Le VIH et le sida sur l'Agenda pour le travail décent

Le travail décent, une solution durable pour s’affranchir de la pauvreté

La notion de «travail décent» de l'OIT résume les aspirations de tout travailleur: disposer d’opportunités d’emploi et de revenus et bénéficier de protection sociale; mais aussi pouvoir faire valoir ses droits et faire entendre sa voix dans un cadre qui reconnaît la participation des travailleurs, garantit une égalité de chances et de traitement entre les femmes et les hommes, et offre des conditions d’équité pour tous. Le travail décent est une solution durable pour s’affranchir de la pauvreté.

Le VIH, une menace pour la justice sociale

La question du VIH et du sida se pose sur tous les lieux de travail et menace l'Agenda pour le travail décent sous tous ses aspects. Pour cette raison, l'OIT veille à intégrer le VIH et le sida dans l’ensemble de ses activités. Dans les pays, le VIH et du sida sont incorporés dans les projets de l'OIT par l’intermédiaire des Programmes par pays pour un travail décent.

Pourquoi la question du VIH doit être posée sur le lieu de travail:
Le VIH, un obstacle à la réalisation des quatre objectifs stratégiques de l'OIT

Droits et principes fondamentaux au travail
L'OIT soutient les efforts aux niveaux national et des entreprises en vue d'établir ou de renforcer des cadres juridiques qui guident le développement de programmes et politiques relatifs au VIH et au sida et de protéger les droits des travailleurs - en particulier les droits de ceux qui vivent avec le VIH, ou que l’on croit atteints du virus.
La stigmatisation et la discrimination des travailleurs fondées sur le statut VIH réel ou supposé et le non-respect de leurs droits au travail, à la vie privée (confidentialité du statut VIH) ou à la protection sociale sont autant d’exemples de violation des droits et principes fondamentaux promus par l'OIT sur le lieu de travail en rapport avec le VIH.
Les violations des droits des travailleurs aggravent l'incidence de l'épidémie du VIH. L'expérience a montré que la propagation du VIH est significativement plus élevée chez les groupes qui sont déjà fragilisés par des manquements aux droits de l’homme, sont victimes de discrimination, ou qui sont marginalisés. Ces personnes ne vont généralement pas se faire dépister, et sont peu enclines à recourir aux services de conseil, traitement ou soutien pour le VIH, sachant qu'elles pourraient être exposées à la perte de leur emploi ou encourir d’autres conséquences.

O
pportunités d’emploi et de revenus
L'OIT encourage et soutient les initiatives qui visent à protéger les emplois et les employés par l’entremise de programmes de prévention et de formation sur la question du VIH ainsi que de conseil et de soutien aux personnes vivant avec le VIH et le sida sur le lieu de travail. L'épidémie de VIH touche essentiellement la population en âge de travailler. La perte de main-d'œuvre compétente, l'absentéisme pour cause de maladie et les autres impacts du VIH et du sida nuisent à la productivité des entreprises et à la rentabilité. Ils privent de tout pouvoir d’action ceux qui font déjà face par ailleurs à des conditions socio-économiques difficiles. Donner les moyens aux travailleuses et aux travailleurs de tous âges d’entreprendre des activités productives et d’en assurer la pérennité demeure une priorité dans le cadre des efforts pour réduire la stigmatisation et la discrimination liées au VIH, renforcer les moyens de subsistance des personnes affectées et prévenir de nouvelles infections.
Le lien critique entre pauvreté et VIH doit être pris en compte dans ces efforts, dans la mesure où les faibles niveaux d'éducation ou de compétences décisionnelles résultant généralement des situations de pauvreté constituent des facteurs importants de vulnérabilité au VIH. Il est tout aussi crucial de soutenir la création d'opportunités d'emploi pour remédier au manque de protection sociale auquel sont confrontés de nombreux travailleurs affectés par le VIH, en particulier dans l'économie informelle.

La protection sociale
L'OIT s'appuie sur son expertise de longue date pour aider ses mandants à établir des plans d’action qui prennent en compte les incidences sociales et économiques du VIH et du sida et atténuent leur impact sur les individus et les communautés.
L'épidémie pèse lourdement sur les systèmes de sécurité sociale. Le VIH et le sida augmentent les dépenses sociales telles que les dépenses de santé, le coût des retraites ou les prestations de maladie. Au niveau des entreprises, faire bénéficier l’ensemble des travailleurs, en particulier ceux qui vivent avec le VIH, de protection sociale se traduit par l’amélioration de l'accès de tous aux services de prévention, de traitement, de prise en charge et de soutien en matière de VIH.

Le dialogue social et le tripartisme

L'OIT, par les mécanismes de gouvernance et de prise de décision qui lui sont propres, dispose à la fois d’une méthodologie pour la négociation entre les partenaires sociaux et d’un vaste réseau de contacts qu’elle peut mobiliser dans la riposte au VIH et au sida.
Toutefois, l'efficacité de ces mécanismes est elle-même menacée par le VIH et le sida. Les syndicats, les employeurs et les gouvernements perdent des ressources humaines efficaces, qui contribueraient significativement à ce processus tripartite dans d’autres circonstances. Dans de nombreux pays, l'épidémie de VIH a créé un climat de suspicion, de peur et de méfiance entre les partenaires sociaux – en dépit de nombreux exemples, par ailleurs, de réponses unies.