Mozambique

Récemment, le Mozambique a souffert de la crise financière, mais aussi de catastrophes naturelles liées au changement climatique qui ont eu une incidence sur le développement. Ces catastrophes ont créé d'importantes possibilités d'investissements en infrastructures qui permettraient au pays de mieux supporter le changement climatique et d'en faire une occasion de développement. De même, les travaux de recherche du PNUE et de l'OIT sur les emplois verts donnent à penser que les investissements dans les domaines des énergies efficientes, des énergies renouvelables, de l'agriculture durable, de la foresterie et dans d'autres secteurs pourraient créer un grand nombre d'emplois et contribuer à un développement économique et social durable.

Les investissements publics, en particulier dans les infrastructures et la construction, peuvent jouer un rôle essentiel à cet égard. En raison du niveau élevé de l'investissement sectoriel et de leur importante contribution à la croissance et au développement, les secteurs de l'agriculture, des mines et des infrastructures sont ceux qui ont le plus grand potentiel en matière de création d'emplois au Mozambique et qui peuvent aider considérablement à réduire le taux de chômage actuel. Pour réaliser cet objectif, l'emploi devrait être placé au cœur des politiques nationales et sectorielles et des mesures concrètes devraient être adoptées pour optimiser l'utilisation accrue des ressources locales. Le fait d'accroître l'utilisation des ressources disponibles au plan local contribue aussi au développement économique local par la production de produits commercialisables et l'augmentation de l'activité des entreprises.

Depuis le début des années 1990, le Mozambique fait des investissements à haute intensité de main-d'œuvre (HIMO) dans le secteur des infrastructures, en particulier dans le sous-secteur des routes.

Stratégie nationale


Analyser, au moyen d'exercices de simulation, l'impact éventuel de la crise économique sur le marché du travail du Mozambique (différentes catégories de travailleurs ventilées en fonction de certains éléments comme les groupes d'âge, le sexe, les régions, le milieu de vie urbain ou rural) et en particulier sur les pauvres (en fonction du revenu, des catégories de ménages). Dans une deuxième étape, l'objectif est de déterminer quelles seraient les dépenses publiques les plus efficaces (travaux publics, loi sur la garantie de l'emploi, protection sociale universelle, programmes de transferts monétaires ciblés) pour atténuer l'impact négatif de la crise au plan social.

Ce projet fait partie du grand projet mentionné plus haut ("Intégration des stratégies à haute intensité de main-d'œuvre et de la protection sociale dans les activités du gouvernement") qui a pour objectif d'appuyer la création d'un Service de promotion de l'emploi et de la protection sociale au sein du gouvernement national. Ce service encouragera l'utilisation efficace des investissements publics, en particulier en infrastructures, mais aussi les dépenses publiques du pays en faveur de la protection sociale pour contribuer à son objectif de développement, améliorer la situation du marché du travail et celle des pauvres en général.

La création de ce service peut être facilitée par les activités de projet ci-après:

Recueil de données pertinentes et élaboration d'une méthodologie concrète, une matrice de comptabilité sociale dynamique (MCS), pour évaluer l'impact principalement de l'investissement public, en se concentrant sur les infrastructures (routes), mais aussi d'autres secteurs (industries extractives, agriculture), sur l'emploi, la pauvreté et d'autres objectifs de développement des pays (par ex., les OMD). Cette méthodologie sera également appliquée pour évaluer l'impact des dépenses publiques en matière de protection sociale sur la pauvreté et l'inégalité de revenu.

Ce service commencera par appliquer la méthodologie élaborée au cas concret d'une évaluation d'impact sur l'emploi qui pourra a) montrer les résultats des décisions d'investissements antérieures en termes d'emploi ou b) fournir des informations sur d'éventuels scénarios futurs comparant diverses options en matière d'utilisation des investissements (publics) (par ex., à haute intensité de capital ou à haute intensité de main-d'œuvre) pour l'emploi (y compris les emplois verts) et les questions connexes, comme l'utilisation des ressources locales, les liens avec les dispositifs de transferts sociaux, la protection sociale dans les mécanismes généraux de répartition des ressources, et d'autres objectifs de développement. Les catégories ciblées pourraient être les anciens combattants, ou des groupes défavorisés ventilés selon le sexe, l'âge (les jeunes) ou le revenu (ménages pauvres, travailleurs pauvres).

Renforcement des capacités du personnel du service. Les consultants s'emploieront à élaborer la méthodologie et à réaliser l'étude en étroite collaboration avec le personnel du service local (apprentissage par l'action). À la fin de cette activité de projet, le personnel local devrait être en mesure d'appliquer la méthodologie en toute autonomie.

Diffusion de l'information sur les résultats de l'étude (par ex., ateliers de sensibilisation auxquels participeront des intervenants importants du gouvernement, des donateurs, des banques de développement, des universités et autres) et préconisation, au moyen de conseils sur la politique à mener, en fonction des résultats de l'étude, de l'utilisation effective d'approches à haute intensité de main-d'œuvre par tous les moyens disponibles, notamment les médias, des ateliers, la création de réseaux, etc.

Impact attendu


Le gouvernement aura à sa disposition un outil flexible et facile à utiliser et pourra s'en servir régulièrement pour prendre des décisions efficaces sur les options de politique (par ex., travaux publics ou exonération d'impôt pour certaines entreprises, ou microfinancement) en tenant compte des objectifs suivants:

  • Optimisation de l'impact des investissements publics sur l'emploi (ou d'autres politiques publiques, comme la politique industrielle, la politique agricole)
  • Ciblage efficace de catégories spécifiques de travailleurs (par ex., par sexe, groupes d'âge, niveau de compétences)
  • Ciblage efficace de types d'emplois et de méthodes de production spécifiques (par ex., emplois verts, méthodes à haute intensité de capital ou méthodes à haute intensité de main-d'œuvre)
De ce fait, l'impact des décisions publiques sur l'emploi sera optimisé, ce qui contribuera à intégrer de plus grandes parties de la population dans l'emploi (plus) productif et donc à s'orienter vers une croissance plus durable et accessible à tous.