Améliorer la situation socio-économique des femmes vulnérables au VIH ou vivant avec le virus au Cameroun grâce à la microfinance

Article | 18 octobre 2011

Cameroun - Juillet 2010

Contexte

Contexte

Des conditions socio-économiques précaires rendent les femmes plus vulnérables au VIH et menacent la subsistance de celles qui vivent avec le virus. L’impossibilité d'obtenir des prêts, faute de satisfaire aux conditions d’éligibilité, et l’absence de compétences entrepreneuriales freinent le développement des entreprises. Les services financiers offrent une occasion majeure d’améliorer la sécurité économique et la qualité de vie de ces femmes. Cependant, les institutions de microfinance (IMF) hésitent à accorder des prêts aux personnes vivant avec le VIH, le risque de défaut de remboursement étant perçu comme élevé.

Description

Afin d’améliorer la situation des femmes vulnérables au VIH et de celles vivant avec le virus dans les zones rurales, l’Organisation internationale du Travail (OIT), avec le soutien financier de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement, a conçu un programme de microfinancement à Kumbo, Wum, Bamenda et Mutenguene. Les interventions portaient sur l’acquisition de compétences relatives au fonctionnement d’une entreprise, le conseil et le soutien en matière de sida et la sensibilisation pour réduire la stigmatisation et la discrimination chez les parties prenantes.

Le financement de l’achat de semences par quatre mutuelles spécialistes du microcrédit et le projet ont permis d’accorder des prêts de démarrage à 88 femmes, après évaluation de leur plan de développement. Onze mois plus tard, 86 d'entre elles (97,7 pour cent du total) exploitaient avec succès leur petite entreprise. Plus de 86 pour cent avaient remboursé partiellement leur prêt, et 65 pour cent avaient ouvert un compte d’épargne. Presque toutes ces femmes font état d’une hausse de leurs revenus et ont le sentiment d’être valorisées et autonomes. Dans le cadre de la lutte contre la stigmatisation et la discrimination, cette intervention a facilité l’inscription de 26 associations de personnes vivant avec le sida et de leurs 460 membres dans trois IMF. Ayant réglé leurs frais d’inscription et acheté leurs actions, ces nouveaux membres ont accès comme tous les autres, malades ou non, aux services sociaux, économiques et de soutien proposés par leur IMF.

Enseignements

Les programmes de microfinancement peuvent améliorer considérablement les conditions de vie des femmes vulnérables au VIH ou vivant avec le virus. Leur intégration aux organisations relevant de l’économie sociale (dont les mutuelles et les coopératives) contribue à leur viabilité et à réduire la discrimination. Les organisations démocratiques qui rendent des services à leurs membres au lieu de leur proposer des microcrédits dans le seul but de faire des bénéfices contribuent aussi à améliorer la situation des personnes vulnérables au VIH ou affectées par le virus, des femmes en particulier, et leur permettent de prendre leur avenir en main.

Etapes suivantes

L’appui aux moyens de subsistance, et notamment le renforcement des capacités, devrait être considéré comme une composante des réponses communautaires au VIH et au sida. Il faudra trouver des partenaires pour reproduire le modèle dans d’autres lieux et à plus grande échelle.

Joseph Kemmegne, Coordonnateur national du projet VIH/sida au Cameroun, OIT, kemmegne@ilo.org Therese Dameni Oussematou, Integrated Development Foundation, tdameni@yahoo.fr
Wolfang Nkeme Epah, Mutenguene Credit Union Cooperative Limited, nkeme2002@yahoo.com
Toure Cheaka, Spécialiste des coopératives (EMP/COOP) à Kinshasa, OIT, cheaka@ilo.org
Juliette Razafiarisoa, Point focal VIH/sida pour l’Afrique centrale, OIT, razafiarisoa@ilo.org