques, une mobilisation des ressources et le partage et la diffusion de l'information. Les expériences acquises ici ont été communiquées à des villes du Kenya et de l'Ouganda et des initiatives pilotes semblables visant à les reproduire ont été lancées dans les municipalités de Nakuru et de Nyahururu au Kenya et dans la municipalité de Jinja en Ouganda.

Projet local d'amélioration des infrastructures urbaines de Hanna Nassif


En mars 1994, le Conseil municipal de Dar es Salaam et l'OIT ont lancé un projet dans le quartier de Hanna Nassif (dans Dar es Salaam), un quartier qui s'est développé sans aucune planification, en vue d'améliorer les conditions de vie par une amélioration des infrastructures avec utilisation intensive de main-d'œuvre et une gestion locale. Les activités de projet consistaient à construire des canalisations d'écoulement des eaux pluviales et des routes d'accès, à assurer la gestion des déchets solides et à renforcer les capacités de la collectivité et de la municipalité. Les travaux d'infrastructures ont été mis en œuvre en passant des marchés locaux avec l'assistance technique d'une équipe de projet nationale. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Fondation Ford ont financé le projet avec l'appui technique de l'OIT, du Programme des Nations Unies pour les établissements humains et des Volontaires des Nations Unies. La phase II du projet Hanna Nassif a commencé en juin 1997 et s'est terminée en 2000 et a été mise en œuvre par le College of Lands and Architectural Studies (UCLAS) et le Programme national pour la production de revenus (NIGP) avec l'assistance technique du Programme ASIST de l'OIT.

Le projet, qui est axé sur le renforcement des capacités locales et l'amélioration des infrastructures locales, comportait les éléments suivants:

  • La participation de la collectivité au moyen de l'établissement de Comités de développement local à tous les niveaux du projet, depuis la planification jusqu'à l'entretien en passant pas la mise en œuvre et le fonctionnement.
  • Une conception innovante et participative des infrastructures visant à ce qu'elles soient adaptées à l'environnement existant et aux besoins des résidents, et qui repose sur l'utilisation maximale des ressources locales.
  • L'utilisation de méthodes fondées sur la main-d'œuvre et de marchés locaux pour maximiser les avantages revenant à la collectivité locale.
Les résultats essentiels des programmes sont notamment les suivants:

  • Infrastructures: 750 m de canalisations principales et 6 km de canalisations secondaires; 1,5 km de route, 26 croisements de routes; 127 ponts piétonniers; 2,5 km de canalisations d'eau et 8 bornes ont été construits.
  • Santé: Les canalisations et les routes construites ont permis de réduire la fréquence des inondations et des maladies connexes.
  • Emploi: 14 467 jours de travail ont été créés au sein de la collectivité, dont 43% pour les femmes. L'amélioration des infrastructures et des services a permis d'ouvrir la zone au développement des entreprises locales, ce qui a créé d'autres emplois et revenus. Un mécanisme de crédit a également été établi et est géré par la collectivité.
  • Compétences: 3155 personnes (dont 35% de femmes) ont été formées à la construction d'établissements, aux techniques de construction et à la gestion du crédit. Les compétences et l'expérience acquises dans le cadre du projet ont aidé les résidents à trouver un emploi ailleurs dans le secteur de la construction et ont été communiquées à d'autres groupes locaux d'autres quartiers.
  • Institutions: Un Comité de développement local a été établi, renforcé et enregistré en tant qu'association, et il continue de régler les problèmes qui se posent au sein de la collectivité, par exemple l'approvisionnement en eau et la gestion des déchets solides.
Sur la base de cette expérience tirée du programme (et d'autres semblables), l'OIT a élaboré des lignes directrices pour la passation des marchés locaux.

Petit projet d'irrigation de Pemba


Ce projet d'irrigation a commencé en 1987 dans la région de Pemba, au nord (Zanzibar) avec l'appui financier de l'UE et l'assistance technique de l'OIT. Son objectif global est d'améliorer les conditions de vie et de travail de la population rurale pauvre des districts de Micheweni et Wete en améliorant les revenus et la sécurité alimentaire par un accroissement des possibilités d'emploi et une intensification de l'agriculture. La phase d'achèvement du projet a commencé au début de 1999 et sera axée sur les besoins de fonctionnement et d'entretien et sur le soutien des associations d'utilisateurs de l'eau.

Étude macroéconomique


En 2004, une étude sur le potentiel macroéconomique des travaux fondés sur la main-d'œuvre a été effectuée par le Bureau sous-régional d'Addis conjointement avec le Programme ASIST, le Bureau régional de l'OIT de Dar es Salaam et le Service des investissements à forte intensité d'emplois (EMP/INVEST). L'étude comportait une analyse comparative d'un certain nombre de projets de construction de routes d'accès en cours ou achevés en Tanzanie, mettant en œuvre différentes technologies (méthodes fondées sur la main-d'œuvre et méthodes fondées sur les équipements) et visait à montrer l'impact macroéconomique sur le produit intérieur brut, la balance des paiements et la situation de l'emploi. L'étude a permis de constater que les méthodes fondées sur la main-d'œuvre étaient plus favorables au plan économique et financier que les méthodes fondées sur les équipements et qu'elles généraient plus d'emplois et de revenus pour les ménages.

Étude sur les conditions de travail


Une étude des conditions de travail et un examen des questions relatives aux marchés publics en ce qui concerne les petites entreprises franchisées pour la collecte des déchets solides à Dar es Salaam ont été effectués en 2003 pour orienter le soutien qui sera apporté à l'avenir à la création d'emplois décents par la fourniture de services urbains.